Des habitants du village de Dogoru se familiarisent avec les techniques d’ensemencement.
Photo: Vinesh Prasad, CPS

La plantation d’arbres à des fins de sauvegarde des captages d’eau et des réserves de forêts naturelles est une importante initiative entreprise par la Communauté du Pacifique (CPS) dans le village de Dogoru (Macuata) à Vana Levu, la deuxième île des Fidji par sa taille.

La CPS met en œuvre une partie du projet financé par l’Alliance FEM-Pacifique sur la gestion durable des terres situées à la lisière des forêts fidjiennes. Ce projet, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mené par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a été lancé sur trois sites, à savoir Taveuni, Delaikoro et Tomanivi (Mont Victoria).

Situé dans les montagnes, le village de Dogoru est la principale source d’eau douce des environs de Labasa. Un grand nombre de villageois de ces régions sont tributaires de l’agriculture et de la foresterie pour assurer leurs moyens de subsistance, explique Maria Ratutokarua, Conseillère en gestion durable des terres à la CPS. Toutefois, les pratiques actuelles d’utilisation des terres ne sont pas toujours productives et, dans certains cas, peuvent avoir des effets nuisibles sur les captages d’eau.

« Les technologies et les pratiques adéquates qui peuvent améliorer la productivité et la pérennité à long terme sont, en règle générale, méconnues », a précisé Mme Ratutokarua. Et d’ajouter : « en milieu rural, les habitants ne disposent pas non plus des revenus à investir dans de meilleures techniques et dans une technologie plus avancée ».

Un groupe de 24 agriculteurs locaux, y compris des femmes et des jeunes, ont décidé, au mois d’avril 2016, de se mobiliser en participant à une formation pratique et théorique sur les techniques de multiplication, l’élevage de jeunes plants en pépinières et la plantation de parcelles boisées de pins et de bois de santal. Cette formation de trois jours était dispensée dans le village de Dogoru par la Division ressources terrestres de la CPS en collaboration avec les ministères fidjiens de l’Agriculture et de la Pêche et des Forêts.

La formation avait pour objet de renforcer les connaissances des agriculteurs en gestion de pépinières, notamment en préparation des sols, ensemencement, arrosage et entretien des jeunes plants. Les participants se sont également familiarisés avec les techniques de multiplication par fragmentation des tiges qui peut accélérer le processus de multiplication des plants d’ananas, le greffage, le greffage en écusson et le marcottage des arbres fruitiers qui permettent de raccourcir le temps écoulé entre la germination et la fructification.

Des informations ont été présentées aux villageois sur les protocoles de protection de l’environnement lors du boisement de parcelles. Citons notamment la plantation de pins à distance d’une rivière et des zones de captage d’eau, conformément au code fidjien d’exploitation forestière.

Dans le cadre de cette formation, les villageois ont planté quelque 3 000 pins (Pinus caribaea) et 100 santals (Santalum Spp.) en vue de restaurer les terres endommagées de Dogoru et de répondre aux futurs besoins de la communauté. M. Mateo Qiolele est agriculteur à Dogoru et vend sa production de yaqona (kava), d’ananas, de manioc et de taro au marché de Labasa. « Nous sommes agriculteurs depuis des générations, mais cette formation m’a appris à travailler plus efficacement et plus intelligemment pour augmenter ma production et mieux protéger l’environnement », a-t-il indiqué. Ces pratiques améliorées lui permettent de fournir ses clients de manière plus régulière.

À retenir :

  • Intervenir aux côtés des agriculteurs locaux pour protéger les précieux captages d’eau en plantant quelque 3 000 pins et 100 santals.
  • La CPS s’associe aux autorités fidjiennes pour dispenser une formation à 24 agriculteurs locaux sur la multiplication des végétaux et d’autres techniques agricoles.
  • Les agriculteurs disent pouvoir fournir leurs clients de manière plus régulière en utilisant ces nouvelles techniques.