Sécurité alimentaire et nutritionnelle

Nouméa

Au sein du CePaCT, dans les locaux de la CPS aux Fidji Photo: Communauté du Pacifique

Conserver les ressources phytogénétiques en Océanie

La Communauté du Pacifi que (CPS) contribue depuis plus de vingt ans à la préservation de la sécurité alimentaire de
la région par le biais de son Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique (CePaCT). Ce centre rassemble plus de
2 000 variétés de cultures essentielles du Pacifique – bananier, arbre à pain, manioc, taro des marais, taro et igname. Il abrite la plus grande collection de variétés de taros au monde, composée en grande partie de cultures asiatiques et océaniennes.

Depuis 2012, le Centre a distribué plus de 70 000 plantules issues de la culture tissulaire à 51 pays, dont 22 États et Territoires insulaires océaniens, afin d’assurer la conservation et la valorisation des ressources génétiques océaniennes, en donnant notamment accès aux cultivateurs à différentes variétés traditionnelles et améliorées choisies pour leurs caractéristiques spécifiques.

La flambée de flétrissure des feuilles de taro qui, en 1993, a décimé la principale culture vivrière et d’exportation du Samoa, le taro, «a été, en fait, un mal pour un bien, car c’est de cette crise alimentaire qu’est née l’idée du CePaCT, grâce à la clairvoyance de la CPS et au précieux soutien de ses pays membres », a fait remarquer Jan Helsen, Directeur de la Division ressources terrestres de la CPS.

En 2001, le CePaCT a créé, avec le soutien de plusieurs partenaires, le programme d’amélioration génétique du taro afi n de
répondre à la crise samoane. À l’aide de nouveaux gènes de taro importés d’Asie et d’autres pays océaniens, le Centre utilise la
biotechnologie pour obtenir de nouvelles variétés de taro qui résistent à la flétrissure des feuilles de taro.

« Ainsi, 24 ans après la crise alimentaire qu’a connue le Samoa, 21 ans après la naissance du CePaCT et 16 ans après la mise en place du programme d’amélioration génétique du taro, la production du tubercule préféré du Samoa s’est non seulement entièrement remise, mais elle connaît un nouvel essor sur les marchés d’exportation », a indiqué M. Helsen, qui attribue cette évolution aux nouvelles lignées de taro obtenues grâce au programme.

Ces nouvelles variétés de taros cultivées dans la banque phytogénétique de pointe de la CPS basée aux Fidji se retrouvent désormais aux quatre coins du monde – en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et aux Caraïbes – ce qui permet à ces régions de gérer elles aussi l’épidémie de fl étrissure des feuilles de taro.

Le CePaCT a effi cacement mis la biotechnologie au service de la conservation de variétés alimentaires primordiales pour la région. Il est désormais également en mesure de tester les phytovirus et, ainsi, de ne distribuer que du matériel végétal sain.

Actuellement, le CePaCT est capable de procéder à l’indexage viral de cinq grandes cultures, à savoir le chou kanak, la banane, la patate douce, le taro et l’igname. Par ailleurs, suite au passage du cyclone Winston aux Fidji et du cyclone Pam à Vanuatu, le CePaCT a contribué aux eff orts de riposte en distribuant des plants aux communautés sinistrées.

Les activités menées par le Centre placent la CPS en première ligne pour la conservation, dans de bonnes conditions de sécurité, des principales cultures de base de ses membres. Elles garantissent en outre aux membres de l’Organisation et à d’autres pays de la planète un accès à long terme à une diversité de cultures.

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