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Traditions-OK
Numéro 26 - Août 2010

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Coordonnateur du réseau et rédacteur en chef du bulletin:
Kenneth Ruddle, Asahigaoka-cho 7-22-511, Ashiya-shi, Hyogo-ken, Japon 659-0012.

Production:
Cellule information halieutique, CPS, B.P. D5, 98848 Nouméa Cedex, Nouvelle-Calédonie.

Produit avec le concours financier de l'Australie, la France et la Nouvelle-Zélande.


Éditorial

Deux articles sont inscrits au sommaire du présent numéro. Rintaro Ono et David J. Addison commencent par examiner les traditions halieutiques de Tokelau, les pratiques, techniques et matériaux employés, ainsi que leurs relations avec l’écologie des organismes marins. Ils se penchent sur la classification de l’écosystème marin de Tokelau et l’ethnoécologie des poissons et mollusques, en particulier la taxonomie et la connaissance du comportement des poissons et d’autres organismes marins sous l’angle écologique.

Dans le deuxième article, Sarah Brikke examine brièvement la perception que les habitants de la Polynésie française, en particulier les enfants, ont des tortues marines. J’ai le souvenir d’une délicieuse séance de l’après-midi, au cours d’une conférence sur les récifs coralliens tenue aux Maldives en mars 1996. Les écoliers locaux présentaient une série d’exposés détaillés sur ce qui arrivait à « nos récifs ». Ces jeunes élèves étaient si toniques que je me suis dit qu’une séance de la sorte devrait être prévue dans toutes les conférences techniques. Certes, il faudra étudier plus avant la manière dont les jeunes conçoivent les questions touchant l’environnement et les ressources. Après tout, « un jour, la balle sera dans votre camp » (et vous aurez la chance d’essayer de remédier à toute la pagaille semée par vos prédécesseurs). Nos lecteurs sont donc invités à envoyer d’autres articles sur le comportement des enfants que Sarah Brikke examine.

Une telle diversité de points de vue est capitale : elle nous aide à comprendre et surmonter les problèmes complexes auxquels nous sommes confrontés. Tout le monde devrait être encouragé à s’exprimer. Bien que cette participation soit rendue possible par les nouveaux systèmes informatiques, les médias imprimés ne sont pas négligeables. Mais les gens hésitent très souvent à écrire des « papiers ». « Je ne suis pas capable d’écrire un article, je n’en ai jamais écrit. Qu’est-ce que je dois faire ? Aidez-moi. » C’est dans cet esprit que j’ai résumé, dans ses grandes lignes, un bref mais utile article, paru en 2008 dans la revue American Anthropologist. Il pourra vous aider à surmonter votre réticence et vous inciter à me soumettre un texte, pour confirmer que nombre de « vrais universitaires » peuvent aussi être « de vrais bouffons ».

Stupéfait du nombre d’auteurs qui envoient des manuscrits de médiocre qualité, Tom Boellstorff, rédacteur en chef d’American Anthropologist, a écrit un mémoire intitulé «Comment faire accepter un article par l’American Anthropologist (ou une autre revue) » (American Anthropologist 110(3):281–283, septembre 2008). Boellstorff y donne cinq conseils simples qui, assure-t-il, augmenteront fortement les chances des lecteurs de se faire publier dans une revue quelconque. Les voici :

1. Soyez professionnel ! : N’oubliez jamais d’accepter tous les changements dans le document, après avoir utilisé la fonction « Accepter les modifications » de Microsoft Word. Un nombre surprenant d’auteurs omettent cette opération. « En conséquence, le texte final est truffé de passages supprimés, de commentaires des lecteurs précédents, etc., dans tout un arc-en-ciel de couleurs. En outre, de nombreux manuscrits soumis sont entachés d’un nombre choquant d’erreurs typographiques et grammaticales » (Boellstorff 2008:281). Le correcteur le plus bienveillant ne manquera pas d’être agacé !

2. Assurez-vous que les données et les affirmations/revendications sont en rapport : L’un des problèmes les plus courants dans les manuscrits soumis est le rapport entre l’argument et les données présentées à l’appui. « Il est fréquent que, dans un manuscrit traitant du thème A, l’auteur présente des données se rapportant à un thème B » (Boellstorff 2008:281–282). C’est stupide. Nul lecteur ne comprendra comment un auteur est parvenu à ses conclusions si des données erronées sont fournies !

3. Ne généralisez pas à l’excès : Il n’est pas rare qu’un manuscrit commence par de grandes affirmations, non étayées par des preuves qui :

«... n’ont pu être apportées parce que, par exemple, nous ne pouvons prouver que les «hommes, à travers l’histoire, ont cherché à créer des formes de communauté fondées sur leurs croyances spirituelles. » De grandes généralisations de ce genre invitent les coupeurs de cheveux en quatre à pinailler et n’apportent rien à l’argument présenté. Bien sûr, il est bon de spéculer sur des implications plus larges, mais cela doit se faire en partant des données disponibles et en explicitant la pensée progressivement à partir de ces données ». (Boellstorff 2008:282)

4. Utilisez à bon escient références et citations : L’une des erreurs les plus courantes que commettent nombre d’auteurs est d’ignorer apparemment le travail d’autrui. C’est ce que l’on peut conclure du fait qu’ils omettent de citer les travaux d’autres chercheurs. Certains auteurs évitent délibérément de citer leurs sources pour paraître plus créatifs. D’autres encore gonflent le nombre d’ouvrages cités — sans s’y référer pour autant — pour démontrer leur propre « érudition ». Ne cédez pas à la tentation. Ces ruses ne trompent pas des correcteurs et des lecteurs expérimentés !

5. Structurez bien votre manuscrit : Si votre manuscrit est mal structuré, votre argument ne sera pas clair. Boellstorff (2008:282) a relevé trois grandes erreurs. La première est que les manuscrits sont souvent dépourvus de « conclusion », ou en ont une tellement brève qu’elle ne permet pas de faire la synthèse d’un texte ni de résumer l’argument principal. La deuxième erreur est que les manuscrits contiennent souvent des chapitres déséquilibrés ; l’un d’eux, par exemple, représente plus de la moitié de la longueur totale de l’article. Il vaut mieux aussi équilibrer les sous-chapitres pour rendre le raisonnement plus efficace. La troisième erreur est que les hypothèses ou affirmations énoncées dans une « introduction » ne sont plus reprises dans le corps du texte. Il faut respecter la cohérence dans l’ensemble d’un manuscrit, c’est-à-dire le texte, l’introduction et la conclusion, avant d’envoyer un manuscrit à un correcteur.

Enfin, n’oubliez pas de télécharger les instructions à l’intention des auteurs publiant des articles dans les bulletins d’information de la CPS destinés aux spécialistes (version anglaise à l’adresse http://www.spc.int/coastfish/doc/coastfish_docs/SIG-instructions.pdf) et de nous envoyer vos manuscrits formatés selon les règles. Veuillez accorder une attention particulière à la présentation des références bibliographiques. Plus que tout autre manquement, celui-ci aura des conséquences bizarres : votre correcteur et le spécialiste de l’information halieutique, d’ordinaire bienveillants, grimperont au mur, tomberont sur la tête, et se précipiteront au café du coin — inutile de dire que nous adorons ces frasques quand il y a une bonne raison.

Kenneth Ruddle


Sommaire

Ethnoécologie et traditions halieutiques de Tokelau sur l'atoll d"Atafu, Tokelau
Ono R., Addison D.J. (pdf: 475 KB)
La perception des populations locales sur les tortues marines, sur les îles de Bora Bora et de Maupiti, Polynésie française
Brikke S. (pdf: 466 KB)
 

Téléchargez la publication complète:

Traditions #26 (pdf: )



 
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