Fin 2017, l’équipe du Programme pêche hauturière a mené à bonne fin une vaste campagne de marquage des thonidés, qui a permis de marquer et relâcher près de 28 000 spécimens dans les eaux de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon.

En septembre 2017, l’équipe a ainsi embarqué pour 50 journées en mer avec un objectif : marquer 20 000 thons. Ce cap a été très largement franchi par l’équipage, puisque ce sont pas moins de 27 780 marques qui ont été posées pendant la campagne, dont plus de 20 000 dans les eaux salomonaises.

La campagne, qui était dirigée par le Chargé de recherche halieutique Bruno Leroy, a été organisée dans le cadre du programme régional de marquage des thonidés, porté par la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC). Amorcé en 2006, ce programme de marquage est le plus important jamais mis en œuvre dans le monde.

Les pêcheries thonières du Pacifique fournissent plus de 60 % des thons capturés à l’échelle mondiale et tiennent une place considérable dans le produit intérieur brut de la plupart des pays de la région. Néanmoins, certaines menaces, comme la surpêche ou le changement climatique, mettent en péril ces ressources naturelles vitales.

Les données de marquage collectées livreront des informations particulièrement utiles pour l’évaluation de l’abondance des thons, de leurs déplacements et de l’impact de la pêche. La WCPFC s’aidera ensuite de ces informations pour définir des pratiques de gestion durables et des mesures de conservation pour les ressources en thon de la région.

Les campagnes de marquage permettent aux halieutes de suivre la mortalité, les déplacements et la croissance des spécimens marqués. Au cours de cette expédition, les spécimens ont été pêchés à la canne, méthode avec laquelle on peut attraper, mesurer, marquer et relâcher le poisson en seulement quelques secondes. Des informations sur chaque spécimen marqué (espèce, taille, état de santé et qualité du marquage) ont été enregistrées grâce à des enregistreurs vocaux. Certains des poissons rencontrés pendant la campagne mesuraient plus de 60 centimètres de long ; face à de tels spécimens, les pêcheurs risquent contusions et griffures au contact de la queue de l’animal qui se débat violemment au moment du marquage.

Les données collectées à l’aide des marques au cours des mois et des années à venir permettront aux scientifiques de mieux connaître l’état des ressources thonières et d’évaluer l’impact des activités de pêche sur les stocks de thons du Pacifique. Elles contribueront également à étayer la prise de décisions en faveur d’une gestion durable, de façon à protéger les stocks de thons et toutes les personnes qui en dépendent.

« Ce qui rend cette campagne remarquable, c’est évidemment le nombre de marques que Bruno et son équipe ont réussi à poser, mais c’est aussi la formation à bord de nouveaux techniciens de marquage et le volume considérable de travaux d’échantillonnage biologique réalisés, sans oublier que rien de cela n’aurait été possible sans le soutien et les efforts de l’équipage du navire », confie Neville Smith, Directeur de recherche halieutique à la CPS.

Les pêcheurs qui renvoient les marques à la CPS reçoivent une récompense.

Si vous trouvez une marque ou souhaitez en savoir davantage, veuillez contacter le Programme pêche hauturière par courriel ([email protected]). N’hésitez pas à consulter le site www.spc.int/tagging pour prêter main-forte à la CPS dans le cadre de cet important programme de recherché.

Contact média :

Melinda Morris – Chargé de communication pour la division pêche | courriel : [email protected]