La lutte contre les MNT nécessite une énergie nouvelle et des efforts supplémentaires

Nouméa

J’ai récemment participé à la rencontre d’un groupe d’experts internationaux organisée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève afin d’évaluer les progrès réalisés par la communauté internationale en matière de lutte contre les impacts des maladies non transmissibles (MNT) après les réunions de haut niveau placées sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) qui ont eu lieu en 2011 et 2014.  Ces discussions se tiennent en vue de la troisième réunion de haut niveau qui sera organisée à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018.

Cette dynamique est amplifiée par la prochaine conférence pour favoriser la cohérence des politiques en vue de lutter contre les MNT, organisée par le Président de l’Uruguay à Montevideo (Uruguay).

La cible 3.4 des Objectifs de développement durable (ODD) est la suivante : « D’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être ».
De manière générale, on estime que les progrès réalisés en matière de prévention des MNT et de lutte contre ces maladies sont insuffisants et inégaux.  Entre 2000 et 2015, dans le monde, les décès prématurés dus aux maladies cardiovasculaires, aux cancers, au diabète et aux pneumopathies chroniques ont diminué de 17 %.  Les pays en développement, quant à eux, ont enregistré une baisse faible, voire nulle.

Les engagements pris lors des réunions de haut niveau organisées par l’ONU en 2011 et 2014 n’ont dans l’ensemble pas été respectés, et des obstacles importants freinent les avancées dans ce domaine.  Les principaux obstacles sont les suivants :

  • instabilité de la volonté politique et refus de prendre des mesures conformes aux déclarations mondiales et régionales ;
  • insatisfaction des besoins et des demandes d’assistance technique des États membres ;
  • défaillance des systèmes de santé ;
  • financement inadapté ;
  • déterminants commerciaux importants ;
  • cadres de suivi lourds et contraignants.

L’Océanie, quant à elle, fait figure de pionnière à l’échelle mondiale, à bien des égards.  Le principal instrument stratégique orientant les actions des petits États insulaires est la Feuille de route régionale relative aux MNT.  Elle a été rédigée par la Communauté du Pacifique (CPS), l’OMS, la Banque mondiale, le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT) et le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce (MFAT), puis approuvée par les ministres de la Santé et les ministres des Finances en 2014.  La Feuille de route contient des interventions clés qui ont fait la preuve de leur efficacité dans la prévention des MNT et la lutte contre ces maladies, notamment les mesures suivantes :

  1. renforcer la lutte antitabac, notamment en augmentant les droits d’accise sur le tabac de sorte qu’ils représentent au moins 70 % du prix de détail ;
  2. réduire la consommation de produits alimentaires et de boissons directement responsables de l’obésité, des maladies cardiovasculaires et du diabète, par exemple les boissons sucrées ou les aliments salés et gras ;
  3. améliorer l’efficacité et l’impact du secteur de la santé en matière de prévention et de traitement précoce ;
  4. renforcer le suivi et l’évaluation des activités.

La mise en œuvre effective des recommandations figurant dans cette Feuille de route constitue le plus sûr moyen d’« inverser » la courbe des coûts associés au traitement des MNT. Les stratégies qui y sont présentées sont réalisables et abordables, mais leur concrétisation exige une volonté politique forte.

Tous les États et Territoires insulaires océaniens ont désormais augmenté les taxes sur le tabac, et beaucoup ont mis en place des taxes sur les boissons sucrées et les produits alimentaires néfastes pour la santé.
Les premiers résultats sont d’ores et déjà visibles : on a notamment constaté une diminution du tabagisme au Samoa.

Les ministres de la Santé des pays océaniens se réuniront de nouveau à Rarotonga en août 2017.  L’examen des activités liées aux MNT constituera un point important de l’ordre du jour.
L’Océanie demeure pionnière dans certains domaines de la prévention des MNT et de la lutte contre ces maladies.

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