Alors que l’année 2017 touche à sa fin, il est temps pour moi de faire le bilan de l’année écoulée et d’adresser mes remerciements au personnel de la CPS, aux partenaires, aux bailleurs et aux nombreux acteurs qui nous apportent leur soutien à travers le monde. La CPS a connu une année d’évolution et les résultats enregistrés au cours de ces 12 derniers mois semblent de très bon augure pour la suite des événements.

Dans un monde sans cesse bousculé par le changement, le fait que la Communauté du Pacifique œuvre au service des pays océaniens depuis sept décennies a quelque chose d’assez incroyable. Cette perspective historique a conféré une dimension toute particulière à la session du CRGA et à la Conférence de la Communauté du Pacifique qui se sont tenues en juillet dernier à Nouméa, où dirigeants du Pacifique et soutiens de l’Organisation se sont réunis pour saluer le travail de la CPS et célébrer 70 années d’histoire commune. J’étais très heureux d’entendre à cette occasion les témoignages des pays membres, prompts à dire combien l’assistance et les conseils avisés de la CPS dans les domaines de la science, du savoir et de l’innovation leur avaient été utiles au fil des ans. J’ai également été touché par les marques de soutien des petits États insulaires, pour qui la CPS est un formidable porte-voix.

On retrouve d’ailleurs l’esprit qui a animé la Conférence dans le discours prononcé par le Premier ministre du Samoa, M. Tuilapea, dont je vous recommande vivement la lecture.

Dans une région où les cartes ont été redistribuées, nous avons la lourde de tâche de concrétiser nos objectifs de développement dans un climat d’investissement morose. Plus que jamais, la CPS doit démontrer qu’elle apporte à la région une valeur ajoutée unique en contrepartie des contributions que lui versent les pays membres. En moyenne, pour chaque dollar investi dans l’Organisation par les membres de la CPS, ce sont quatre dollars qui sont injectés dans la réalisation des objectifs de développement des États et Territoires insulaires océaniens. Pour les pays membres, contribuer à l’Organisation, c’est non seulement participer à l’avènement d’un Pacifique résilient, mais c’est aussi réaliser un investissement judicieux au niveau national.

Sur le plan organisationnel, nous avons mis à profit le programme de réforme et de transformation entrepris dès 2015. La CPS a introduit des systèmes et des processus plus efficients, tout en améliorant son modèle d’activité de sorte à mieux exploiter sa position dans la région et à permettre aux membres de tirer encore mieux parti des activités menées. Je constate avec plaisir que ces mesures commencent déjà à porter leurs fruits et que la CPS continue de conforter sa stabilité financière.

Par leur travail, les divisions de la CPS ont généré d’importantes retombées positives à travers la région. Voici quelques-uns des faits marquants de l’année 2017 :

  • La Division géosciences et la Division développement économique ont fusionné pour former la Division géosciences, énergie et services maritimes. Cette réorganisation permettra de développer de fortes synergies dans les trois domaines d’intervention de la nouvelle division, et de réduire la charge de travail administrative et les coûts. La Section affaires maritimes de la Division a apporté son concours au septième atelier SAR (recherche et sauvetage), qui s’est tenu à Auckland (Nouvelle-Zélande) en mai. À cette occasion, neuf pays ont signé le dispositif régional SAR destiné à améliorer les opérations de recherche et de sauvetage à l’échelle du Pacifique et célébré la mise en vigueur du Plan stratégique 2017-2021 pour la recherche et le sauvetage.
  • La Division ressources terrestres, de concert avec les partenaires de la CPS, a conforté la réputation de notre Centre d’étude des cultures et des arbres (CePaCT), véritable pôle d’excellence de la phytogénétique au service de la sécurité alimentaire de la région. La Division a aussi contribué au franc succès de la Semaine océanienne de l’agriculture, dont la toute première édition a été organisée à Vanuatu avec le concours de la FAO.
  • Le Programme pour l’évaluation et la qualité de l’enseignement a vécu un tournant historique cette année, puisqu’il a été reconnu agence régionale d’assurance qualité externe. Le Programme a vécu un autre temps fort, avec la délivrance des premières qualifications régionales pour les énergies renouvelables.
  • Le Département développement social a organisé avec succès la sixième Conférence des ministres de la condition féminine et la treizième Conférence régionale des femmes du Pacifique, qui ont réuni plus de 260 participants. La Conférence a été l’occasion pour la région de réaffirmer son engagement en faveur de la conquête de l’égalité hommes-femmes, de l’autonomisation des femmes et de l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles.
  • L’Équipe régionale d’éducation en matière de droits de la personne a cette année encore prêté son concours aux membres, dans le cadre d’interventions axées sur l’élaboration de politiques et de textes de loi à l’appui de la promotion des droits de la personne. En 2017, l’assemblée législative de Pohnpei (États fédérés de Micronésie) a voté un projet de loi sur la famille visant à prévenir les violences familiales et à assurer des services d’assistance au profit des victimes. Nauru a également adopté une loi sur la violence familiale et la protection de la famille en mai 2017, tandis que les Tonga ont inauguré un centre d’assistance juridique gratuite ouvert aux victimes de violences familiales.
  • La Division statistique pour le développement a revu ses priorités cette année et décidé de recentrer son action sur l’analyse et la diffusion des données. L’ébauche du plan de travail de la Division, qui réorganise notamment les modalités de gouvernance de la statistique régionale, a été validée à la cinquième Conférence régionale des directeurs des services planification et statistique, tenue à Nouméa, en novembre 2017.
  • La Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins est parvenue à mobiliser de nouveaux financements en 2017, pour la plupart destinés à la pêche côtière et à l’aquaculture. Elle a mis au point l’application mobile « Pacfish ID », version mobile de son guide d’identification des poissons, afin de permettre une diffusion plus large des informations contenues dans le guide papier. La Division coordonne aussi la mise en place du Centre océanien pour la science marine, pour lequel le CRGA a donné son feu vert en 2017.

À 8 heures le 28 février 2017, Semi Saaga et Foe Taalava partent pêcher à la traîne au large de Fuafatu, l’un des îlots de Funafuti.

La panne survient à 16 heures, alors que les deux hommes s’apprêtent à rentrer : en redémarrant le moteur hors-bord, la ligne s’enroule autour de l’hélice et l’endommage. Jusqu’à 18 heures, les pêcheurs tentent d’appeler à l’aide avec leur talkie-walkie, sans succès. C’est alors qu’ils déclenchent la balise de localisation personnelle contenue dans leur sac de survie (dont a fait don la Communauté du Pacifique). Le bateau à la dérive, les deux hommes se relaient pour faire le guet et chercher du secours.

Les familles des pêcheurs signalent leur absence à la police tard le soir dans l’espoir que des recherches soient lancées immédiatement. Mais l’équipe de recherche et de sauvetage de Tuvalu, alertée par les autorités néo-zélandaises du signal de détresse émis par la balise, est déjà à pied d’œuvre.

Le Te Mataili (le patrouilleur de Tuvalu) finit par localiser les deux pêcheurs à 7,5 milles de l’île à 23 heures. De retour sur la terre ferme, l’un des pêcheurs relate l’incident en insistant sur l’utilité des sacs de survie. Selon lui, tous les pêcheurs devraient en avoir un et l’emporter lors de chaque sortie en mer pour faire face aux imprévus.

Pour refermer ce billet, j’aimerais vous livrer le court récit d’un incident survenu à Tuvalu, qui, par son dénouement, constitue pour moi l’un des moments marquants de l’année et illustre parfaitement les retombées de notre action sur le quotidien des Océaniens. C’est parce que les deux pêcheurs à la dérive disposait d’une balise de localisation personnelle fournie par la CPS qu’ils ont pu être rapidement localisés et secourus. La distribution de cet instrument simple permettra sans nul doute de sauver des vies dans notre région et, de par sa conception, le système utilisé pourra être adopté partout ailleurs dans le monde.

Derrière ce récit, tant d’autres histoires ponctuent l’année 2017. Toutes illustrent combien notre travail compte pour les populations du Pacifique. Je suis déjà impatient de découvrir ce que nous serons capables d’accomplir ensemble au cours des années à venir.

Au nom de toute la Communauté du Pacifique, je vous souhaite à toutes et à tous de passer de joyeuses fêtes… en toute sécurité.


On trouvera des informations complètes et détaillées sur les résultats enregistrés par les équipes de la CPS en 2017 dans le Rapport de résultats 2017 de la Communauté du Pacifique, à paraître à la mi-2018.