Auteur: Moses Amos

Auteur: Moses Amos

Directeur de la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins

Contrairement aux pêcheries thonières, le nombre de pêcheries côtières gérées avec efficacité en Océanie est étonnamment faible. Sachant que les pêches côtières sont pour les Océaniens le principal pourvoyeur d’alimentation et d’emploi, leur mauvaise gestion constitue une véritable menace pour la viabilité des pêcheries dans le Pacifique. Il revient donc aux pouvoirs publics nationaux d’élaborer des politiques et des lois propres à protéger les ressources halieutiques et à garantir aux communautés côtières un approvisionnement continu en produits de la mer. Des environnements côtiers et marins en bonne santé sont essentiels à la pérennité à long terme des sociétés insulaires et leur apportent moyens de subsistance et croissance économique. Aussi efficaces soient-elles, les solutions localisées de gestion des pêches côtières ne suffiront pas à régler le problème du nombre insuffisant de pêcheries correctement gérées à l’échelon de la région.

Lors de la dixième session annuelle de la Conférence des ministres océaniens des Pêches qui s’est tenue à Atafu (Tokelau), au mois de juillet 2014, la Communauté du Pacifique (CPS) a appelé la région à accorder de nouveau toute son attention aux pêches côtières en Océanie. Les ministres ont débattu les facteurs risquant de mettre en péril la durabilité des ressources halieutiques côtières de la région et ont lancé un appel pour que des mesures audacieuses soient prises afin de reconnaître le mérite et de promouvoir l’adoption d’une approche fondée sur la gestion écosystémique et communautaire des pêches côtières. Il a clairement été établi que les gouvernements nationaux et les organisations sous-régionales, régionales et non gouvernementales devront investir dans des domaines tels que l’élaboration de lois et de politiques. La décision des ministres océaniens des Pêches de renouveler leur engagement en faveur de la gestion et de l’exploitation durable des pêches côtières, notamment au niveau communautaire, a débouché sur la tenue d’un atelier régional en mars 2015 consacré à l’avenir de la gestion des pêches côtières. Cet atelier a permis, entre autres choses, l’élaboration de la Stratégie de Nouméa intitulée « Une nouvelle partition pour les pêches côtières – les trajectoires de changement » qui fut adoptée le même mois lors de la neuvième Conférence des directeurs des pêches.

La Stratégie de Nouméa a ensuite été entérinée à l’occasion de la onzième Conférence des ministres océaniens des Pêches à Funafuti (Tuvalu), en juillet 2015, avant d’être reprise dans les paragraphes consacrés aux pêches côtières du document intitulé « L’avenir des pêches : Feuille de route régionale pour une pêche durable en Océanie », adopté par le Forum des Îles du Pacifique en 2015. Au cours du Sommet du Forum de 2016, les dirigeants des pays membres ont pris une décision historique en désignant la CPS comme organisation responsable de la coordination des efforts régionaux pour l’amélioration des mesures de conservation et de gestion des pêches côtières aux échelons national, infranational et communautaire. L’importance fondamentale que revêtent les pêches côtières pour la nutrition, la sécurité alimentaire, le bien-être, la culture, l’emploi et les loisirs de la région océanienne fera l’objet de débats lors de la dixième Conférence des directeurs des pêches prévue du 14 au 17 mars 2017, à Nouméa. La Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins de la CPS proposera aux directeurs des pêches d’examiner un certain nombre de questions clés en lien avec les pêches côtières dont :

  • le nouveau cadre de suiviévaluation et l’importance d’évaluer l’impact de la Stratégie de Nouméa à tous les niveaux ;
  • la création d’un groupe de travail régional sur les pêches côtières pour assurer la mise en œuvre des volets pêche côtière de la Feuille de route « L’avenir des pêches » aux échelons régional, sous-régional, national, infranational et communautaire ;
  • la collecte harmonisée de données sur la pêche artisanale locale et la nécessité de mettre en place des systèmes de collecte de données et de statistique aux échelons régional, sous-régional et national ;
  • le catalogage et l’archivage des données et la proposition visant à faire de la CPS le centre d’archivage régional des données sur la pêche côtière ; et
  • le Plan stratégique régional sur la statistique agricole et halieutique et la possibilité d’élargir la portée des enquêtes sur le budget et la consommation des ménages afin d’améliorer la disponibilité des données relatives à la production halieutique côtière en Océanie.