Arrivant à point nommé, un projet du Centre australien pour la recherche agronomique internationale (ACIAR) mené en collaboration avec la Communauté du Pacifique (CPS) et plusieurs universités australiennes génère déjà des retombées positives pour la filière du cacao à Vanuatu.

Le Projet ACIAR de relance de la culture du cacao après le passage du cyclone tropical Pam a apporté de nouvelles méthodes permettant d’améliorer la productivité et la commercialisation du cacao à Vanuatu.

Le gouvernement de Vanuatu et d’autres acteurs locaux, dont l’Association des producteurs de cacao (CGA), Alternative Communities Trade in Vanuatu (ACTIV) et le Centre de recherche et de formation agronomique de Vanuatu (VARTC), ont très largement contribué au développement constant de la filière.

Fondée en 2006, la CGA travaille en contact direct avec les agriculteurs pour les aider à améliorer la qualité de leur production à l’aide de matériel végétal plus performant, à lutter contre les ravageurs et les maladies, et à identifier des créneaux plus rémunérateurs.

Selon Basile Malily, Directeur général de la CGA, l’augmentation des flux de trésorerie induite par le projet apporte des bénéfices très concrets pour la population.

« À Malekula, les agriculteurs ont pu envoyer leurs enfants à l’école. [Le projet] a amélioré l’approvisionnement en eau, notamment pour ceux qui disposent d’un puits. Ils peuvent même maintenant se permettre d’acheter des produits coûteux, comme des téléphones portables et des téléviseurs », a-t-il déclaré.

« Nous sommes une passerelle entre les agriculteurs et le marché, et nous nous efforçons de les aider à vendre au meilleur prix, en essayant d’amortir l’effet des prix proposés par les acheteurs locaux, principalement des revendeurs ».

« Nous recherchons aussi sans cesse de nouveaux marchés et offrons également des stages de perfectionnement à nos agriculteurs », a ajouté M. Malily.

Tout en reconnaissant le rôle de l’ACIAR et de la CPS, M. Malily précise que, sans l’intervention à point nommé du Projet océanien de recherche agroalimentaire pour le développement (PARDI) et, ultérieurement, du Projet de relance après le passage du cyclone Pam, la filière n’aurait pas pu réaliser autant de progrès.

« La stratégie intégrée de lutte contre les ravageurs et les maladies a été introduite en 2012 par John Konam, un scientifique de la CPS, et des chercheurs du Cocoa and Coconut Institute Limited de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce fut le point de départ de la réussite de la filière du cacao à Vanuatu. »

« Nos agriculteurs ont compris qu’il n’était pas nécessaire de planter sur de plus grandes surfaces pour augmenter le rendement, mais plutôt de suivre des pratiques de gestion adéquate, de la plantation au séchage des fèves », a précisé M. Malily.

Le cyclone Pam a pratiquement dévasté la filière du cacao de Vanuatu, causant de tels dégâts que la production a chuté de 250 à 20 tonnes.

Grâce au soutien du Projet de relance, les cultivateurs ont pu rebondir, réussissant à produire 40 tonnes de cacao en 2016 et prévoyant d’en récolter 100 tonnes en 2017.

Cependant, le chemin de la réussite est loin d’être simple dans une région aussi vulnérable aux incidences du changement climatique. Plusieurs pays océaniens, dont Vanuatu, sont actuellement victimes des effets de La Niña. La sécheresse a nui à la qualité des fèves, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les agriculteurs n’ont pas pu toucher les marchés de producteurs de chocolat ciblés.

Pour Tevita Keke, Spécialiste de l’agroalimentaire à la CPS, qui supervise le Projet de relance avec Vinesh Prasad, Technicien en agroforesterie, les membres du CGA réussiront à produire des fèves au niveau de qualité qui leur a permis de se faire une place sur des marchés de niche lorsque l’épisode La Niña sera terminé.

« Nous remercions toutes les parties prenantes du soutien qu’elles nous ont apporté et sur lequel nous comptons pour porter la filière nationale du cacao vers de nouveaux sommets ».

L’ACIAR, la CPS et l’Université de technologie du Queensland effectuent actuellement ensemble une étude de faisabilité portant sur un système d’assurance pour les producteurs de cacao de Vanuatu.

En résumé:
Les producteurs de cacao de Vanuatu ont rebondi après le passage du cyclone Pam avec une production de 40 tonnes en 2016, grâce à un projet soutenu par la CPS.

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Auteur :
Vinesh Prasad – Technicien en agroforesterie à la CPS
Pour toute information complémentaire, veuillez prendre contact avec Vinesh Prasad (courriel : [email protected]).