La pêche, qu’elle soit vivrière ou commerciale, fait partie intégrante du mode de vie de la population des Samoa américaines. La capture de poissons nécessite un certain savoir-faire, notamment parce que ceux-ci modifient leurs habitudes en réponse au changement climatique, entre autres facteurs.

Depuis plusieurs milliers d’années, les pêcheurs attirent le poisson dans leurs lignes et leurs filets à l’aide d’un dispositif temporaire ou permanent appelé dispositif de concentration du poisson (DCP). Les tout premiers étaient en bois ou en bois flotté avant que ceux constitués de bouées ou de flotteurs mouillés en pleine eau ou à la surface ne gagnent plus récemment en popularité.

La Communauté du Pacifique (CPS) coopère avec le Département des ressources naturelles terrestres et marines (DMWR) des Samoa américaines pour dispenser une formation sur toutes les facettes du montage et de l’utilisation des DCP. C’est une initiative qui témoigne de l’action que nous menons dans la région pour améliorer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance en apportant notre soutien à la gestion durable des pêcheries.

« La CPS a prêté son concours technique pour la conception et l’assemblage des DCP ainsi que pour l’identification des sites adaptés. Elle a également formé le personnel au mouillage de ces dispositifs », a expliqué TeeJay Letalie, responsable des DCP au DMWR.

« Les adeptes de la pêche de loisir, les propriétaires de catamarans de type alia pratiquant la pêche de fond et les villageois tirent tous profit des DCP de faible et grande profondeur », a-t-il ajouté.

Comment fonctionnent les DCP ? Nous savons, bien que nous en ignorions les raisons, que les thonidés et d’autres grands poissons océaniques sont attirés par les objets flottants, par exemple le bois flotté. Les thonidés évoluent autour de ces objets flottants pendant deux à trois jours avant de poursuivre leur route. Les DCP cherchent à reproduire l’objet naturel ; ils peuvent être dotés d’une bouée en surface sous laquelle on suspend un matériau (habituellement un filet ou une toile à ombrer, mais aussi des feuilles de coco).

Les DCP sont utilisés dans les Samoa américaines depuis les années 1970, avec des résultats variables faute de fonds ou en raison d’actes de vandalisme. Les pêcheurs locaux, qu’ils pratiquent leur activité à des fins professionnelles ou récréatives, ou bien la pêche au gros, ont demandé aux autorités des Samoa américaines d’installer des DCP au large des îles de Tutuila et de Manu’a pour améliorer leurs prises.

Nos chargés de recherche halieutique ont travaillé avec le DMWR pour former une équipe spécialisée dans les DCP. La formation a porté sur le DCP de surface à bouée espar, mais a également abordé le DCP immergé afin de tester le concept dans les eaux locales. L’équipe a mis à l’eau quatre dispositifs en 2012 et 2013, mais un seul est resté en place, les autres ayant subi des dégâts matériels, été vandalisés ou retirés de manière fortuite.

Les Samoa américaines ont par la suite sollicité notre assistance en vue de se former sur le montage et le mouillage de DCP immergés et d’améliorer leurs connaissances sur les échosondeurs. Nos halieutes ont coopéré avec le personnel du service des pêches à bord de petits bateaux naviguant au large de l’île de Tutuila.

L’utilisation de navires de plus petite taille s’est révélée très efficace, réduisant de 90 % les frais de formation. Le service des pêches est désormais à même de former d’autres équipes au large de Manu’a.

« Les DCP ont joué un rôle important dans le tournoi international de pêche au gros Steinlager I’a Lapo’a et les villageois capturent du poisson autour des DCP côtiers », a déclaré M. Letalie.

À retenir

Les dispositifs de concentration du poisson (DCP) attirent les poissons océaniques, qui restent dans une zone précise pendant quelques jours, ce qui facilite leur capture.
Constitués autrefois de bois flotté, les DCP se déclinent aujourd’hui en modèles sophistiqués, pouvant être dotés d’une bouée en surface sous laquelle on suspend un matériau tel qu’un filet, une toile à ombrer ou des feuilles de coco.
La formation et l’appui offerts par les chargés de recherche halieutique de la CPS, à bord de petits bateaux, ont aidé les Samoa américaines à réduire de 90 % leurs coûts de formation et à doter le personnel du service des pêches des compétences nécessaires pour former d’autres équipes au large de Manu’a.

Liens connexes

Brochure d’information sur les DCP
La CPS et la pêche côtière