Sécurité hydrique et sécurité alimentaire : même combat. L’Océanie fête la Journée mondiale de l’eau

Jeudi 22 mars 2012, Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS), Suva, Fidji –

Alors que nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’eau, le moment est bien choisi pour réfléchir à la quantité d’eau que nous consommons. En commençant par la question suivante : « Combien ai-je consommé d’eau au petit-déjeuner ce matin ? ». A priori, cela ne semble pas trop compliqué. La réponse la plus commune sera sans doute : « Un verre ou deux ». Mais pour peu qu’on ait également mangé deux tartines de beurre, un œuf, des fruits et un verre de lait, la réalité sera plus proche des 500 litres. Ajoutez un peu de bacon et l’addition augmente encore.

 

Une bonne partie de l’eau consommée sur notre planète entre dans la production alimentaire. D’après les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il faut 135 litres d’eau pour produire un œuf, 40 litres pour une tranche de pain et 65 litres pour 100 grammes de fruits et légumes. Pour élever des poulets ou faire pousser du blé, des fruits ou des légumes, on a besoin d’eau, mais pas autant que pour élever des vaches ou des porcs. Il faut compter 208 litres d’eau pour produire un verre de lait et 2 182 litres pour une livre de viande de porc. C’est ce rapport entre l’eau et la sécurité alimentaire qui constitue le thème de la Journée mondiale de l’eau 2012.

La Journée mondiale de l’eau est une manifestation organisée le 22 mars de chaque année pour attirer l’attention de la planète sur l’eau, sa mise en valeur et sa conservation. Cette année, le thème retenu à l’échelon international est le suivant : « L’eau et la sécurité alimentaire – La planète a soif car le monde a faim ». Pour l’Océanie, il se décline comme suit : « Sécurité hydrique et sécurité alimentaire : même combat ».

Il existe une relation directe entre la sécurité hydrique et la sécurité alimentaire en Océanie. Les ressources en eau des pays insulaires océaniens sont particulièrement fragiles, du fait des multiples utilisations du sol, de la faible superficie des territoires, de l'absence de réservoirs naturels de stockage de l'eau et de leur vulnérabilité aux aléas naturels.

Sur les atolls, où les ressources hydriques sont limitées et les sols peu fertiles, une bonne part des fruits et des légumes doit être importée, ce qui en renchérit le coût et compromet donc la sécurité alimentaire. Comme on a pu le constater récemment à Tuvalu, il suffit de brèves périodes de sécheresse pour restreindre l’approvisionnement en eau et en denrées alimentaires. Mais l’excès d’eau n’est pas non plus une bonne chose. Les crues qui ont touché récemment les Fidji ont inondé les terres agricoles, détruit les cultures, menacé le bétail et emporté la couche de sol arable.

L’augmentation de la variabilité et des changements climatiques risque de faire peser une menace supplémentaire sur la sécurité alimentaire. L’allongement des épisodes de sécheresse, l’aggravation des crues, l’intrusion d’eau salée et l’intensification des cyclones pourraient remettre en cause la capacité des populations insulaires à produire leur propre nourriture.

Dans toute l’Océanie, on constate également qu’une mauvaise gestion des sols, une augmentation de l’érosion due à une exploitation destructrice des forêts, l’abus d’engrais et la pollution provoquée par les fosses sceptiques provoquent la mort des récifs frangeants : il y donc moins de poisson disponible pour nourrir les populations.

Pour Jimmie Rodgers, Directeur général de la Communauté du Pacifique (CPS), bien que des progrès sensibles aient été accomplis ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la gestion de l’eau et de l’assainissement dans l’ensemble de la région et permettre à l’Océanie de disposer d’eau en quantité suffisante pour la production alimentaire, l’environnement, le développement et la consommation humaine.

 « La conservation et la gestion des bassins versants et des eaux souterraines, ainsi que la collecte et le stockage des eaux pluviales revêtent une importance critique pour les pays insulaires membres de la CPS, en particulier, si l’on veut pérenniser les zones d’implantation humaine et garantir la sécurité alimentaire, notamment sur les petites îles », explique Jimmie Rodgers. « Cependant, par le passé nous nous sommes heurtés à nombre d’obstacles : insuffisance de la qualité et de la quantité des ressources d’eau douce, absence d’installations d’assainissement dignes de ce nom et capacités limitées pour gérer ces questions. »

 « À l’échelon national, on trouve souvent une multitude d’organismes chargés de l’eau, et la gestion fragmentée de la ressource est aggravée par l’absence de politique générale, une législation dépassée et la faiblesse des capacités administratives », ajoute-t-il. « La CPS s’efforce de remédier à cette situation et nous avons la chance de compter parmi nos agents des spécialistes de multiples disciplines, qu’il s’agisse de l’eau et de l’assainissement, de la gestion des catastrophes, de la pêche, des ressources terrestres, du changement climatique ou encore du développement humain, et qui sont en mesure d’apporter aux pays membres l’aide dont ils ont besoin. »

Le Département eau et assainissement de la Division SOPAC (Division géosciences et technologies appliquées) de la CPS travaille avec les autorités des pays océaniens à la mise en place de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), afin d’améliorer les politiques nationales de l’eau et de l’assainissement. En outre, la CPS mène actuellement dans 12 pays des projets témoins de GIRE financés par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), afin de faire la preuve des avantages présentés par une approche intégrée de la gestion de l’eau et de l’assainissement.

Dave Hebblethwaite, Conseiller en GIRE à la CPS, déclare que, malgré les obstacles considérables auxquels ils se heurtent, les pays de la région enregistrent des progrès certains dans l’intégration de la gestion des ressources en eau.

« Nauru par exemple a pris des mesures concrètes, puisque tous les services de l’État se sont regroupés pour travailler à l’élaboration d’une politique et de plans visant à garantir l’approvisionnement en eau du pays », explique Dave Hebblethwaite. « Des pays tels que les Fidji font de grandes avancées dans le rapprochement de la gestion de l’eau et des sols, avec des initiatives telles que le Comité du bassin versant de la Nadi et l’excellent travail accompli pour améliorer la capacité d’adaptation aux inondations. »

« On constate également que certains pays décident de coopérer et de collaborer à l’échelon régional. Ainsi, les dirigeants des pays de Micronésie comparent leurs pratiques respectives et insistent sur l’importance du dossier de l’eau et de l’assainissement pour le développement et la bonne santé économique de leurs pays. »

D’après Vinesh Kumar, Directeur du projet témoin de GIRE financé par le FEM aux Fidji, le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de l’eau est tout particulièrement d’actualité dans son pays.

« Beaucoup d’agriculteurs fidjiens sont conscients de la relation qui existe entre l’eau et l’alimentation. Chaque année, ils doivent faire face à des aléas naturels, tels que les inondations, la sécheresse et les cyclones », précise Vinesh Kumar. « Si l’on veut qu’il y ait suffisamment d’eau pour la production alimentaire, pour des secteurs d’activité tels que le tourisme et pour l’environnement, il faut adopter l’approche “de la montagne au récif” et renforcer l’intégration de la gestion de nos ressources hydriques. »

« L’eau est l’affaire de tous. Cette année, nous allons par exemple planter des arbres pour montrer qu’une bonne gestion des sols est l’une des nombreuses solutions envisageables pour protéger nos ressources en eau dans l’intérêt de tous les usagers et pour améliorer la sécurité alimentaire. »

En cette Journée mondiale de l’eau, nous sommes tous invités à réfléchir à notre consommation d’eau au quotidien et à toutes les actions qui pourraient être menées à chacune des étapes de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation, pour économiser l’eau et assurer la sécurité alimentaire de tous.
    




Pour plus d’informations, veuillez vous adresser à :
Alisi Tuqa à Nouméa (pour Jimmie Rodgers) – Portable : (+687) 805 621 ou courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Dave Hebblethwaite, aux Fidji – Portable : (+679) 9983 059 ou courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
N’hésitez pas à consulter le site Internet de la CPS : www.spc.int

 
   

 

 

 

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