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Traditions-OK
Numéro 33 - Septembre 2014

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Coordonnateur du réseau et rédacteur en chef du bulletin :
Kenneth Ruddle, Asahigaoka-cho 7-22-511, Ashiya-shi, Hyogo-ken, Japon 659-0012.

Production :
Section information halieutique, CPS, B.P. D5, 98848 Nouméa Cedex, Nouvelle-Calédonie.

Produit avec le concours financier de l'Australie, la France et la Nouvelle-Zélande.


Éditorial

Le présent numéro contient trois articles. Dans le premier intitulé « Une conception commune de la taxonomie pour une meilleure gestion de la pêche dans le nord de Vella Lavella, aux Îles Salomon », Philippa Cohen et sept co-auteurs dressent un inventaire des noms communs de diverses espèces de poissons et d’invertébrés marins et les mettent en correspondance avec les noms latins et la nomenclature taxonomique normalisée. De telles études sont importantes puisqu’il est crucial que les partenaires engagés dans tout projet de gestion partagent une connaissance pratique de la nomenclature et des étymologies locales des ressources marines. On imagine sans mal que l’absence de telles connaissances compromettrait la gestion efficace des ressources, la collaboration et l’action de recherche participative. Cependant, la recherche des noms et de l’étymologie en langue vernaculaire des poissons et invertébrés marins n’est ni rapide ni simple, comme l’illustre cet article et comme l’expliquent brièvement les auteurs dans la section portant sur la méthodologie.

Je saisis cette occasion pour insister sur l’importance que revêt la recherche sur les noms et l’étymologie en langue vernaculaire pour l’ensemble de la région, et j’encourage les auteurs de tels travaux à nous soumettre leurs résultats afin qu’ils soient rapidement publiés. Ces recherches, qui peuvent présenter pour certains un petit côté « charmant », risquent d’être difficiles à publier dans les revues occidentales considérées comme plus « sérieuses ». Or, notre bulletin d’information diffuse rapidement, dans notre région, les résultats des recherches qui peuvent immédiatement être mis en pratique et, nous l’espérons, profiter à divers types de pêches et à divers aspects de leur gestion.

Dans le deuxième article intitulé « Cartographie de l’utilisation et de l’occupation de l’espace : protocoles de recherche et collecte des données », l’auteur, Terry Tobias, s’appuie sur les résultats de deux décennies de travaux pratiques de cartographie au sein des collectivités autochtones du Canada, et de recherches plus récentes réalisées en Australie. L’article aborde divers enjeux et problèmes liés à la collecte, réalisée dans le cadre d’entretiens, de données sur l’utilisation traditionnelle des ressources et sur l’occupation de l’espace, et sur la présentation de ces données sous forme cartographique. En d’autres mots, il traite de la « géographie » de la tradition orale et de la cartographie des ressources culturelles et communautaires : questions directement liées à la conception et à la gestion des projets communautaires mis en oeuvre en Océanie. L’auteur se penche sur certains des facteurs principaux qui permettent d’assurer le succès de ces travaux de cartographie ; il avance de nombreuses idées et formule des recommandations concernant la préparation de cartes utiles et de bonne qualité. Il s’attarde en particulier aux notions de « cartographie biographique » et de « cartographie thématique », et sur les moyens d’obtenir des données de qualité et d’éviter l’« approche muséographique ». Il examine les moyens de recruter et de former des agents compétents, de tenir compte de leurs limites et de bien maîtriser les protocoles de recherche. Il se penche enfin sur certaines caractéristiques des projets ainsi que sur les principes qui doivent en guider la conception et la mise en oeuvre, sur les méthodes de mesure de la qualité et sur la  « culture de la recherche ».

Dans le troisième article intitulé « Le rendement maximal durable : une politique revêtue des oripeaux de la science », Carmel Finley et Naomi Oreskes présentent des données historiques qui portent à conclure que la « tragédie des biens communs » ne permet pas d’expliquer le phénomène de la surpêche. Un examen des politiques et de la gestion des ressources halieutiques qui ont caractérisé la période de l’après-guerre donne à penser que l’effondrement des stocks mondiaux de poissons aurait plutôt été le résultat de politiques délibérées des pays industrialisés, et en particulier des États-Unis d’Amérique qui s’opposaient à toute mesure de réglementation des pêches susceptible d’entraver le passage de leurs navires. En d’autres mots, les États ont joué un rôle majeur en adoptant des politiques qui ont eu pour effet d’encourager la création et l’expansion d’une industrie mondiale de la pêche, malgré les signes évidents d’une grave surexploitation des stocks. Des analyses historiques de ce type viennent ajouter aux preuves du subterfuge qui nous est aujourd’hui devenu familier.

Kenneth Ruddle


Sommaire

Une conception commune de la taxonomie pour une meilleure gestion de la pêche dans le nord de Vella Lavella, aux Îles Salomon
Cohen P., Tapala S., Rikio A., Kukiti E., Sori F., Hilly Z., Alexander T.J., Foale S. (pdf: 305 KB)
Cartographie de l’utilisation et de l’occupation de l’espace : protocoles de recherche et collecte de données
Tobias T.N. (pdf: 189 KB)
Le rendement maximal durable : une politique revêtue des oripeaux de la science
Finley C., Oreskes N. (pdf: 146 KB)
 

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