Il est nécessaire de promouvoir l’égalité des sexes dans les sciences halieutiques si l’on veut atteindre les objectifs fixés en matière de développement et de conservation. Or, les femmes sont largement sous-représentées dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), à tous les niveaux. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée le 11 février, nous avons donc choisi de donner la parole aux Océaniennes présentes dans le secteur des sciences halieutiques, afin qu’elles nous confient leurs expériences, leurs motivations et les conseils qu’elles souhaiteraient aujourd’hui transmettre aux jeunes femmes et aux filles.

Lucy Joy

Lucy est cadre auxiliaire à la Section gestion des données du Programme pêche hauturière de la CPS.

Lucy Joy,cadre auxiliaire à la Section gestion des données du Programme pêche hauturière de la CPS.

Une femme qui choisit de travailler dans la pêche rencontrera forcément des difficultés tant dans ses relations avec ses collègues qu’avec l’extérieur, car c’est un métier qui reste fortement dominé par les hommes. Mais même dans les situations les plus difficiles, j’ai appris qu’oser s’affirmer et monter au créneau pour défendre ce qui est juste et promouvoir le respect au travail aide à surmonter tous les obstacles.

J’ai conscience que les ressources marines tiennent une place importante dans la vie des peuples océaniens, et c’est ce qui a en grande partie motivé mon choix de carrière. En tant que propriétaires des ressources, nous devons unir nos forces pour comprendre, protéger et conserver durablement notre patrimoine marin. Travailler dans le secteur des pêches m’a ouvert les yeux sur l’important rôle que jouent nos ressources marines et sur le rôle qui nous revient en tant que propriétaires des ressources et gestionnaires de nos pêcheries.

Les sciences halieutiques, comme beaucoup d’autres domaines, ouvrent des perspectives de carrière passionnantes, en particulier pour les jeunes femmes. Si je devais leur donner un conseil, je leur dirais simplement de se lancer : la pêche est un secteur porteur, qui a beaucoup à offrir. Comme tout métier, il comporte son lot de difficultés. Toutefois, si vous y mettez du cœur et de la volonté, rien ne pourra vous arrêter, que vous soyez un homme ou une femme.

Lucy Joy

Cadre auxiliaire à la Section gestion des données , Programme pêche hauturière de la CPS

Esther Leini

Esther est chargée de recherche en aquaculture marine au service des pêches national de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Concrétiser des travaux de recherche quand on a des moyens limités est un combat de tous les instants. Parfois, parce que je fais un métier d’homme, les choses sont plus difficiles pour moi que pour mes collègues masculins. Mais je viens à bout des problèmes en travaillant dur et en restant déterminée.

Travailler dans le secteur des pêches m’offre la possibilité de véritablement changer les choses. J’aime lancer des études comparatives afin de trouver les techniques d’aquaculture marine qui conviendront le mieux aux espèces ciblées dans mon pays. J’adore le fait que mon métier me permet d’apprendre tous les jours et de mettre à profit mes nouvelles connaissances pour contribuer à protéger les écosystèmes marins uniques de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et à assurer la sécurité alimentaire de nos populations.

Esther Leini, Chargée de recherche en aquaculture marine au service des pêches national de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Mon conseil aux jeunes femmes intéressées par les sciences halieutiques : relevez le défi et ne vous dites jamais que vous n’êtes pas à la hauteur. C’est un métier où il y a énormément à découvrir et à étudier. Et nous, les femmes, avons deux qualités essentielles pour devenir d’excellentes halieutes : la patience et la persévérance.

Esther Leini

Chargée de recherche en aquaculture marine , Service des pêches national de Papouasie-Nouvelle-Guinée

Maria Fiasoso Sapatu

Maria est administratrice adjointe du programme Pacifique îles et océan de Conservation International, au Samoa.

Maria Fiasoso Sapatu, Administratrice adjointe du programme Pacifique îles et océan de Conservation International, au Samoa.

Les sciences halieutiques sont un métier d’homme, qui peut être éprouvant sur le plan tant physique que psychologique. J’ai eu la chance d’avoir des collègues incroyables, hommes comme femmes, qui m’ont aidée à faire évoluer ma carrière et à gérer les exigences physiques et psychologiques de mon métier.

Nous, les Océaniens, allons beaucoup puiser dans l’océan pour cultiver notre bien-être et subvenir à nos besoins. Travailler dans un domaine qui contribue à la gestion durable et à la conservation des ressources marines est très gratifiant.

Si je devais donner un conseil aux jeunes femmes intéressées par les sciences halieutiques, je leur dirais de faire preuve d’audace, de se mesurer au défi et d’avoir toujours confiance en ce qu’elles font et disent. Gardez toujours à l’esprit que, parfois, être une femme dans un milieu d’homme peut être un avantage.

Maria Fiasoso Sapatu

Administratrice adjointe, Programme Pacifique îles et océan de Conservation International, au Samoa.

Sarah Botaake Teetu

Sarah est secrétaire adjointe du ministère de l’Environnement, de l’Aménagement des terres et du Développement de l’agriculture de Kiribati.

J’évolue dans un milieu d’homme et, parfois, je me sens mise à l’écart. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir participer à certaines activités, comme la plongée, le nettoyage des bacs et couloirs aquacoles ou encore le nettoyage du matériel d’écloserie utilisé en algoculture. Dans ces cas, je dois déléguer certaines tâches à mes collègues masculins, mais je reste présente pour les accompagner et leur donner des conseils.

Les ressources marines sont très largement surexploitées dans tout le Pacifique et doivent faire l’objet d’une gestion prudente et de qualité. J’éprouve une grande satisfaction à exercer un métier que j’aime et dans lequel je peux vraiment changer les choses.

Mon conseil aux jeunes filles et aux femmes : Acceptez le défi – les pêches sont un métier fascinant et nous nous devons de protéger et de conserver les écosystèmes marins dont Dieu nous a fait don.

Sarah Botaake Teetu

Secrétaire adjointe , Ministère de l’Environnement, de l’Aménagement des terres et du Développement de l’agriculture de Kiribati

Sarah Botaake Teetu, Secrétaire adjointe du ministère de l’Environnement, de l’Aménagement des terres et du Développement de l’agriculture de Kiribati.