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Surveillance & Réponse à la grippe pandémique A(H1N1) 2009 dans
les États et Territoires insulaires océaniens
Les
centres de traitement de la grippe en Nouvelle-Calédonie
Martine Noel
Surveillance
de la grippe A (H1N1) à Palau, Mai–Septembre 2009
Laura McDonald
La
grippe
H1N1 on Guam
Annakutty
Mathew and Robert L. Haddock
Tokelau
–
Aucun cas de grippe A (H1N1) n'a été déclaré
Lee
Pearce
Situation
épidémiologique de la grippe A (H1N1) pdm en Polynésie française –
Point au 21 octobre 2009
Henri-Pierre Mallet, Elise Daudens, Antonio Chee-Ayee, Hervé
Vergeaud, Eddy Frogier, Jean-Paul Pescheux, Bernard Le, Stéphane
Laster
Description
de l'épidémie de grippe A (H1N1) sur l'île de Moorea de août à
octobre 2009
Philippe Biarez
Bilan
des mesures prises au centre pénitentiaire de Nuutania (Tahiti)
dans le cadre de l’épidémie de grippe A (H1N1) pdm 2009 (septembre
2009)
Hervé
Vergeaud, Elise Daudens, Martine Boisson,
Eric Duverger

Rapport sur la situation de la
grippe H1N1 2009 au Samoa
25 août 2009
Surveillance
des syndromes grippaux et de la grippe pandémique A (H1N1) aux
Îles Salomon -
Situation au 11 octobre 2009 -
Holland Teika et Chris Bishop

Surveillance des maladies transmissibles aux
Îles Salomon -
Allison Sio et Chris
Bishop

Décès parmi les cas confirmés de grippe
pandémique H1N1 (2009) dans les États et Territoires insulaires
océaniens, 2009
Jennie Musto Jacob Kool, Boris Pavlin, Christelle Lepers
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La grippe pandémique A (H1N1) 2009: leçons et
vigilance!
Finalement, la pandémie est arrivée.
Elle était aussi attendue que redoutée. On tremblait devant une
mutation de la grippe aviaire H5N1 quelque part en Asie, où les
dernières pandémies ont probablement commencé. Mais non, la pandémie
a commencé au Mexique et s’est vite propagée aux Etats-Unis
d’Amérique. Presque par ironie pour ce pays riche, bien préparé et
référence connue en surveillance et lutte contre les maladies!
Vu son mélange génétique, on l’a d’abord
surnommée « grippe porcine », malgré qu’elle n’ait été détectée dans
aucun porc auparavant. Depuis, ces animaux ont été infectés ici et
là par les humains. Cela n’a pas empêché certains pays et personnes
de prendre ce nom inapproprié trop à la lettre et de s’en prendre à
ce malheureux animal et à son commerce.
Au début, on la soupçonnait sévère,
comme toute maladie émergente, les cas graves ayant été les premiers
détectés. Mais elle semble avoir une sévérité modérée, atténuée par
les activités de riposte préparées ces dernières années par les
différents pays.
Elle se comporte néanmoins comme une
grippe pandémique dans la mesure où elle élimine les grippes
saisonnières sur son passage, atteint en général des groupes d’âge
plus jeunes, frappe plus durement des populations autochtones
souvent défavorisées et envoie à l’hôpital ou à la morgue des
personnes sans aucun facteur de risque.
Beaucoup d’Etats et territoires de la
région ont essayé de retarder |
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son entrée par des contrôles aux frontières. Peut-être ont-ils
réussi pendant quelques semaines. Difficile à dire, notamment parce
que la définition de cas initiale pour la détection des malades
infectés ne couvrait souvent pas les cas consécutifs à une
transmission locale. La grippe a quand même fini par investir la
place avec une bonne épidémie et, malheureusement, quelques décès.
On se retrouve actuellement avec un taux
de mortalité rapporté bas pour la région océanienne (0,002 ‰). La
question se pose de savoir si tous les cas de décès dus à la grippe
ont bien été détectés. Même si seule la moitié des décès par la
grippe pandémique a été rapportée, le taux de mortalité reste
néanmoins très faible pour cette première vague. Il serait malgré
tout intéressant de voir la magnitude des décès non attribués à la
grippe et de les analyser.
Cette pandémie nous donne l’occasion
unique d’un exercice en temps réel de notre préparation des années
précédentes. Elle a entre autres permis d’en démontrer les points
faibles, notamment en ce qui concerne: les tests de laboratoires —
problèmes qualitatifs pour les tests rapides, limitation des
quantités d’échantillons analysables pour la PCR et un peu des deux
(problèmes qualitatifs et quantitatifs) pour l’immunofluorescence
(IF) — ainsi que les difficultés et coûts d’envoi aux laboratoires
de référence pour certains pays, l’état de préparation des secteurs
autres que ceux de la santé, la communication de messages appropriés
aux divers groupes de population afin de les inciter à changer
certains de leurs comportements, et l’état d’épuisement de certains
groupes de travailleurs de la santé face au travail engendré par la
pandémie.
De fait, les tests rapides n’ont jamais
été excellents et ont, dans la région, toujours été conseillés
plutôt pour des activités de surveillance des populations ou de
détection de flambées: des personnes multiples correspondant à une
définition de cas sont testées, et les chances d’avoir un ou
plusieurs résultats positifs sont plus grandes en cas d’infection.
Mais jamais pour essayer de confirmer des rares cas individuels — et
ce pour quelque test rapide que ce soit. C’est pourtant ce qui a été
fait au début de la pandémie, quand les pays étaient indemnes et
voulaient s’assurer que des cas symptomatiques importés étaient ou
n’étaient pas infectés.
La qualité des échantillons reste elle
aussi primordiale: ils doivent être bien prélevés, au niveau du
nasopharynx, et conservés de façon adéquate s’ils ne sont pas soumis
au test tout de suite. Il semble que le laboratoire de Wallis a
réussi à avoir d’excellents résultats avec les tests rapides en
respectant bien les procédures de qualité.
Des problèmes similaires se posent aussi
pour l’IF. Bien que plus sensible en général que les tests rapides,
elle dépend également de la qualité des échantillons, nécessite une
bonne expérience de la lecture des lames en IF et requiert plus de
temps de travail.
La PCR, méthode la plus sensible et de
référence, est, tout comme l’IF, demandeuse en expertise et en
temps, et la quantité des échantillons qui peuvent être analysés
journellement est limitée.
La préparation et la riposte des
secteurs autres que ceux de la santé ont été variables, surtout
quand on s’est rendu compte que ce n’était pas une grippe très
différente des grippes « normales »: cette riposte est restée le
privilège et le fardeau de la santé.
La communication a utilisé quelques
canaux existants, mais de nombreuses populations, soit isolées, soit
ayant leurs propres caractéristiques culturelles, auraient sans
doute bénéficié de messages plus précis et mieux adaptés. Il est
malheureusement difficile de dire ce qui a porté ses fruits dans les
différents exercices de communication, et ce qui a échoué.
Quoiqu’il en soit, beaucoup sont
fatigués d’entendre parler de cette grippe pandémique, mais l’on ne
sait pas ce que l’avenir nous réserve: une bonne surprise serait la
suppression définitive par cette grippe des autres grippes
saisonnières, ou alors qu’elle devienne moins sévère, ou encore
qu’elle reste sensible au traitement par les inhibiteurs de la
neuraminidase. Les mauvais scénarios sont hélas eux aussi possibles:
augmentation de la virulence par mutation ou réassemblage génétique,
par exemple avec les virus H5N1, très redoutée par certains
spécialistes de la grippe car pouvant donner naissance à un virus
tueur, résistance accrue à tous les antiviraux ou encore dérive
rapide du virus rendant les vaccins existants peu efficaces.
La plupart des États et territoires ont
subi la 1re vague pandémique, mais il reste suffisamment de
personnes qui n’ont pas été affectées par la grippe — et donc
susceptibles de nourrir une 2e vague dans la région.
Il y a ainsi de bonnes raisons
d’analyser les charges de travail des différents groupes de
travailleurs de la santé, d’identifier les points de surcharge
factuels ou potentiels nécessitant un renfort de main-d’œuvre ou une
solution gestionnaire et essayer de mettre en place une meilleure
répartition des tâches — pour cette pandémie grippale ou pour toute
autre épidémie.
La vaccination, qui a commencé un peu
partout avec pour cible les groupes prioritaires, est notre outil de
prévention le plus efficace. Même si elle risque de ne pas couvrir
toute la population, elle permettra d’éviter les dégâts et, si elle
atteint ses objectifs, de limiter l’impact de la pandémie. Elle peut
aussi s’avérer moins efficace si le virus évolue rapidement et
échappe à l’immunité croissante de la population.
En conclusion, ce n’est pas fini, la
pandémie circule, et le virus peut évoluer sans que nous puissions
le prédire davantage. Autant de raisons d’être bien préparés et
vigilants, et de s’assurer que les phases du plan de préparation
contre une pandémie sévère sont opérationnelles en cas de nécessité.
Tom Kiedrzynski
Épidémiologiste, CPS
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Félicitations et remerciements pour un remarquable
partage d’expériences et d’information
Nous félicitons et remercions
vivement nos nombreux collègues en provenance de Guam,
Palau, Polynésie française,
Nouvelle-Calédonie, Îles Salomon, Samoa et Tokelau,
qui ont alimenté les colonnes de ce numéro fort intéressant
et riche en expériences de terrain. Nous pensons consacrer
un nouveau numéro à la pandémie et souhaitons inviter tous
les autres États et territoires insulaires océaniens à
partager leurs propres expériences avec leurs collègues du
Réseau océanien de surveillance de la santé publique (ROSSP).
Afin de conserver l’authenticité
des contributions et de montrer la réalité, nous n’avons pas
uniformisé l’appellation de la grippe pandémique A (H1N1)
2009. Ainsi vous trouverez différentes appellations dans les
articles: grippe pandémique A(H1N1) 2009, grippe H1N1,
grippe A (H1N1) pdm, grippe H1N1 (grippe porcine), etc. Ces
différences reflètent en quelque sorte la nouveauté et
l’évolution de cette pandémie.
La rédaction
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