Rendez-vous à Rome

Nouméa

Vue de la place Saint-Pierre, au Vatican. Photo de DAVID ILIFF

La 23e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 23), qui place les enjeux du changement climatique sur le devant de la scène internationale, se tient cette semaine. La présidence en étant assurée par les Fidji, les dirigeants océaniens se voient offrir l’occasion rare de mettre en avant notre situation ainsi que les recherches et autres activités innovantes menées dans notre région.

Dans le cadre de ces efforts, j’ai eu l’honneur et le privilège de rencontrer Sa Sainteté, le pape François, au Vatican, à Rome, en compagnie de dirigeants océaniens. Le pape est depuis longtemps un fervent défenseur de l’action mondiale contre le changement climatique, présentant la question comme un impératif moral indépendant de toute religion pour chaque citoyen de notre planète.

Pacific leaders with Pope FrancisDirigeants du Pacifique avec le pape François

En 2015, le pape a publié une encyclique intitulée Laudato Si (Loué sois-tu) consacrée à la sauvegarde de notre maison commune. Ce texte plaidait avec éloquence en faveur de la protection des droits de l’homme, de la durabilité environnementale et de la place centrale occupée par les citoyens dans le débat actuel sur le changement climatique. Le pape y affirmait que les dimensions sociales, morales et éthiques de la question étaient tout aussi importantes que ses aspects scientifiques et techniques.

Je partage entièrement cette position. La défense d’une action efficace contre le changement climatique va bien au-delà des arguments scientifiques et techniques en sa faveur. Les groupes les plus vulnérables de la population mondiale souffrent de ses effets, et la responsabilité morale qui nous incombe de nous soucier tout particulièrement de ces groupes est claire.

Les dirigeants océaniens ont été impressionnés par l’encyclique et, comme la COP 23 devait braquer le projecteur sur la région, ils ont convenu de solliciter le soutien du souverain pontife et de son autorité morale pour contribuer à la démultiplication des efforts de plaidoyer des pays océaniens.

Je pense que tous les dirigeants océaniens qui étaient présents ont été satisfaits de l’intérêt affiché par le pape dans la déclaration qu’il a faite lors de notre rencontre. Nous avons tous eu le sentiment qu’il comprenait pleinement nos préoccupations et continuerait de présenter le changement climatique comme une priorité mondiale.

Avant notre audience avec le pape, nous avons rencontré le président de la République italienne, Sergio Mattarella. L’Italie soutient très clairement l’Accord de Paris et la nécessité de poursuivre les efforts de réduction des gaz à effet de serre. Un engagement aussi fort de la part de grandes nations du G20, telles que l’Italie, est rassurant, à la lumière notamment de la décision prise récemment par les États-Unis de se retirer de cet accord.

Enfin, les dirigeants océaniens ont rencontré le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva, ainsi que des membres haut placés de l’organisation, afin d’évoquer les défis à relever pour garantir la sécurité alimentaire face aux effets négatifs des changements climatiques sur les ressources marines et terrestres. Compte tenu de l’importance de l’océan comme source protéique pour les populations océaniennes, les discussions ont porté sur le contrôle des activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ainsi que sur la protection du milieu océanique. La prévalence des maladies non transmissibles (MNT) provoquée par la hausse de la consommation de produits alimentaires importés et très transformés a aussi été largement abordée.

La Communauté du Pacifique (CPS) s’emploie en permanence à trouver des solutions efficaces et efficientes pour partager l’information et les ressources avec ses partenaires. En conséquence, j’ai été ravi de clore la réunion avec la FAO en m’engageant à préparer une lettre d’accord entre la CPS et la FAO sur les domaines d’action se prêtant à une collaboration.

Les dirigeants océaniens vont entamer l’année 2018 avec un programme extrêmement ambitieux pour l’action climatique dans la région. Je suis toutefois certain que, forts de nos solides relations avec nos alliés, de partenariats efficaces et d’une voix unifiée, nous assisterons à de grands progrès.

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