La semaine dernière, des experts en aléas côtiers de la Communauté du Pacifique (CPS) ont réalisé des évaluations des dégâts provoqués par le vent et la houle suite au passage du cyclone tropical Winston dans plus de 40 communautés des provinces maritimes de Bua, Cakaudrove et Lomaiviti (Fidji). Ils ont pu ainsi en tirer des données précises qui pourront,  aujourd’hui et à l’avenir, être exploitées aux Fidji et dans la région.

Dans le cadre de l’assistance apportée par la CPS au gouvernement fidjien suite au passage dévastateur du cyclone de catégorie 5, deux équipes d’océanographes et de spécialistes de l’évaluation des dégâts ont conçu et réalisé des évaluations simultanées, couvrant ainsi environ 250 km de littoral sur une période de cinq jours.

Organisés en collaboration avec le bureau national de gestion des catastrophes des Fidji et la Direction fidjienne des ressources minérales, et financés par la Banque mondiale, les relevés ont permis d’évaluer les dégâts causés aux bâtiments, l’état des services d’eau et d’assainissement et l’étendue des inondations côtières constatées sur l’île d’Ovalau et sur la côte sud-est de l’île de Vanua Levu.

Sur Ovalau, la plus haute houle cyclonique enregistrée a dépassé les sept mètres au « Ovalau Holiday Resort », soit pratiquement la hauteur d’un bâtiment de trois étages.

Les zones les plus touchées de Vanua Levu se trouvent dans le district de Kubulau (Bua) et le long du littoral, de Savusavu jusqu’à Naweni.  La houle cyclonique y a atteint cinq mètres dans le village de Nukubalavu et la distance d’inondation a été relevée à 183 mètres dans le village de Tacilevu.

« Nous disposons désormais des données les plus exhaustives en matière de dégâts causés aux bâtiments par le passage d’un cyclone dans la région », a indiqué Mme Audrey Aumua, Directrice générale adjointe de la CPS.

« Ces données seront utilisées comme référence régionale, jetant les bases des futures évaluations de dégâts, et permettront de mieux prévoir l’impact qu’ont les submersions marines et le vent sur les bâtiments. »

Les administrateurs provinciaux s’appuient d’ores et déjà sur les résultats des évaluations réalisées par la CPS pour orienter les interventions qui continuent d’être menées dans les communautés les plus touchées de leurs districts.

Les résultats de ces évaluations pourront être exploités non seulement par les Fidji mais également par la région et seront disponibles sur le portail spécial consacré au cyclone Winston regroupant les données spatiales utiles (http://gsd.spc.int/winston/).

« Ces évaluations de terrain sont primordiales car nous ne pouvons pas évaluer en détail les dégâts sur le bâti, ni analyser l’ampleur de la houle cyclonique en utilisant simplement des photographies aériennes », a précisé Mme Aumua.

Et d’ajouter : « Ces relevés permettent également de confronter à la vérité-terrain  les évaluations des dégâts réalisées par nos agents de Suva à partir d’images satellite. »

L’ampleur d’une inondation se mesure par la distance parcourue par l’eau à l’intérieur des terres alors que le niveau de la houle cyclonique (le run-up) est indiqué par la différence entre la hauteur de la ligne d’eau et le niveau normal de la mer.

Les experts ont rassemblé des données relatives aux inondations et à la houle cyclonique en mesurant systématiquement les marques laissées par l’eau sur les bâtiments, en localisant les débris à l’intérieur des terres et en comparant ces résultats aux récits des témoins oculaires.

Les équipes ont procédé à l’analyse des bâtiments et des services d’eau afin de déterminer la cause des dégâts (vent et/ou houle) et de mettre en exergue les principales caractéristiques des structures qui ont su résister au cyclone.

« À court terme, ces données seront mises à profit pour établir des cartes d’aléas qui, à leur tour, étaieront les évaluations en matière de besoins post-catastrophe réalisées par les pouvoirs publics fidjiens », a expliqué Mme Aumua.

« À long terme, ces études nous permettent de mieux comprendre les conséquences d’événements de ce type, de déterminer comment reconstruire des installations plus sûres et solides, et d’améliorer la planification des futurs aménagements en zones côtières pour limiter les impacts des catastrophes. »

L’équipe de la CPS qui a réalisé les évaluations était composée de huit experts : Cyprien Bosserelle, Deepika Lal, Joy Papao et Keleni Raqisia à Ovalau ; et Hervé Damlamian, Zulfikar Begg, Mereoni Ketewai et Arieta Navatoga à Vanua Levu.

Contact médias :
Molly Powers-Tora, Responsable régionale climat et océans (CPS), [email protected]pc.int ou +679 3249250