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POURQUOI
LA SURVEILLANCE DE LA SANTE PUBLIQUE ?
D'après:
Patel MS. Formation en santé publique axée sur la pratique
professionnelle. Un modèle pour améliorer la surveillance de la santé
publique dans le Pacifique. Rapport adressé au Secrétariat de la
Communauté du Pacifique & au Réseau océanien de surveillance de la
santé publique, octobre 1998.
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Chaque
pays doit disposer de moyens permanents de mesure et d'analyse de l'état
de santé de sa population. Il compte pour cela sur la surveillance
de la santé publique.
Celle-ci est définie comme l'ensemble des activités permanentes et
systématiques de collecte, de collationnement, d'analyse et
d'interprétation des données sanitaires et la diffusion des informations
dérivées de ces données aux responsables de la prévention et de la
lutte sanitaires. Cette diffusion vise à susciter des réponses aux
problèmes de santé et à utiliser l'information aux fins de
planification, de mise en oeuvre et d'évaluation des programmes et
politiques de prévention et de lutte sanitaires. Pour être utile,
l'information doit être d'actualité, particulièrement dans le cadre de
la surveillance et de la lutte contre les maladies transmissibles (voir
figure 1).
Figure 1-
Roue
de la surveillance
La
surveillance s'avère donc un outil d'évaluation et de suivi de l'état
de santé des populations, qui nous indique où se manifestent les problèmes
de santé, qui est touché et vers quels secteurs les actions de prévention
et de lutte doivent s'orienter. Elle nous aide à définir les priorités
des programmes et politiques de santé publique et à en évaluer
l'efficacité.
Les
personnels de santé sont habitués à un modèle qui consiste à offrir
des soins cliniques à des individus nécessitant une attention médicale,
c'est-à-dire les aspects diagnostic et thérapie de la pratique clinique.
On pourrait présenter le concept de surveillance de la santé publique en
termes analogues, avec néanmoins une différence de taille, à savoir que
les gens viennent se faire soigner parce qu'ils sont malades, alors qu'il
incombe au système de santé publique de définir les moyens permettant
d'identifier les problèmes méritant l'attention de la collectivité.
De
même que les médecins fondent leur diagnostic sur des signes et des
symptômes et traitent leurs patients de manière individuelle, les spécialistes
de santé publique utilisent la surveillance pour évaluer les besoins
sanitaires de la collectivité et y répondre (Tableau 1).
Tableau 1 -
Utilisation de la surveillance par les praticiens de santé publique et
analogies avec la façon dont les médecins utilisent les signes et
symptômes
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LES
MÉDECINS UTILISENT SIGNES ET SYMPTÔMES |
LES
PRATICIENS DE SANTÉ PUBLIQUE UTILISENT LES DONNÉES DE SURVEILLANCE |
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Évaluer
l'état de santé d'un patient |
Évaluer
l'état de santé de la collectivité |
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Diagnostiquer
la nature et la gravité de la maladie |
Diagnostiquer
la nature et l'importance des évènements et expériences néfastes
pour la santé de la collectivité, par exemple morbidité,
mortalité, nutrition et facteurs liés au mode de vie |
|
Décider
du bien-fondé d'analyses complémentaires (analyses biologiques,
radiographies) pour confirmer le diagnostic ou étudier le problème
plus finement |
Décider
du bien-fondé d'enquêtes épidémiologiques complémentaires (enquêtes
auprès des communautés, contrôle des cas témoins, ou études de
cohortes) pour confirmer le problème ou l'étudier plus finement |
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Déterminer
si un traitement s'impose |
Déterminer
s'il y a lieu d'engager des interventions de santé publique |
|
Évaluer
la réponse au traitement |
Évaluer
la réponse aux interventions |
Un
service clinique doit pouvoir compter sur des médecins compétents dans
la pratique clinique. Ceux-ci doivent être en mesure d'assimiler les
informations provenant du patient ou d'autres sources (biologistes,
radiologues, diététiciens, kinésithérapeutes), puis d'en faire la
synthèse, de dresser un diagnostic du problème, d'élaborer un programme
thérapeutique et d'en assurer l'évaluation.
Si
le clinicien n'est pas compétent, l'évaluation de l'état de santé du
patient et son traitement risquent d'être erronés, voire néfastes.
De
la même manière, un service de santé publique doit reposer sur des
praticiens compétents en matière de surveillance et capables d'assimiler
et de synthétiser des données provenant de sources multiples (personnels
médicaux et paramédicaux, registres de l'État civil, démographes, systèmes
d'information sanitaire, nutritionnistes, éducateurs sanitaires, agents
de promotion de la santé) et de les traduire en interventions, programmes
et politiques de santé publique.
Faute
de praticiens à même de gérer un système de surveillance de la santé
publique, l'évaluation de l'état de santé des populations sera de piètre
qualité, voire trompeuse, et les interventions de santé publique qui en
découleraient pourraient faire plus de tort que de bien. En l'absence de
données de surveillance fiables, l'affectation des maigres ressources
sanitaires, qui ne cessent de s'amenuiser, sera vraisemblablement déterminée
en premier lieu par les intérêts particuliers d'autres protagonistes et
non par les besoins de la collectivité.
La
surveillance de la santé publique ne se limite donc pas à la collecte et
à la transmission de données sanitaires. C'est un système qui permet le
recueil et la synthèse de données provenant de sources multiples au sein
de la collectivité et du secteur de la santé et facilite la définition
des cibles et objectifs sanitaires nationaux et leur pleine satisfaction.
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