Après plus de cinq ans passés dans des logements provisoires, la communauté de Tukuraki, située dans les hauts plateaux des Fidji, célèbre aujourd’hui sa relocalisation dans un village nouvellement bâti et résilient aux catastrophes naturelles. En 2012, la communauté de Tukuraki avait été anéantie suite à un glissement de terrain qui avait enseveli 80 % du village et coûté la vie à une jeune famille, dont un nourrisson et un jeune bébé.

Les habitants du village ont été obligés de déménager dans des logements provisoires en raison du risque de glissements de terrain. Alors que cette communauté se relevait de cette catastrophe, elle a été touchée par le passage du Cyclone Evan, seulement dix mois plus tard. Plus récemment, en février 2016, cette même communauté a été encore une fois forcée de fuir dans des grottes avoisinantes lors du passage du Cyclone tropical Winston, la troisième grande catastrophe naturelle que cette communauté a subie en quatre ans.

Suite à ces catastrophes, les autorités fidjiennes ont fait de la relocalisation de cette communauté de l’intérieur des terres, une priorité absolue, et ont contacté la Communauté du Pacifique (CPS) pour qu’elle leur vienne en aide. Aujourd’hui, 11 logements et une maison commune construite pour résister à des cyclones de catégorie cinq ont été officiellement inaugurés.

Le coût de la relocalisation du village de Tukuraki vers un site plus sûr et moins exposé aux catastrophes s’élève à 756 000 dollars fidjiens et a été financé grâce à l’Union européenne et au groupe ACP au titre du Projet de renforcement de la sécurité et de la résilience du Pacifique, mis en œuvre par la Communauté du Pacifique. Ce projet a pour objet de réduire la vulnérabilité des pays océaniens confrontés aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique.

M. Inia Seruiratu, porte-drapeau de haut niveau des questions liées au changement climatique pour la COP 23 et ministre de l’Agriculture, du Développement rural et maritime, de la Gestion des catastrophes à l’échelon national et de la Météorologie, a indiqué que la journée d’aujourd’hui était synonyme de recueillement, mais témoignait également du tour de force accompli pour la communauté.

« Aujourd’hui, alors que nous fêtons un moment historique pour Tukuraki, nous nous souvenons également d’Anare Taliga (38 ans), de Mereoni Robe (23 ans), de Losena Nai (18 mois) et de Makelesi Matalau (6 mois), qui ont tous péri lors du glissement de terrain dévastateur qui a bouleversé la vie de tous les habitants de Tukuraki ».

Et d’ajouter : « La communauté de Tukuraki a fait la preuve de sa résilience en réussissant par elle-même à devenir plus résistante face aux catastrophes ».

Outre les bâtiments, le projet a également permis à la communauté d’avoir un accès fiable à un approvisionnement en eau. Dans la région de Ba, les longues sécheresses sont fréquentes. Pour remédier à ce problème, le projet a fait construire un barrage dans les environs et a placé, dans des endroits stratégiques, des réservoirs connectés à chaque habitation, veillant ainsi à ce que la communauté ne soit jamais en manque d’eau.

« Cette communauté connaît et comprend les catastrophes naturelles, mais ce qui rend cette relocalisation remarquable, c’est le partenariat mis en place par les autorités fidjiennes, avec le concours de la CPS et de l’Union européenne, en vue de renforcer la résilience des communautés face aux catastrophes, de manière réelle et mesurable. Nous savons que ce nouveau village protégera non seulement les vies, mais également les moyens de subsistance des habitants de Tukuraki et nous sommes extrêmement fiers d’être un des partenaires clefs de ce projet », explique Mme Audrey Aumua, Directrice générale adjointe de la Communauté du Pacifique.

Le projet a permis à la communauté de Tukuraki d’obtenir la construction de onze logements, d’un centre d’évacuation, mais également d’un mur de soutènement (visant à empêcher l’érosion du sol), d’une voie d’accès, d’un nivellement de terrain et d’une aire de jeux. Le nouveau site est plus proche de l’école de district de Nalotawa, ce qui facilitera l’accès aux écoles ainsi qu’aux services de santé.

« Nous sommes fiers de participer à ce projet aux côtés des autorités fidjiennes et de la Communauté du Pacifique, car nous avons non seulement apporté notre aide aux habitants de ce village; mais nous avons également montré au reste du pays l’exemple d’une communauté rurale résiliente. Face aux effets du changement climatique et aux marées montantes qui menacent les communautés côtières dans l’ensemble du Pacifique, Tukuraki montre l’exemple de l’efficacité des partenariats qui contribuent au développement durable », précise M. Christoph Wagner, chargé de la coopération à l’Union européenne.

Tukuraki est la première communauté de l’intérieur des terres à être relocalisée, élément de taille puisque les 46 autres principales communautés à déplacer sont toutes des communautés côtières.

Contact médias :
Lisa Kingsberry, Conseillère en communication pour le Projet de renforcement de la sécurité et de la résilience du Pacifique, [email protected] +679 9252 849
Vivita L Matanimeke, Assistante en communication pour le Projet de renforcement de la sécurité et de la résilience du Pacifique, [email protected]