|
ABSTRACT
Bigeye tuna (Thunnus obesus) are an important
component of tuna fisheries throughout the Pacific Ocean. They are the principal target
species of the large distant-water longliners from Japan and Korea and of the
smaller fresh sashimi longliners based in several Pacific Island countries.
Prices paid for both frozen and fresh product on the Japanese sashimi market are the
highest of all the tropical tunas. Bigeye tuna are therefore fundamental to the economic
survival of the longline fishery in the western and central Pacific Ocean, the catch of
which had a landed value in 1996 of approximately US$800 million. This report reviews
aspects of bigeye tuna biology, catch estimates from pelagic fisheries exploiting
bigeye,
fisheries data collection systems and data gaps. Analyses are conducted to improve
catch-per-unit-effort (CPUE) indices by partly accounting for operational (fishing gear)
and environmental effects.
Since 1980, the Pacific-wide longline catch of bigeye has varied
between 90,000 and 165,000 metric tonnes (t). Japanese longline vessels contribute over
80% of the catch. Longline catch in the eastern Pacific Ocean (EPO), the area east of 150° W, has varied in the range of about 50,000-
115,000 t since 1980, surpassing 90,000 t during four years, whereas the catch was
typically 40,000- 60,000 t in the western and central Pacific
Ocean (WCPO), the area west of 150° W.
Since 1994, a rapid increase in purse-seine catches of juvenile bigeye,
first in the EPO and, in the past year in the WCPO, has created further uncertainty
regarding the sustainability of the current levels of exploitation. Purse-seine catches in
the EPO increased from typical levels of less than 10,000 t per year to approximately
30,000 t in 1994; 37,000 t in 1995; and 52,000 t in 1996 (the preliminary estimate for
1997 is also 52,000 t). These increases have been due to the adoption of new fishing
methods involving the use of drifting fish aggregating devices (FADs) to aggregate tuna,
and deeper purse-seine nets to catch the tuna, mostly bigeye, located deeper in the water
column. In the WCPO, purse-seine catches of bigeye are estimated to have been less than
20,000 tonnes per year up to 1995, but the catch is believed to have increased
significantly through the adoption of similar fishing techniques to those used in the
EPO.
In Pacific tuna fisheries, SPC data collection systems include: 1)
logbook records of catch and effort, 2) independent catch estimates based on at-sea
observer records and 3) port sampling of size and weight of the landed catch. Logbook
coverage is moderate (~50%) for vessels participating in the longline fishery, because
there are incomplete data for distant water longliners (Japan, Korea and Taiwan) fishing
in international waters (more complete data are held by the fishing nations concerned).
Logbook coverage in the purse-seine fishery is high (>90%), but bigeye catches are not
routinely estimated because they are not separated from yellowfin of similar size in the
catch. The US Treaty observer programme annually monitors ~20% of the US purse-seine
activity, but observer activity is poor (1%) in the other fleets. Over 1,000 longline
vessels participate in the WCPO longline fishery; consequently, observer coverage is also
low, approximately 1%. At-sea observer sampling is the only method of monitoring the
quantities of bigeye (and other species) that are discarded. Observer estimates of the
rate of discard of bigeye tuna averaged 5% for the longline fishery and 6% for the
purse-seine fishery. Port sampling occurs in 24 regional ports in the WCPO.
CPUE indices are an integral part of stock assessment, but the indices
are rarely proportional to stock size because many factors can affect fishing efficiency,
such as area of fishing, targeting practices and oceanographic conditions. Trends in
standardised longline CPUE were produced from the three major longline fleets by
incorporating information on depth of fishing gear, and habitat (temperature and oxygen)
preferences and constraints. For the EPO, standardised indices were similar to nominal
CPUE trends, which suggested a decline during the 1960s and a period of stability
thereafter. In contrast, trends in the WCPO were strongly dependent on assumptions of
temperature preference. One hypothesis, based on the best available scientific data,
indicated that population density had continuously declined since 1962 and that the mean
population density in the 1960s was three times greater than in the 1990s. An alternative
temperature preference hypothesis for the WCPO suggested that there had been a period of
population stability, similar to that shown by the nominal CPUE trend.
The current status of the bigeye stock remains uncertain mainly because
of 1) the difficulty of quantifying the effects of juvenile exploitation by the
purse-seine fishery, 2) various hypotheses concerning the interpretation of CPUE trends
and 3) data deficiencies which preclude the estimation of key population parameters.
Suggestions are provided for future data and monitoring efforts and stock assessment
requirements.
RÉSUMÉ
Le thon obèse (Thunnus obesus) est une composante
importante des ressources thonières pêchées dans tout le Pacifique. Il est la
principale espèce-cible des palangriers japonais et taiwanais de gros tonnage qui
pratiquent la pêche hauturière, ainsi que des palangriers de plus petit tonnage ayant
leurs principaux ports d'attache dans plusieurs États et territoires océaniens et qui
ciblent le thon frais de qualité sashimi. Les cours des produits congelés et
frais du thon obèse sur le marché japonais du sashimi sont les plus élevés
parmi les thons des tropiques. Le thon obèse est donc fondamental pour la survie
économique de la pêche à la palangre dans l'océan Pacifique occidental et central,
où, en 1996, la valeur des prises au débarquement a avoisiné 800 millions de dollars
É.-U. Ce rapport fait le point sur certains aspects de la biologie du thon obèse, sur
les estimations de prises des flottilles de pêche pélagique qui exploitent cette
espèce, sur le système de recueil des données halieutiques et sur les données
manquantes. Des analyses sont effectuées pour améliorer les données de captures par
unité d'effort (CPUE), en tenant partiellement compte des effets opérationnels (engins
de pêche) et écologiques.
Depuis 1980, la quantité de thons obèses capturés dans l'ensemble du
Pacifique varie entre 90 000 et 165 000 tonnes, dont plus de 80 pour cent sont à mettre
à l'actif des palangriers japonais. Dans l'océan Pacifique oriental, c'est-à-dire dans
la zone située à l'est de la longitude 150°O, le volume des prises a varié entre
50 000 et 115 000 tonnes environ depuis 1980, dépassant 90 000 tonnes pendant quatre
ans, alors que, dans l'océan Pacifique occidental et central, à l'ouest de la longitude
150°O, il a généralement fluctué entre 40 000 et 60 000 tonnes.
Depuis 1994, un accroissement rapide des quantités de juvéniles de
thon obèse capturés par les senneurs, tout d'abord dans l'océan Pacifique oriental,
puis au cours de l'année dernière dans l'océan Pacifique occidental et central, fait
planer de nouvelles incertitudes quant aux possibilités de maintenir à terme les niveaux
d'exploitation actuels. Dans l'océan Pacifique oriental, les prises réalisées par les
senneurs ont augmenté, passant de niveaux généralement inférieurs à 10 000 tonnes par
an à environ 30 000 tonnes en 1994, 37 000 en 1995 et 52 000 tonnes en 1996 (selon les
estimations préliminaires pour 1997, ce volume serait aussi de 52 000 tonnes). Ces
augmentations ont résulté de l'adoption de nouvelles méthodes de pêche axées sur
l'utilisation de dispositifs de concentration du poisson (DCP) dérivants destinés à
regrouper les thons et de sennes plus profondes destinées à capturer les thons évoluant
à de plus grandes profondeurs dans la colonne d'eau, essentiellement les thons obèses.
Dans l'océan Pacifique occidental et central, d'après les estimations, les quantités de
thons obèses capturés à la senne ont été inférieures à 20 000 tonnes par an
jusqu'en 1995, mais il est très probable que, grâce à l'adoption de techniques de
pêche semblables à celles utilisées dans l'océan Pacifique oriental, les prises ont
augmenté substantiellement.
Dans les pêcheries de thon du Pacifique, les systèmes de recueil des
données de la CPS s'appuient notamment sur : 1) les données de prises et d'effort issues
des livres de pêche; 2) les estimations indépendantes de prises reposant sur les
relevés des observateurs en mer; et 3) l'échantillonnage au port de la taille et du
poids des prises débarquées. L'enregistrement des données dans les livres de pêche des
palangriers est moyen (~ 50%), parce que les données relatives
aux palangriers pratiquant la pêche hauturière (Japon, Corée et Taiwan) dans les eaux
internationales (des données plus complètes sont en possession des pays concernés) sont
incomplètes. Le taux d'enregistrement des données dans les livres de pêche des senneurs
est élevé (>90%), mais le volume des prises de thon obèse ne fait pas habituellement
l'objet d'estimations parce qu'il est englobé dans le volume des prises de thons jaunes
de taille semblable. Le programme d'observation prévu au titre du traité multilatéral
conclu avec les États-Unis d'Amérique permet de surveiller chaque année environ 20 pour
cent des opérations conduites par les senneurs américains, mais les activités
d'observation des autres flottilles sont faibles (1%). Plus de 1 000 palangriers opèrent
dans l'océan Pacifique occidental et central; les données statistiques obtenues auprès
des observateurs sont donc également rares, de l'ordre de 1 pour cent. L'échantillonnage
réalisé dans le cadre de missions d'observation en mer est la seule méthode qui permet
de surveiller les quantités de thons obèses (et d'autres espèces) qui sont rejetés.
D'après les estimations des observateurs, le taux de thons obèses non retenus est en
moyenne de 5 pour cent pour les palangriers et de 6 pour cent pour les senneurs. Les
opérations d'échantillonnage au port se déroulent dans 24 ports de l'océan
Pacifique occidental et central.
Les indices de CPUE font partie intégrante de l'évaluation des
stocks, mais ils sont rarement représentatifs de l'importance du stock parce que de
nombreux facteurs peuvent avoir une incidence sur l'efficacité de la pêche, par exemple
la zone de pêche, les pratiques en matière de ciblage et les conditions
océanographiques. Des tendances de CPUE à la palangre normalisées ont été établies
à partir de données obtenues auprès des trois principales flottilles de palangriers en
intégrant les informations relatives à la profondeur de l'engin de pêche, aux
préférences et aux contraintes liées à l'habitat des poissons (température et
oxygène). Pour l'océan Pacifique oriental, les indices sont semblables aux tendances
nominales de CPUE, ce qui donne à penser à un déclin pendant les années 60 et à une
période de stabilité ensuite. Au contraire, dans l'océan Pacifique occidental et
central, les tendances dépendent fortement des hypothèses de préférences de
température. Selon les meilleures données scientifiques disponibles, une hypothèse
indique que la densité de population a baissé de façon continue depuis 1962 et que la
densité moyenne de population dans les années 60 était trois fois plus importante que
dans les années 90. Une autre hypothèse liée à la préférence de température pour
l'océan Pacifique occidental et central laisse penser qu'il y a eu une période de
stabilité de la population semblable à celle qu'a fait apparaître la tendance de CPUE
nominale.
L'état actuel du stock de thons obèses reste incertain, surtout pour
les raisons suivantes : 1) la difficulté de quantification des effets de l'exploitation
de juvéniles par la flottille de senneurs; 2) les différentes hypothèses concernant
l'interprétation des tendances de CPUE; et 3) les lacunes statistiques qui ne tiennent
pas compte de l'estimation des paramètres clés concernant la population. Des
propositions sont faites concernant les conditions à remplir dans l'avenir pour les
données, les efforts de surveillance et l'évaluation des stocks.
|