Projet CPS-UE REFOREST : Atelier national pour la lutte contre l’incendie dans les zones boisées et rurales des Fidji, 23-24 novembre 2017

Sigatoka

RELEVÉ DE CONCLUSIONS

Un atelier de deux jours s’est tenu à Sigatoka (Fidji) les 23 et 24 novembre 2017 afin de jeter les bases de la future stratégie nationale de lutte contre l’incendie dans les zones boisées et rurales des Fidji. C’est M. Inia Seruiratu, porte-drapeau de l’action climatique aux Fidji et ministre de l’Agriculture, du Développement rural et maritime, de la Gestion des catastrophes et de la Météorologie, qui a déclaré ouverte la réunion. L’atelier, pensé comme un espace de collaboration, était axé sur l’information, le renforcement des connaissances et le partage des données d’expérience sur les forêts et les incendies. Il s’adressait à une large coalition rassemblant des représentants et parties prenantes de l’exécutif fidjien, du ministère de l’Agriculture, du secteur de la foresterie, du tourisme, et de différentes institutions, parties prenantes et populations locales.

Les travaux se sont articulés autour d’un document thématique rédigé par une équipe technique de l’Institut des forestiers d’Australie et de son antenne « Forestiers sans frontières », qui s’est également chargée d’animer la consultation. L’atelier était organisé par l’équipe du projet REFOREST Fidji, financé à hauteur de 22 millions de dollars fidjiens par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par la Communauté du Pacifique (CPS).

Au programme des deux journées d’atelier figurait également une visite dans les plantations forestières des sociétés Fiji Pine Limited et Eltech Limited à Nabou, ce qui a permis aux participants de voir sur le terrain les effets du feu et d’entamer la discussion à ce sujet.

Au cours de séances plénières et de séances en groupes de travail, les participants ont examiné les enjeux actuels et futurs entourant la lutte contre les feux de forêt et les incendies en milieu rural, recensé et hiérarchisé les solutions à mettre en place, discuté des contours de la stratégie nationale de lutte contre l’incendie dans les zones boisées et rurales et approuvé la marche à suivre pour l’élaboration du texte. L’atelier s’est achevé sur une table ronde consacrée aux prochaines étapes à suivre, au cours de laquelle les institutions chefs de file ont présenté leurs engagements et leurs contributions particulières à la future élaboration et mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre l’incendie dans les zones boisées et rurales des Fidji.

Les participants à l’atelier :

  1. saluent le rôle joué par les Fidji à la présidence de la COP23, la Conférence sur le climat, qui s’est tenue à Bonn en novembre 2017 et, en particulier, se félicitent des éloquentes déclarations prononcées par les Fidji en faveur d’une réduction des émissions de dioxyde de carbone, aux Fidji et à l’échelle mondiale.
  2. se félicitent de l’engagement pris par le ministre de l’Agriculture des Fidji d’inclure le secteur de la foresterie dans la contribution déterminée au niveau national (CDN) du pays en 2018.
  3. notent que l’emploi non autorisé et intempestif du feu aux Fidji a des conséquences à la fois sur les forêts indigènes et sur les plantations, et contribue aux émissions de gaz à effet de serre du pays.
  4. notent avec inquiétude que la disparition des surfaces boisées détruites par les incendies induit une érosion de la biodiversité des sols et des espèces qui y vivent, accélère la perte des sols, contribuant à l’envasement et à l’assèchement de certains cours d’eau, et conduit à la pollution des voies navigables, à l’intensification de la sédimentation en aval dans les zones de faible altitude, à la dégradation des paysages et à la réduction de la fertilité des sols.
  5. soulignent que le recours fréquent au brûlis a des conséquences néfastes sur le plan socioéconomique et sanitaire, et qu’à l’avenir, les retombées s’en feront sentir dans les secteurs fidjiens du tourisme, de la foresterie et de l’agriculture, l’impact étant particulièrement marqué pour le secteur de la canne à sucre et les communautés qui en vivent.
  6. conviennent qu’outre les dégâts causés par le feu, la hausse des inondations dans les zones basses a des effets négatifs sur le milieu marin, où s’observe le phénomène d’envasement, et détruit les systèmes récifaux.
  7. conviennent qu’il faut améliorer la coordination et la collaboration entre toutes les parties prenantes et que les hauts responsables doivent s’emparer de cet enjeu à tous les niveaux.
  8. notent qu’une politique de gestion avisée de l’environnement, déclinée en actions d’éducation et d’information sur le brûlage indiscriminé, doit être défendue auprès des propriétaires fonciers, de la jeune génération, des populations locales et de toutes les parties prenantes.
  9. prennent par ailleurs note du plan de développement national et de la politique nationale d’action climatique des Fidji, qui renvoient, pour le premier, à la neutralité carbone, à la résilience climatique et à l’inclusivité du développement socioéconomique et, pour la seconde, aux initiatives en faveur de l’atténuation des changements représentant la contribution des Fidji aux efforts mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  10. s’engagent à prendre des mesures concrètes, sous la houlette du gouvernement fidjien et au sein d’une large coalition fédérant des organisations, institutions et communautés engagées, en vue de l’élaboration d’une stratégie de lutte contre l’incendie dans les zones boisées et rurales des Fidji, notant que l’application réussie de la stratégie sera fonction de la lisibilité de cette dernière, des moyens qui lui sont consacrés, et des modalités de planification, de mise en œuvre, de suivi-évaluation et de rapport qui l’accompagnent.
  11. conviennent de la création d’un groupe spécial, dont les travaux seront pilotés par le ministère de l’Agriculture et le ministère des Forêts et menés avec le soutien de la Communauté du Pacifique et en collaboration avec des représentants du Bureau du Premier ministre (MOSI/voies navigables), du ministère des Affaires iTaukei, de la Fiji Sugar Corporation, du conseil des cultivateurs de canne à sucre, de Fiji Pine Limited, des services de police, du ministère du Développement rural et maritime, du service météorologique, du service national d’incendie et des organisations communautaires, en vue de la poursuite des consultations avec les populations locales et de la présentation d’un projet de texte, d’ici au mois de mars 2018, aux ministres des Forêts et de l’Agriculture, qui se chargeront ensuite de le soumettre à l’appareil gouvernemental.
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