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La notion de sexe renvoie aux caractéristiques biologiques qui font d’un être humain un homme ou une femme. Il arrive que certaines personnes naissent avec des caractéristiques biologiques masculines et féminines (on parle alors d’« hermaphrodisme »), mais la majorité des êtres humains naissent homme ou femme sans que leur statut biologique se modifie par la suite. La notion de sexe est universelle, en ce sens qu’elle ne dépend ni du lieu, ni du moment de la naissance. Les caractéristiques biologiques masculines et féminines restent les mêmes quelle que soit la région du monde ou la période historique.
Les sexospécificités désignent l’ensemble des concepts socio-culturels associés au fait d’être homme ou femme, en d’autres termes les rôles qu’ils sont censés jouer, leurs relations, leurs comportements, leurs valeurs, leurs rapports de pouvoir et leur influence ou place relative dans la société. Contrairement à la notion de sexe, les sexospécificités ne sont pas définies par la biologie ou par la nature. Il s’agit de concepts acquis qui varient suivant les cultures et les sociétés, et qui peuvent également évoluer dans le temps.
La notion de discrimination sexuelle vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes et les hommes, quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine.
L’égalité des sexes est réalisée quand tous les êtres humains, quel que soit leur sexe, jouissent des mêmes droits, ont les mêmes responsabilités et les mêmes possibilités, tout en étant égaux en droit et dans les faits, aussi bien dans la sphère publique que dans leur vie privée. Pour ce faire, il convient de prendre en compte, d’apprécier et de favoriser de façon égale les priorités, situations, aspirations et besoins respectifs des femmes et des hommes. Cela ne signifie pas que les femmes et les hommes doivent devenir identiques, mais que leurs droits, leurs responsabilités et les possibilités qui leur sont offertes ne doivent pas dépendre de ce qu’ils sont nés homme ou femme. Il arrive que l’égalité des sexes impose une différence de traitement entre les hommes et les femmes, en faisant par exemple bénéficier ces dernières d’un traitement de faveur pour contrecarrer et éliminer des pratiques discriminatoires historiques ou persistantes.
L’analyse comparée hommes-femmes consiste à procéder à un examen systématique des intérêts, priorités, expériences et besoins respectifs des hommes et des femmes, et de l’incidence distincte qu’ont sur eux la législation, les politiques, les programmes, les coutumes, les pratiques et le développement. Il s’agit d’une analyse sociale d’un type particulier qui impose de réunir des données ventilées par sexe et des informations détaillées propres à l’un et l’autre sexe dans la population concernée. Pour intégrer une dimension de parité dans toute problématique sociale ou projet de développement, il importe de mener à bien une analyse comparée hommes-femmes à toutes les étapes du processus et d’en appliquer les résultats.
La prise en compte systématique des sexospécificités, c’est une attention constante prêtée aux besoins des deux sexes dans la formulation des politiques, la planification, l’élaboration de programmes d’action et de budgets à tous les niveaux, afin de combattre les inégalités existant entre les hommes et les femmes, les garçons et les filles. Cela implique de faire des besoins, des préoccupations et des expériences des femmes autant que des hommes une partie intégrante de la conception, de l’élaboration, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des lois, politiques et programmes dans tous les domaines de la vie politique, économique, culturelle et sociale, afin de garantir la promotion et le respect de l’égalité des hommes et des femmes. Prendre en compte les sexospécificités, c’est reconnaître que l’égalité des sexes ne relève pas uniquement d’un groupe de spécialistes en marge du processus de développement, mais que c’est bel et bien l’affaire de tous ceux qui travaillent au cœur même du développement ou dans le cadre de projets juridiques, sociaux et techniques.
Les besoins sexospécifiques pratiques sont des besoins définis par les femmes et les hommes dans le cadre du rôle qui leur est dicté par la société, et qui présentent un caractère d’urgence pour les intéressés. Il s’agit généralement de problèmes liés à leurs conditions de vie, comme l’approvisionnement en eau, l’accès aux soins et l’emploi. Ces revendications ne remettent pas en cause la division sexuelle du travail et la position d’infériorité sociale généralement dévolue à la femme. La satisfaction des besoins sexospécifiques pratiques relève généralement d’une approche à court terme : elle est souvent nécessaire, mais risque néanmoins de ne pas s’inscrire dans la durée faute de prendre également en compte les intérêts sexospécifiques stratégiques (voir ci-après).
Les intérêts sexospécifiques stratégiques sont définis par les femmes ou les hommes comme essentiels pour éliminer la discrimination sexuelle et réaliser l’égalité entre les sexes. En général ils remettent en question la division sexuelle du travail et du pouvoir ainsi que les normes et les rôles traditionnellement dévolus aux hommes et aux femmes. Ces intérêts varient souvent suivant le contexte et peuvent englober les droits juridiques, la protection contre la violence conjugale, la participation à la prise de décisions, l’égalité d’accès aux débouchés économiques et aux ressources, ainsi que le renforcement du droit des femmes à disposer de leur corps.
Les projets de type Intégration des femmes au développement (IFD) ont vu le jour quand les praticiens du secteur ont constaté que la contribution des femmes n’était pas prise en compte et que les actions de développement n’obtenaient pas les résultats escomptés, en particulier pour les femmes. Les projets IFD ont donc été conçus pour impliquer les femmes en tant que participantes actives et bénéficiaires de l’aide et des initiatives de développement.
L’intégration des sexospécificités au développement constitue le stade actuel de l’évolution de la théorie du développement; cette notion a vu le jour quand il est apparu clairement que les projets IFD ne provoquaient toujours pas de changements mesurables et durables dans la vie et le statut social des femmes. Plutôt que de se demander comment les femmes peuvent être « incorporées » dans les actions de développement existantes, cette approche met l’accent sur la dynamique des relations entre les hommes et les femmes, et notamment sur les forces socio-économiques, politiques et culturelles qui définissent leurs interactions sociales, ainsi que sur leur manière respective de participer à un projet, d’en contrôler les ressources et les activités et d’en tirer des bénéfices. Cette dynamique et ces différences de comportement sont prises en compte à toutes les étapes des projets de développement (conception, mise en œuvre, suivi et évaluation) pour faire en sorte que femmes et hommes soient vraiment, et à part égale, les acteurs et les bénéficiaires du développement.
Les lois, politiques, programmes ou projets qui ont un effet négatif sous l’angle des sexospécificités renforcent les inégalités existant entre hommes et femmes, tout en œuvrant pour le développement.
Les lois, politiques, programmes ou projets sous l’angle des sexospécificités neutres ne renforcent ni ne combattent les inégalités existant entre les sexes.
Les lois, politiques, programmes ou projets intégrant les sexospécificités tiennent compte des inégalités existant entre les sexes et tentent d’y remédier.
Les lois, politiques, programmes ou projets qui ont un effet positif sous l’angle des sexospécificités ou qui conduisent au changement redéfinissent les relations et les rôles stéréotypés des hommes et des femmes afin de contribuer à instaurer l’égalité des sexes. |