Le Pacifique doit poursuivre ses efforts de promotion des énergies durables

Vendredi 17 février 2012, Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS), Suva, Fidji
Installé sur l'île d'Apolima (Samoa), ce système de production d'énergie solaire photovoltaïque est fiable, efficace et respectueux de l'environnement

Personne ne peut prédire à quel niveau se situeront les prix des produits pétroliers en 2012, mais il ne faut pas relâcher les efforts de promotion des énergies durables et de la sécurité énergétique, a déclaré M. Solomone Fifita, qui dirige le Département énergie au sein de la Division développement économique de la CPS.

 

Les États et Territoires insulaires océaniens se tournent actuellement vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique pour protéger leurs économies des effets de l'instabilité des cours du pétrole. La plupart de ces pays visent en effet à augmenter la contribution des sources d'énergie renouvelable à leur production énergétique. L'objectif des Îles Cook est d'atteindre 50 % d'ici à 2015, et 100 % d'ici à 2020. Les Îles Marshall visent 20 % d'ici à 2020. Nauru souhaite arriver à 50 % d'ici 2015. Le Samoa prévoit 20 % supplémentaires d'ici à 2030. Les Tonga visent 50 % d'augmentation et Vanuatu 25 % d'augmentation d'ici la fin de 2012, et Tuvalu vise 100 % d'augmentation d'ici à 2020. Les objectifs que se sont fixés ces pays témoignent de leur engagement politique, a déclaré M. Fifita. Ils doivent cependant aller plus loin, et prendre des mesures budgétaires, financières et réglementaires favorables à la réalisation de leurs objectifs.

 

Le Département énergie de la CPS se félicite par conséquent de la mise en place d'un ratio de prêt en faveur de l'agriculture et des énergies renouvelables par la banque de réserve des Fidji. À partir du 29 février 2012, les banques commerciales des Fidji seront tenues d'affecter 2 % de leurs dépôts et passifs similaires à des prêts accordés au secteur des énergies renouvelables.

 

Le Département aide actuellement l'ensemble des pays de la région à analyser l'état de leur secteur énergétique. Suite à l'adoption du Cadre d’action en faveur de la sécurité énergétique dans le Pacifique, la CPS achève actuellement le calcul des indicateurs de référence de la sécurité énergétique de tous les États et Territoires insulaires océaniens en utilisant l'année 2009 comme année de référence. Ces indicateurs sont regroupés globalement dans les composantes suivantes : accès à l'énergie, accessibilité économique de l'énergie, efficacité et rendement de l'utilisation de l'énergie et viabilité environnementale du secteur de l'énergie. Ces analyses aideront les pays à élaborer des politiques efficaces et significatives en matière d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie.

 

L'année dernière, les experts du Département énergie se sont rendus dans huit pays océaniens pour y dispenser des services d'assistance technique. La semaine prochaine, ils partiront pour les Îles Marshall et Palau. Ils uniront ensuite leurs forces avec les spécialistes du Secrétariat général du Programme régional océanien de l’environnement (PROE) et de la Facilité climat des affaires du Groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (UE ACP) afin de dispenser des services d'assistance similaires aux Îles Salomon, et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'année 2012 a été déclarée Année internationale de l'énergie durable pour tous par les Nations Unies, et la CPS et ses partenaires ont prévu de mener des actions de sensibilisation consacrées à ce thème dans les États et Territoires insulaires océaniens dans lesquels ils se rendront.

 

M. Fifita appelle cependant à la prudence, car l'évolution de la situation internationale pourrait avoir des incidences sur les cours du pétrole en 2012. Le prix du baril de pétrole frise actuellement les 100 dollars É.-U., mais la crise de la dette européenne, les résultats économiques des États-Unis d'Amérique, la persistance des troubles au Moyen-Orient et les querelles diplomatiques relatives au programme nucléaire iranien pourraient aisément déclencher un retour aux niveaux de 2008, soit environ 150 dollars É.-U. le baril. Cette année-là, la hausse des prix du carburant s'est traduite par une augmentation de près de 25 % de la facture des importations des Fidji, l'économie de Palau s'est contractée de 3 %, et les taux d'inflation à Kiribati et aux Îles Marshall se sont envolés, atteignant respectivement 18,6 % et 17,5 %. Les ratios PIB/rapatriements de fonds du Samoa et des Tonga ont été exposés, avec des valeurs de 25,2 % et de 35,8 % respectivement. Enfin, l’abaissement de la valeur du Fonds d’affectation spéciale de l’Accord de libre association des Îles Marshall et du Fonds de péréquation de Kiribati a été estimé à 20 %.

 

D'après M. Fifita, si les énergies renouvelables sont au cœur d’actions de promotion depuis de nombreuses années, ce sont les Fidji et le Samoa qui ont accompli les progrès les plus significatifs. Les Fidji ont commencé à investir dans les énergies renouvelables avec la centrale hydroélectrique de Monasavu en 1978, et 54 % de leur production énergétique proviennent aujourd'hui de sources d'énergie renouvelable. Le Samoa a mis en service sa centrale hydroélectrique d'Afulilo en 1987, et l'énergie renouvelable représente maintenant 43 % de sa production selon les rapports.


Pour tout renseignement complémentaire, veuillez vous adresser à :Solomone Fifita, Directeur adjoint (Département énergie), Division développement économique de la CPS, Suva (Fidji). Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ).

 
   

 

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