Postes à responsabilités, salaires, sécurité, santé et soins au sein de la famille : ces cinq sources d’inégalité entre hommes et femmes relevées dans le Pacifique insulaire appellent aujourd’hui des actions innovantes, à la mesure des profonds effets qu’a l’asymétrie hommes-femmes sur les sociétés et les individus.

Tel est le message que souhaite faire passer la Communauté du Pacifique (CPS) alors que la région célèbre en ce 8 mars la Journée internationale des droits des femmes.

En écho au thème mondial adopté pour cette journée et qui invite chacun à « s’engager pour la parité », la CPS demande à ouvrir la discussion sur les moyens concrets à mettre en œuvre pour combler les écarts entre hommes et femmes dans le Pacifique.

Dans la région Pacifique, en dépit d’avancées majeures, les femmes et les filles qui veulent réaliser leur plein potentiel continuent de se heurter à des obstacles culturels, sociétaux, économiques et institutionnels, comme en témoigne le rapport d’étape sur la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, publié par la CPS en 2015.

« La Communauté du Pacifique s’engage à faire en sorte que les Océaniens comme les Océaniennes puissent profiter d’un développement économique durable, aient les clés de leur destin et vivent longtemps et en bonne santé », indique le Directeur général de la Communauté du Pacifique, M. Colin Tukuitonga.

« La parité doit être encouragée à tous les niveaux et dans tous les secteurs, de la gouvernance publique à qui change les couches. »

« Depuis le terrain jusqu’à la scène internationale, les femmes et les hommes du Pacifique travaillent d’arrache-pied pour construire des sociétés plus égalitaires, et c’est au travers de politiques et de programmes adaptés que ces efforts doivent être reconnus et encouragés. »

« La victoire à l’élection présidentielle des Îles Marshall de Mme Hilda Heine, qui signe un succès historique en étant la première femme élue chef d’État dans le Pacifique insulaire, et la nomination récente de Fiame Naomi Mata’afa, première femme vice-premier ministre au Samoa, sont extrêmement encourageantes. »

« Nous devons également nous intéresser à la différenciation du risque selon le sexe. Que l’on se penche sur les maladies non transmissibles, les taux inacceptables de violence familiale que subissent les femmes de la région ou encore le risque accru que courent les hommes d’être blessés sur la route, le facteur risque naît des rôles et comportements que l’on attend socialement des hommes et des femmes », précise M. Tukuitonga.

Les données montrent que la prévalence du diabète en Océanie est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, hormis aux Îles Salomon et à Niue (source : Journal of Public Health, Australie et Nouvelle-Zélande).

L’épidémie régionale des maladies non transmissibles vient alourdir le fardeau que supportent déjà les femmes dans leur rôle d’aidantes. Divers travaux montrent ainsi que certaines femmes se voient contraintes de quitter leur emploi pour s’occuper à plein temps de proches malades.

Les conséquences sociales, culturelles et économiques que cela représente pour les femmes et leurs familles sont frappantes et elles pourraient bien réduire à néant certains des acquis obtenus en faveur de la condition féminine.

Les cinq thèmes évoqués plus haut seront au cœur du dialogue qui s’ouvre aujourd’hui dans les bureaux de la CPS à Nouméa et à Suva.

Contacts médias : Brigitte Leduc, Conseillère en égalité des sexes à la CPS, [email protected]
Lauren Robinson, Coordonnatrice des relations presse par intérim, [email protected] ou +679 337 9250

Lien utile : Beijing +20: Review of progress in implementing the Beijing Platform for Action in Pacific Island countries and territories