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31 mai 2012, Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS), Nouméa, Nouvelle-Calédonie
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée le jeudi 31 mai, le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) se joint à l’appel mondial pour combattre « l’ingérence de l’industrie du tabac » dans les politiques de lutte antitabac menées aux échelons international et national, thème choisi pour cette année 2012.
L’accent est en effet mis sur la nécessité de dénoncer et de contrecarrer les agissements éhontés et toujours plus agressifs de l’industrie du tabac visant à porter atteinte à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
Jeanie McKenzie, Conseillère en maladies non transmissibles de la CPS, explique : « Les industriels du tabac ne cessent d’essayer de contrecarrer les efforts déployés aux échelons international et national en vue de réduire la mortalité et la morbidité liées au tabagisme. Ils cherchent à porter atteinte à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac et empiètent sur le droit des pays océaniens d’élaborer des politiques de santé publique ainsi que des lois antitabac drastiques. »
« Les cigarettiers tentent d’assouplir les lois nationales antitabac, notamment en ce qui concerne l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés et l’interdiction de la publicité, de la promotion et du parrainage. Ils s’efforcent de contrer les politiques relatives à la taxation des produits du tabac et d’empêcher l’introduction de mises en garde graphiques sur les paquets de cigarettes distribués dans la région océanienne. Dans certains pays, ils tentent d’imposer des accords visant à plafonner la hausse des taxes sur les produits du tabac. »
Parmi les autres manœuvres employées par l’industrie du tabac pour freiner les progrès en matière de lutte antitabac, citons : la « responsabilité sociale » endossée par les entreprises et les partenariats en faveur de la lutte antitabac noués avec les pouvoirs publics, les tentatives de suppression et d’assouplissement des politiques ayant une réelle incidence sur les ventes de produits du tabac, le financement des partis politiques et les pressions exercées sur les politiciens, la manipulation des médias en raison du doute semé sur les travaux scientifiques, le financement des programmes et des instituts de recherche, la constitution d’associations-écrans (par ex., associations de défense des droits des fumeurs ou des intérêts des débitants de tabac), le recours à la philanthropie pour gagner la faveur du public et acquérir une respectabilité sociale, la promotion de stratégies inefficaces, telles que les programmes de prévention du tabagisme chez les jeunes, et les poursuites judiciaires engagées afin de remettre en cause les lois et d’intimider les gouvernements.
Et Jeanie McKenzie d’ajouter : « Il existe un conflit fondamental et insoluble entre les intérêts de l’industrie du tabac et ceux des politiques de santé publique. Les États Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac doivent être vigilants face aux efforts de l’industrie du tabac visant à saper ou à dénaturer leurs politiques de santé publique, et protéger ces politiques des intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac, conformément à leur législation nationale. »
En collaboration avec les partenaires du projet, l’Alliance pour la Convention-cadre, Allen & Clarke, Policy and Regulatory Specialists Ltd. (Nouvelle-Zélande) et l’Université d’Auckland (de concert avec l’Université nationale des Fidji), la CPS œuvrera aux côtés de trois pays insulaires qui bénéficient de la première subvention accordée au Pacifique par l’Initiative Bloomberg. Elle est axée sur l’application de l’article 5.3 de la Convention-cadre pour la lutte antitabac. Les trois pays choisis pour lancer ce projet sont les Îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu.
Aux termes de certaines recommandations clés pour l’application de l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, les Parties :
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devraient limiter les interactions avec l’industrie du tabac et garantir la transparence de celles qui ont lieu ;
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devraient rejeter les partenariats et ne devraient ni accepter, ni soutenir, ni agréer un code de conduite volontaire ou un instrument proposé par l’industrie du tabac en remplacement des mesures de lutte antitabac légalement applicables (législation ou politique antitabac) ;
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devraient dénormaliser et réglementer les activités décrites comme « socialement responsables » par l’industrie du tabac, notamment mais pas exclusivement les activités décrites comme « responsabilité sociale des entreprises » ;
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ne devraient ni accepter, ni soutenir, ni agréer l’organisation, la promotion ou la prise par l’industrie du tabac, d’initiatives concernant les jeunes ;
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devraient établir des règles et des codes de conduite clairs concernant les conflits d’intérêts chez les responsables officiels et les employés de l’État chargés de la lutte antitabac ;
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devraient refuser les versements, dons et services, en espèces ou en nature, et le financement de travaux de recherche proposés par l’industrie du tabac à des institutions publiques, des responsables officiels ou des employés de l’État ;
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devraient exiger des candidats à des postes de fonctionnaires jouant un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de santé publique concernant la lutte antitabac qu’ils déclarent tout travail actuel ou antérieur avec l’industrie du tabac, dans un but lucratif ou non ;
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devraient exiger des fonctionnaires qu’ils déclarent leurs intérêts directs dans l’industrie du tabac et qu’ils s’en séparent ;
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devraient disposer de mesures efficaces pour interdire à l’industrie du tabac ou à une entité qui s’attache à promouvoir ses intérêts de verser des contributions à des partis, candidats ou campagnes politiques, ou exiger que les détails de ces contributions soient intégralement divulgués ;
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ne devraient pas accorder d’incitations aux industriels du tabac pour la mise en place ou la poursuite de leurs activités, ni de traitement préférentiel, ou investir dans l’industrie du tabac et dans des secteurs apparentés.
Cette année, Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS, rappelant la campagne de publicité de Virginia Slims qui s’appuyait sur le slogan "You’ve come a long way, baby" (« Tu as fait du chemin, ma jolie ! »), a retourné cet argument contre les industriels du tabac. « Nous avons fait du chemin », leur a-t-elle rétorqué, en les qualifiant de « tyrans » et en ajoutant : « Nous ne devons pas nous laisser intimider par les menaces de l’industrie du tabac. »
« Le tabagisme est l’une des principales causes de décès évitables. Si nous n’agissons pas, le nombre des victimes du tabac pourrait atteindre 8 millions d’ici à 2030, dont plus de 80 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. »
Cette Journée mondiale sans tabac est l’occasion pour la CPS d’inviter tous les gouvernements à protéger leurs politiques de santé publique de toute ingérence de l’industrie du tabac, comme le prévoit la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
Pour toute information complémentaire, veuillez vous adresser à Jeanie McKenzie, Conseillère en maladies non transmissibles, Programme océanien de lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) « 2–1–22 », Divisions santé publique, Secrétariat général de la Communauté du Pacifique, par courriel à :
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