Eau, assainissement et professionnel de la santé qui forme des animateurs socio-éducatifs à Nauru

En Océanie, Nauru est confronté au double défi de la variabilité et du changement climatique. La modification des régimes de précipitations et les périodes de sécheresse prolongée jusqu’à trois ans figurent parmi les risques.

Nauru est tributaire de l’eau dessalée, de la récupération des eaux de pluie et des eaux souterraines peu salubres pour répondre à ses besoins hydriques. Les systèmes d’adduction d’eau n’existent pas et l’eau dessalée est acheminée en citerne à la demande des ménages. Pendant une période de sécheresse, ces sources d’eau limitées et fragiles sont sollicitées à l’extrême du fait de l’augmentation de la demande en eau.

« Le principal défi rencontré par notre population est la sécurité hydrique et cette question est liée au changement climatique », a précisé Haseldon Buraman, responsable communautaire du district d’Anetan. « Nauru est confronté à un grand problème en période de sécheresse, car nous ne disposons pas de sources d’eau naturelle à part nos lentilles souterraines. Hélas, ces dernières sont polluées et sont riches en sel », a-t-il ajouté.

L’Union européenne (UE) et la Communauté du Pacifique (CPS) ont œuvré aux côtés de Nauru en vue de renforcer la résilience du pays face aux effets négatifs du changement climatique. Le projet de l’Alliance mondiale contre le changement climatique dans les petits États insulaires du Pacifique (projet AMCC : PEID) a pour objet l’amélioration des systèmes de récupération des eaux de pluie et du stockage de l’eau dessalée à l’échelon national. Ce projet a été mis en œuvre par la CPS en collaboration avec le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Environnement de Nauru et la Nauru Utilities Corporation.

Pour Nauru, la sécurité hydrique représente une priorité qui s’inscrit dans le droit fil des efforts consentis par le pays en 2012 en matière de lutte contre les risques de catastrophes et l’adaptation aux effets du changement climatique. Dans le cadre du projet, la CPS a aidé Nauru à préparer son Cadre pour l’adaptation climatique et la réduction des risques de catastrophe (RONAdapt).

Ce projet vise à améliorer les systèmes individuels de récupération des eaux de pluie et a notamment financé, en 2013, l’évaluation technique menée sur les toits de 1 077 ménages. « Cette étude a recensé les toits et les gouttières endommagés des habitations », a indiqué Claudette Wharton, Coordonnatrice du projet à Nauru.

En 2014, une étude a évalué les possibilités d’améliorer les capacités de stockage d’eau de Nauru à l’échelon national. En conséquence, le projet a financé la démolition d’une citerne de stockage d’eau déclassée.

Le renforcement des moyens des communautés en conservation hydrique et en sensibilisation au changement climatique est important. Dans le cadre du projet, un atelier de formation des formateurs a été organisé en 2015 sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène auquel ont participé des représentants des autorités, du secteur privé et des groupes de jeunes qui, à leur tour, peuvent organiser des formations sur le même thème ou des exercices sur la sécurité hydrique et la conservation dans leurs propres communautés.

Dans le cadre d’un échange organisé au titre du projet GCCA-PSIS mené à Kiribati, Jaden Agir, Directeur de la stratégie hydrique de Nauru, du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Environnement, a visité l’Unité de santé environnementale du ministère de la Santé et des Services médicaux de Kiribati en 2015. Il a pu observer les tests effectués sur les réseaux publics, l’eau pluviale et l’eau des puits autour de Tarawa Sud, analyser des échantillons au Laboratoire de la santé publique et a pu se familiariser avec la base de données de résultats de Kiribati.

Nous avons également apporté notre soutien au plan directeur de Nauru sur l’eau et l’assainissement (2015-2035) qui met l’accent sur les besoins présents et futurs de réseaux d’adduction d’eau et de traitement des eaux usées. Ce plan s’inscrit dans l’objectif clef de la Stratégie nationale en faveur du développement durable de Nauru (2005-2025), qui est de « proposer un approvisionnement en eau fiable, sûr, abordable et durable en vue de répondre aux besoins de développement socio-économique ».

À retenir :

  • Nauru ne dispose pas de système d’adduction d’eau et les ménages doivent passer commande pour se faire livrer de l’eau dessalée.
  • Un projet UE-CPS mené en collaboration avec les autorités de Nauru vise à améliorer la qualité et la disponibilité de l’eau à la fois à l’échelon de la communauté et du pays.
  • Le projet a apporté son soutien au plan directeur de Nauru sur l’eau et l’assainissement (2015-2035) qui met l’accent sur les besoins présents et futurs en réseaux d’adduction d’eau et traitement des eaux usées.