Tant que nous ne parlerons pas, la situation ne s’améliorera pas ...

Suva

Le harcèlement sexuel : des femmes racontent

image : Le harcèlement sexuel : des femmes racontent

J’ai 46ans, je suis océanienne, et je travaille pour une grosse organisation d’aide au développement. Mon métier m’amène à voyager fréquemment dans le Pacifique pour participer à des réunions et à des conférences.

Il m’est arrivé de subir des comportements d’un goût douteux de la part de certains collègues et homologues hommes: allusions sexuelles, courriers électroniques déplacés, pelotage. Je n’ai jamais voulu en faire toute une histoire et je n’ai jamais déposé plainte, mais j’ai toujours fait clairement comprendre à ces hommes que leur comportement était totalement inacceptable. En règle générale, ça suffit pour qu’ils arrêtent de m’importuner.

J’ai récemment participé à une conférence sur le changement climatique, et un des délégués, qui avait beaucoup bu lors du cocktail de clôture, m’a fait des avances sexuelles que je n’avais pas sollicitées; il m’a invitée à le rejoindre dans sa chambre pour prendre un verre, ce que j’ai refusé, en lui montrant mon alliance. Apparemment, il avait oublié qu’il en portait une, lui aussi…

Vers 11 heures du soir, il s’est mis à tambouriner sur la porte de ma chambre d’hôtel. Je n’ai pas répondu et j’ai appelé la réception pour leur demander d’envoyer un agent de sécurité, qui l’a fait partir. Je dois dire que ça m’a un peu secouée et que je n’ai pas très bien dormi cette nuit-là. Le lendemain matin, alors que j’allais quitter l’hôtel, je suis tombée sur le délégué en question, et il a fait comme si de rien n’était, en passant à côté de moi sans un regard. Ça m’a vraiment mise en colère. Cette fois, j’ai décidé d’en parler à mon organisation, qui a enregistré ma plainte. J’espère que les autres employées de l’organisation qui vont devoir travailler avec cet homme ne seront pas en danger.

Le harcèlement sexuel, ce n’est pas une blague. Tant que nous ne parlerons pas, tant que nous ne déposerons pas plainte et tant que nous ne prendrons pas position, la situation ne s’améliorera pas. Pendant une autre conférence, j’ai vu un de mes collègues harceler une déléguée. Comme il avait beaucoup bu, les gens qui regardaient la scène se sont contentés de rire, et personne ne l’a rappelé à l’ordre. J’ai l’impression que trop d’hommes se sont habitués depuis trop longtemps à reproduire ces comportements qui sont impensables au XXIe siècle. Et tant qu’on ne leur dira pas «stop», ils n’auront aucune raison de changer. C’est trop demander de vouloir être respectée, en tant qu’être humain, par des collègues et par des délégués qui représentent leurs pays?

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