Lifuka (Tonga) en première ligne dans l’étude des effets du changement climatique sur les petites îles

Nukualofa, vendredi 16 mars 2012 –

Quels vont être les effets concrets du changement climatique sur la vie des habitants des petites îles et que peuvent-ils faire pour s’y adapter ? Le projet actuellement mené sur l’île de Lifuka, dans l’archipel des Ha’apai aux Tonga, va justement tenter de répondre à ces questions et d’aider ainsi les habitants du Pacifique et du reste du monde à se préparer à l’évolution du climat.

 

Organisé dans le cadre du Programme d’assistance à l’élaboration de la stratégie d’adaptation en Océanie (PASAP), ce projet a pour objectif d’évaluer la vulnérabilité de Lifuka face à l’élévation du niveau de la mer, ainsi que sa stratégie d’adaptation. Piloté par les pouvoirs publics tongiens, le projet bénéficie de l’assistance du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) et du Fonds de développement communautaire des Tonga (TCDT).


Fuka Kitekei’aho, Coordonnateur national du programme PASAP, explique que l’île de Lifuka a été choisie parce qu’elle a déjà fait l’expérience de l’élévation du niveau de la mer en mai 2006, à la suite d’un tremblement de terre.


« Il s’agissait d’un séisme de magnitude 7,9 environ sur l’échelle de Richter, qui a entraîné un affaissement du sol de 23 cm sur la côte ouest de l’île », raconte-t-il. « Au cours des quatre dernières années, les trois kilomètres de côte où se situent le port, des zones de peuplement et l’hôpital de l’île ont subi une forte érosion. »


« Ce que nous apprendrons des conséquences de l’élévation du niveau de la mer provoquée par ce tremblement de terre nous permettra à nous, ainsi qu’à d’autres, de mieux nous adapter à la montée des eaux résultant du changement climatique. »


Au cours des décennies à venir, l’élévation du niveau de la mer risque d’occasionner des dégâts supplémentaires et d’avoir des répercussions sur la santé, l’approvisionnement en denrées alimentaires et la sécurité hydrique. Le Programme PASAP a pour objectif d’élaborer une stratégie d’adaptation à l’élévation du niveau de la mer annoncée par les experts, ainsi qu’aux autres retombées du changement climatique.


« Toute stratégie d’adaptation au changement climatique doit s’appuyer sur des données scientifiques relatives aux phénomènes côtiers et environnementaux, tout en étant à l’écoute des besoins et des priorités des populations », affirme Fuka Kitekei’aho. « Nous avons déjà entrepris de recueillir des données géologiques, qu’il s’agisse de la mise en évidence des principales zones à risque, de l’étude des secteurs sujets aux inondations ou de l’examen des eaux souterraines de l’île. »


Emeli Esau, du TCDT, mène depuis deux semaines des consultations participatives avec les habitants de Lifuka. Elle explique que, pour être efficaces et pérennes, les stratégies d’adaptation au changement climatique doivent bénéficier de la participation des populations, qui doivent aussi se les approprier.


 « Une fois que nous aurons une idée précise des effets potentiels du changement climatique, il nous faudra travailler avec les populations pour déterminer quelles sont, selon elles, les stratégies adaptées », déclare Emeli Esau. « Il faut que nous sachions ce qui compte pour les gens, quels sont les effets socio économiques du changement, et quelles sont les solutions d’adaptation qui leur paraissent les plus judicieuses. »


 « À la fin du projet, il devrait y avoir sur l’île plusieurs personnes disposant des compétences et des équipements simples leur permettant d’évaluer elles-mêmes leur vulnérabilité et de décider des mesures à prendre face à la montée des eaux », ajoute Emeli Esau.


Au cours des deux semaines à venir, une équipe de la CPS va réaliser une enquête auprès des ménages de Lifuka.


« L’équipe va demander aux gens où ils se procurent leur eau de boisson, si les choses ont changé à cause des inondations d’eau salée, à quoi ils utilisent l’eau et en quelle quantité », explique Fuka Kitekei’aho. « Il s’agit pour nous de déterminer quel a été l’impact sur ces familles des catastrophes naturelles, des inondations côtières et de l’érosion, et de voir comment elles font face à ces changements. »


Jimmie Rodgers, Directeur général de la CPS, explique que le projet est l’un des premiers du genre en Océanie et que les enseignements qui en seront tirés auront un intérêt de portée générale.


« L’Océanie est en première ligne dans l’étude des retombées possibles du changement climatique sur notre planète ; les enseignements du projet ainsi que les solutions choisies par les populations pour s’adapter au changement climatique contribueront à l’élaboration des stratégies adoptées ensuite tant à l’échelon régional que mondial », explique Jimmie Rodgers. « La CPS a la chance de disposer non seulement de la capacité de réaliser les études géoscientifiques indispensables à la compréhension des phénomènes physiques mis en jeu, mais aussi celle d’analyser, grâce à son Département développement humain, la façon dont les communautés et les sociétés vont s’adapter, en fonction des valeurs et des priorités qui leur sont propres. »


Le projet mené à Lifuka par les autorités tongiennes, dans le cadre du Programme PASAP, est animé par le Ministère de l’environnement et du changement climatique ; le Département développement humain et la Division géosciences et technologies appliquées (SOPAC) de la CPS contribuent par ailleurs à la gestion et à l’exécution des activités. Quant à la Fondation TCDT, elle réalise un travail de proximité à Lifuka, où elle organise des consultations citoyennes.


Financé par l’Australie, le Programme PASAP a pour vocation d’aider un certain nombre de pays océaniens ainsi que le Timor-Leste à renforcer leurs capacités d’évaluation de leur vulnérabilité face au changement climatique, et à se doter de stratégies d’adaptation fondées sur des données factuelles.



Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec :
Fuka Kitekei’aho, Coordonnateur national du Programme PASAP aux Tonga. Tél. : (+676) 775 3087 ; courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Tiy Chung, Conseiller en communication de la Division SOPAC (aux Fidji). Tél. : (+679) 998 7586 ; courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Alisi Tuqa (à Nouméa pour Jimmie Rodgers), portable : (+687) 805 621 ; courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

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