poetcomPlus d’un millier de jeunes Fidjiens, ni-Vanuatu et Samoans bénéficieront d’une aide pour trouver un emploi dans le secteur de l’agriculture biologique au titre d’un programme sur deux ans, inauguré récemment à Suva (Fidji) et financé à hauteur de 1,5 million de dollars des États-Unis.

Le projet « Du champ à l’assiette » est le fruit d’un partenariat entre le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Communauté océanienne pour l’agriculture biologique et le commerce éthique (POETCom), rattachée à la Communauté du Pacifique (CPS). Il est financé par le Fonds pour les objectifs de développement durable (Sustainable Development Fund, SDG-F).

Le portefeuille d’activités du projet a été conçu pour remédier aux taux élevés de chômage touchant les populations jeunes des trois pays visés. Il s’articule autour du développement des compétences en agriculture biologique, de la création de revenus, de la sécurité alimentaire et de la résilience au changement climatique.

Mme Osnat Lubrani, Coordonnatrice résidente du bureau du PNUD aux Fidji, a déclaré que les Nations Unies se félicitaient de pouvoir soutenir un programme destiné à garantir des moyens d’existence durables aux jeunes, ajoutant que le projet pouvait créer des débouchés rémunérateurs pour les jeunes femmes et les jeunes hommes, stimuler leur confiance en eux et les engager sur la voie de l’autonomie.

« Les Nations Unies sont fières de travailler en partenariat avec la CPS et la POETCom sur ce projet porteur d’une excellente approche de l’agriculture durable, elle-même au cœur de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l’adaptation au changement climatique », a-t-elle précisé.

« Toutes ces dimensions sont étroitement liées aux Objectifs de développement durable adoptés récemment. »

L’agriculture biologique permet de développer des systèmes agricoles résilients, capables de résister à des phénomènes météorologiques extrêmes et de produire des rendements comparables à ceux obtenus dans les exploitations pratiquant l’agriculture conventionnelle ou chimique.

En tant que principal agent d’exécution, la POETCom travaillera en partenariat avec des organisations de la société civile – FRIEND, Farm Support Association et Women in Business Development – et les pouvoirs publics des trois pays bénéficiaires afin de trouver les bons candidats à former dans les domaines de l’agriculture biologique et du développement des marchés.

À qui s’adresse ce projet ? Aux jeunes âgés de 18 à 30 ans à la recherche d’un emploi ou désireux de basculer vers un emploi formel dans les 12 à 24 prochains mois.

Son objectif : lutter contre les taux alarmants de chômage chez les jeunes dans les trois pays visés, avec des chiffres s’envolant actuellement à environ 44 % de la population jeune aux Fidji et à 8,9 % à Vanuatu.

Pour atteindre cet objectif, l’équipe du projet cherchera à tendre des passerelles entre les agriculteurs et le secteur touristique, notamment en cartographiant les chaînes de valeur sur l’ensemble du circuit allant du champ à la table des complexes hôteliers ou encore aux points de vente au détail.

Mettant en perspective le projet, la Coordonnatrice de la POETCom, Mme Karen Mapusua, a expliqué : « Aux Fidji, nous concentrerons nos efforts sur les zones sévèrement touchées par le cyclone Winston afin de contribuer à relancer l’économie. Nous favoriserons la création de chaînes de valeur entre les fournisseurs (en l’occurrence, les jeunes) et les acheteurs (ici, les hôtels et restaurants), nous créerons des menus privilégiant les produits locaux et en ferons la promotion. »

« En d’autres termes, les jeunes seront formés aux méthodes d’agriculture biologique et de développement d’un marché, pour la banane ou le café par exemple, et bénéficieront d’un accompagnement pour commercialiser leurs produits auprès des acteurs du tourisme. »

Ce programme fait suite à l’appel lancé en 2011 par les chefs d’État et de gouvernement de la région en faveur de l’emploi des jeunes et s’inscrit dans le droit fil de la Stratégie de promotion de la jeunesse océanienne, dont l’un des objectifs est de faire en sorte que les jeunes voient dans l’agriculture un secteur dans lequel ils peuvent faire carrière.

D’après Mme Mapusua, le programme présente en outre l’intérêt d’attirer davantage de jeunes dans la filière agricole, ce qui ne manquera pas de stimuler la viabilité économique du secteur.

« Bien que l’agriculture demeure la principale source de subsistance de la majorité des Océaniens, sa contribution à la chaîne de valorisation économique s’est globalement affaiblie ces dix dernières années, au moment même où le tourisme prenait son envol », a-t-elle ajouté.

« Renforcer les passerelles et créer des synergies entre le tourisme et l’agriculture, voilà deux axes de travail qui devraient contribuer à instaurer une croissance pérenne et équitable. »

De son côté, M. Sakiusa Tubuna, Coordonnateur sous-régional du FIDA pour le Pacifique, insiste sur la lutte contre la pauvreté chez les petits exploitants.

« Le FIDA reconnaît toute l’importance et l’utilité des partenariats, véritable outil au service de notre objectif de développement », a affirmé M. Tubuna.

« C’est la raison pour laquelle nous nous associons au PNUD, à la POETCom et à la CPS sur ce projet. »

« Notre mission est de venir en aide aux petits exploitants vivant dans la pauvreté et ce projet permettra aux petits exploitants des trois pays visés de profiter de nouvelles opportunités économiques près de chez eux. »