Allocution d’ouverture de M. Colin Tukuitonga, Directeur général de la Communauté du Pacifique

Madame la Présidente de la République des Îles Marshall,
Monsieur le Vice-président de Kiribati,
Mesdames et Messieurs les ministres de la Condition féminine et les chefs de délégation,
Mesdames et messieurs les responsables et représentants des organisations membres du CORP, des institutions spécialisées des Nations Unies et des partenaires du développement,
Mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique,
Chères et chers collègues,

Je vous souhaite à tous la bienvenue à l’inauguration officielle de la treizième Conférence régionale des femmes du Pacifique et de la sixième Conférence des ministres de la Condition féminine. En tant que Directeur général de la Communauté du Pacifique, j’ai l’honneur et le privilège d’ouvrir la manifestation de ce soir. Je suis ravi d’accueillir tous les représentants de nos États et Territoires, et de constater la participation de nos partenaires issus de la société civile ainsi que le soutien de nos partenaires du développement. C’est assurément de très bon augure pour les conclusions des débats et les recommandations que nous allons formuler au cours de ces trois jours, afin d’accélérer la concrétisation du programme d’égalité entre hommes et femmes à l’échelle régionale et de trouver les moyens de faire avancer nos économies en intégrant des stratégies d’émancipation économique des femmes. Ces dernières années, les deux conférences étaient organisées séparément, avec des ordres du jour et des conclusions distincts. Cette année, après d’intenses discussions en interne sur la meilleure façon d’organiser cet événement, nous avons décidé de mettre sur pied une conférence en deux temps, avec tout d’abord la Conférence régionale, puis la Conférence des ministres. Un seul relevé de conclusions sera ainsi rédigé ; il sera discuté lors de la Conférence régionale, puis adopté par les participants à la Conférence des ministres. Il était à mon sens important de préciser ce point avant l’ouverture des débats.

Mesdames et messieurs, l’année 2017 est une année charnière pour la Communauté du Pacifique. Nous avons en effet célébré le soixante-dixième anniversaire de la fondation de notre organisation lors de la quarante-septième session du Comité des représentants des gouvernements et administrations et de la dixième Conférence de la Communauté du Pacifique. Depuis 1947, la CPS répond aux besoins d’assistance technique et scientifique et de renforcement des capacités de ses membres, notamment dans le domaine des sciences sociales, qui comprend l’intégration sociale et l’égalité des sexes. La CPS, l’aînée des membres du CORP, continue à ouvrir la voie et à stimuler les progrès de l’égalité entre hommes et femmes dans la région, qui font partie intégrante de son mandat et de ses activités. L’une des grandes manifestations marquant le soixante-dixième anniversaire de la CPS a été le lancement de la campagne des soixante-dix Océaniennes d’exception, en prélude à l’ouverture de la Conférence aujourd’hui. Au fil des soixante-dix derniers jours, nous avons découvert des femmes issues de tous les niveaux de la société, actives dans tout un éventail de secteurs du développement, qui apportent toutes une contribution essentielle à la vie de nos concitoyens, que ce soit à l’échelon local, national, régional ou international. Et de fait, en tant que Directeur général de la CPS, j’ai pris la suite de l’une de ces Océaniennes d’exception, Lourdes Pangelinan, originaire de Guam. Nous avons ce soir le privilège d’accueillir une autre de ces soixante-dix Océaniennes d’exception, la première femme élue à la tête d’un État du Pacifique ; j’ai nommé Madame Hilda Heine. Je tiens à féliciter chacune de ces femmes pour leur contribution au développement durable de la région au cours des soixante-dix dernières années, et je suis impatient de découvrir toutes les réalisations des jeunes Océaniennes d’exception – j’ai d’ailleurs eu l’immense plaisir de rencontrer l’une d’elles en personne au Samoa, dans le cadre du Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Forum des Îles du Pacifique.

En tant que Directeur général de la CPS, je siège au Comité consultatif du projet « Femmes du Pacifique, moteur du développement du Pacifique » du gouvernement australien. Je tiens ici à remercier l’Australie pour le soutien continu apporté à la présente Conférence régionale.

La treizième Conférence régionale des femmes du Pacifique est consacrée à l’émancipation économique des femmes. Le rapport Beijing +20 : Évaluation des progrès accomplis dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing dans les États et Territoires insulaires océaniens a souligné que cette question demeurait un point essentiel en Océanie, dans la mesure où les femmes continuent à pâtir d’un nombre limité de possibilités d’emploi, restent sous-représentées au sein des postes à responsabilités et sont confrontées à la faiblesse des mécanismes de protection sociale et professionnelle, en particulier dans le secteur privé. La Conférence régionale des femmes du Pacifique et la Conférence des ministres de la Condition féminine arrivent à point nommé. Nous mettons en effet la dernière main aux indicateurs clés pour les Objectifs de développement durable dans le Pacifique, sous la houlette du groupe de travail du CORP sur le développement durable. Nous pourrons ainsi disposer d’informations et de statistiques adaptées à la mesure et à l’évaluation des progrès de l’égalité des sexes, et assurer le suivi des avancées de notre région en matière d’émancipation économique des femmes, par rapport à des cadres de référence nationaux et régionaux, mais aussi mondiaux.

Mesdames et messieurs, la Conférence régionale des femmes du Pacifique et la Conférence des ministres de la Condition féminine constituent le seul espace régional de réflexion sur les défis à relever pour faire progresser l’égalité entre hommes et femmes et d’étude de solutions à l’échelle régionale. Tous ensemble, nous pouvons  agir pour surmonter les obstacles à cette égalité en Océanie. À l’occasion de l’inauguration de la Conférence régionale des femmes du Pacifique et de la Conférence des ministres de la Condition féminine ce soir, je voudrais inciter chacun d’entre nous à réfléchir à l’utilisation proactive que nous pouvons avoir de cet espace au cours de ces événements, afin de faire avancer nos efforts nationaux et régionaux en faveur de l’égalité des sexes, dans nos États et Territoires, mais aussi à l’échelon régional et, au bout du compte, international. .

Mesdames et messieurs, une fois encore, je vous souhaite la bienvenue à la treizième Conférence régionale des femmes du Pacifique et à la sixième Conférence des ministres de la Condition féminine. Je vous souhaite de bonnes délibérations tout au long de la semaine, une excellente soirée et vinaka vakalevu.