Photo : Les femmes et l’agriculture aux Îles Salomon : ces femmes de la communauté de Baniata, située sur l’île de Rendova dans la province occidentale des Îles Salomon, ont fait le choix de l’agriculture biologique.

 

« Alors qu’elles sont confrontées à une multitude de défis, les femmes rurales contribuent aujourd’hui à définir ce qu’est la résilience dans le Pacifique », a déclaré M. Colin Tukuitonga, Directeur général de la Communauté du Pacifique, à la veille de la Journée internationale de la femme.

« En Océanie comme ailleurs dans le monde, on ne peut nier que les femmes rurales n’ont pas la vie facile. Elles sont généralement privées d’accès aux services et infrastructures de base, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’électricité, de la santé et de l’éducation. Elles sont plus exposées à la violence familiale et plus touchées par les grossesses non désirées que les femmes vivant en milieu urbain. Les femmes rurales sont aussi en première ligne des effets néfastes du changement climatique, tels que les cyclones et les sécheresses », a poursuivi M. Tukuitonga.

À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2018, la Communauté du Pacifique a choisi de réaffirmer son engagement aux côtés des pays océaniens en vue de l’amélioration du quotidien et des moyens d’existence des femmes rurales d’Océanie.

« Présente dans plus de 20 secteurs, la Communauté du Pacifique est renommée pour ses connaissances et sa capacité d’innovation dans des domaines tels que les sciences halieutiques, la veille sanitaire, les géosciences et la conservation des ressources phytogénétiques pour la sécurité alimentaire, pour n’en citer que quelques-uns. L’impact de nos programmes se fait inévitablement sentir auprès des femmes rurales, que ce soit par le biais des nouvelles politiques qui voient le jour ou des actions de développement des compétences qui sont menées sur le terrain. Nous avons rapidement pris conscience, grâce à notre travail sur l’approche intégrée du genre et sur l’autonomisation des femmes, qu’il fallait impérativement prendre en compte les besoins, les préoccupations et les connaissances des femmes rurales d’Océanie si l’on voulait concrétiser les objectifs de développement de la région. Si nous cherchons à fournir un appui technique à fort impact sur le terrain, nous tentons aussi de travailler en relation avec les réseaux et associations de femmes rurales, parce qu’elles sont généralement bien organisées et savent très bien ce qu’il faut faire pour mobiliser les populations au sujet d’enjeux d’actualité, tels que le changement climatique et les catastrophes naturelles », a expliqué M. Tukuitonga.

D’après les travaux de recherche effectués par la CPS aux Fidji au lendemain du cyclone Winston, les femmes assument de plus en plus les rôles traditionnellement dévolus aux hommes dans les villages, ces derniers ayant rejoint la ville pour chercher du travail. Au plus fort du cyclone Winston, les professionnels de santé de proximité des villages sinistrés – pour la plupart des femmes – se sont retrouvés dans des situations dramatiques, où il a fallu dispenser des soins de premier recours à des vagues de blessés incapables de rejoindre les centres de santé les plus proches, en raison de la coupure des axes de circulation et des ponts bloqués par des chutes d’arbres et de poteaux électriques.

Face à l’adversité, les femmes rurales d’Océanie ont fait la preuve de leur ténacité et de leur résilience, s’adaptant à leur environnement comme lieu d’habitat et de travail. Elles ont marché des kilomètres pour aménager des potagers dans les brousses et y cultiver de quoi nourrir leur famille et sont restées des heures les pieds dans l’eau à ramasser des fruits de mer pour pouvoir les revendre sur le marché et ramener de l’argent à la maison. Pourtant, les femmes rurales du Pacifique se heurtent à certains facteurs figurant parmi les plus grands freins au développement. En moyenne dans la région, 50 % des femmes rurales ayant déjà été en couple ont subi des violences physiques et/ou sexuelles. Aux Fidji, 60 % des femmes rurales ont un emploi précaire, contre 27 % des femmes en milieu urbain. De vastes campagnes de proximité et des actions ciblées pour une meilleure information et offre de services sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents doivent être organisées au profit des jeunes du Pacifique, notamment des jeunes femmes rurales. Malgré une baisse du nombre de grossesses précoces à travers le Pacifique, les taux de fécondité des filles de 15 à 19 ans sont généralement plus élevés en milieu rural qu’en zones urbaines.

« La Journée internationale de la femme nous invite à prendre le temps de réfléchir à la remarquable diversité de femmes que l’on trouve dans le Pacifique et à la richesse de leurs expériences individuelles et collectives, ainsi qu’aux multiples moyens que les organisations de développement telles que la CPS peuvent mettre en œuvre pour changer leur quotidien de manière concrète et durable », a ajouté M. Tukuitonga.

L’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural sera la thématique centrale de la soixante-deuxième session de la Commission de la condition de la femme, qui se déroulera au siège des Nations Unies à New York du 12 au 23 mars prochains. La CPS aidera les délégations océaniennes à sensibiliser la communauté internationale aux enjeux prioritaires pour les femmes du Pacifique et à participer aux tables rondes et manifestations parallèles afin de faire part des expériences et préoccupations qui sont les leurs dans la construction de communautés résilientes. La CPS accompagnera également les pays océaniens dans les négociations du relevé de conclusions de la session, dans lequel seront mises en avant les priorités retenues à l’échelle mondiale pour l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural.

Pour en savoir plus, veuillez contacter :
Brigitte Leduc, Conseillère en développement social (égalité des sexes) à la CPS par courriel : [email protected]

Pour en savoir plus:
Journée internationale de la femme 2018 (lien en anglais uniquement)