wave_lrLa Communauté du Pacifique (CPS) a publié, la veille de la Journée mondiale de l’océan, une étude confirmant que l’énergie de la houle pourrait être une option énergétique d’un bon rapport coût-efficacité dans les pays insulaires océaniens.

L’étude, intitulée Cost analysis of wave energy in the Pacific (Analyse des coûts de l’énergie houlomotrice dans le Pacifique), avait pour objet de calculer, à partir de l’estimation des ressources en énergie de la houle disponibles dans le Pacifique, le coût de l’installation de convertisseurs d’énergie houlomotrice en divers points de la région, et d’évaluer leur capacité de production électrique, l’objectif étant de déterminer si l’énergie de la houle est une solution de substitution viable à l’utilisation des combustibles fossiles.

L’étude montre que le potentiel de production d’énergie houlomotrice est concentré en majeure partie dans les États et Territoires insulaires océaniens exposés aux houles océaniques australes. C’est notamment le cas de la Polynésie française, des Tonga, des Îles Cook et de la Nouvelle-Calédonie.

« Les pays insulaires qui se prêtent le mieux à l’exploitation de cette source d’énergie renouvelable sont ceux situés au sud de la latitude 20°S, car ils reçoivent une proportion bien plus importante de l’énergie produite par les houles océaniques australes », explique Cyprien Bosserelle, Spécialiste de l’océanographie côtière à la CPS, qui a dirigé l’étude, financée par l’Union européenne.

Selon lui, si la houle océanique est globalement perçue comme une source d’énergie renouvelable intéressante dans le Pacifique, on ignorait jusqu’à présent quel pouvait être le coût de l’achat, de l’installation, de l’exploitation et de l’entretien des équipements nécessaires (convertisseurs d’énergie houlomotrice).

L’étude démontre que les coûts de production de l’énergie houlomotrice sont équivalents à ceux d’autres énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne ou solaire. L’énergie houlomotrice pourrait même concurrencer avantageusement les générateurs diesel.

Cyprien Bosserelle a présenté les résultats de cette étude lors de la 31e réunion du Réseau sciences, techniques et ressources (STAR), organisée à Nadi (Fidji) à l’invitation du gouvernement fidjien et avec le concours de la CPS, au travers de sa Division géosciences.

Les enjeux et les solutions liés aux énergies renouvelables ont également été au cœur de l’intervention de Cameron Diver, Directeur général adjoint de la CPS, qui s’est exprimé aujourd’hui à l’occasion de la Conférence sur l’énergie dans le Pacifique, organisée conjointement par le gouvernement néo-zélandais et l’Union européenne à Auckland.

« Il nous faut impérativement pallier l’actuel déficit de connaissances si nous voulons promouvoir l’innovation et les investissements en faveur de solutions énergétiques non polluantes, et atteindre les buts ambitieux que nous nous sommes fixés au titre des Objectifs de développement durable », a-t-il déclaré.

« L’étude de la CPS indique que l’énergie de la houle présente un réel potentiel en matière de développement des énergies renouvelables dans le Pacifique. Elle a également permis de recueillir des données importantes qui viendront étayer la prise de décisions.

L’installation de convertisseurs d’énergie houlomotrice dans le Pacifique permettrait de faire la preuve de l’intérêt de cette technologie pour la région, et d’attirer l’attention des investisseurs, des responsables politiques et des décideurs du monde entier », a ajouté M. Diver.

Ces recherches ont pu être menées grâce au soutien du Programme de recherche Caraïbes et Pacifique pour le développement durable, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Groupe des États ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).

L’étude Cost analysis of wave energy in the Pacific est disponible sous ce lien.

Contact média :
Molly Powers-Tora, coordonnatrice de la plateforme de connaissances sur l’océan et les marées à la CPS ; [email protected] ou +679 8629655

Liens utiles :
Cost analysis of wave energy in the Pacific
STAR Network
Pacific Energy Conference 2016, Auckland