À l’aube d’une nouvelle ère : le parcours d’Arshni pour devenir mentore

Suva

En 2008, en Afrique, un programme de bourses innovant destiné à renforcer le rôle des femmes dans le secteur agricole du continent a été lancé. Depuis, l’action du programme African Women in Agricultural Research and Development (Femmes africaines dans la recherche et le développement agricoles, AWARD) en faveur de la participation des femmes à la recherche agricole a été largement saluée. En février 2018, AWARD a pour la première fois ouvert son emblématique atelier d’orientation sur le mentorat au reste du monde dans le but de favoriser l’apport de connaissances et les échanges d’idées sur le secteur en dehors de l’Afrique. C’est dans ce contexte que deux employées de la Communauté du Pacifique (CPS) ont été sélectionnées pour prendre part à l’atelier.

Travaillant toutes deux au Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique (CePaCT) de la CPS, Arshni Shandil, Technicienne de recherche, et Logotonu Waqainabete, Conservatrice, participent à un programme de deux ans conçu pour renforcer les qualifications et les compétences d’encadrement des femmes dans le secteur agricole. Au cours de la période de mentorat, Mme Waqainabete formera Mme Shandil afin que cette dernière accompagne elle-même par la suite d’autres femmes de la région embrassant une carrière scientifique. La mise en place de pratiques de mentorat bien ancrées aura des retombées positives sur la représentation féminine dans les secteurs de l’agriculture et de la recherche scientifique, et incitera davantage de femmes à rejoindre le cercle toujours plus large des femmes influentes du Pacifique.

Le programme a débuté en février 2018. Arshni et Logotonu ont alors été invitées par AWARD à participer à un atelier d’une semaine au Kenya, au cours duquel elles ont rencontré des participantes venues du monde entier.

Arshni a tiré beaucoup de fierté de son rôle d’ambassadrice de l’Océanie à ce rassemblement de femmes travaillant dans la recherche scientifique. Elle a déclaré être ravie d’être la première boursière océanienne : « En temps normal, je m’intéresse plutôt à l’aspect technique des choses, mais l’atelier AWARD organisé en Afrique m’a donné envie d’en apprendre davantage sur les compétences d’encadrement dans le domaine scientifique. Je veux transmettre mes connaissances aux femmes de la région. »

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Logotonu a, elle aussi, été très stimulée par cette semaine de rencontres, et espère pouvoir créer un programme de bourses destiné aux femmes du Pacifique. Elle est convaincue que la CPS et le Centre australien pour la recherche agricole internationale (ACIAR) seront en mesure de créer un réseau pour la promotion du travail des femmes de la région dans le secteur des sciences et de la recherche. Elle a souligné que l’ACIAR, partenaire clé de la Division ressources terrestres de la CPS, poursuivait les mêmes objectifs et soutenait la participation des deux femmes au programme.

Jan Helsen, Directeur de la Division ressources terrestres, espère quant à lui que la bourse AWARD et un éventuel futur programme « Océaniennes dans la recherche et le développement agricoles » joueront un rôle de catalyseur pour augmenter la participation des femmes dans ces domaines, ce qui améliorera la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde entier.

« C’est le début d’un parcours exaltant vers l’excellence dans le domaine scientifique. En tant que Directeur de la Division ressources terrestres de la Communauté du Pacifique, je pense que la participation d’Arshni à ce programme et l’accompagnement qu’elle pourra proposer à d’autres Océaniennes ouvrent une voie prometteuse vers l’excellence des femmes dans le secteur de l’agronomie, dans le Pacifique et au-delà. La CPS apporte un soutien sans réserve à la libération de ce formidable potentiel », a affirmé M. Helsen.

Jan Helsen

Directeur de la Division ressources terrestres, Communauté du Pacifique (CPS)

Logotonu a été particulièrement impressionnée par la manière dont le programme AWARD attire l’attention sur l’importance des aspects sociaux dans le domaine scientifique, par exemple la nécessité pour la mentore et la personne mentorée d’entretenir de bonnes relations. « Les problèmes entre la mentore et la personne mentorée peuvent être un frein. Il est donc très important de favoriser et de consolider un rapport professionnel et positif », a-t-elle expliqué.

De retour de l’atelier d’orientation sur le mentorat organisé en Afrique, Arshni souhaite désormais obtenir son master en sciences et déposer de nouvelles demandes de financement pour ses recherches à la CPS. Elle devra également travailler pendant une période définie pour une université partenaire du programme AWARD avant de recevoir une attestation officielle de participation.

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Logotonu en est persuadée : il est important d’aider des femmes comme Arshni à développer leurs compétences d’encadrement afin d’inciter d’autres Océaniennes à apporter une contribution scientifique au développement de leur communauté et de leur pays. « Chaque nouvelle mentore océanienne nous aidera à guider et à mobiliser encore plus de femmes de la région », a-t-elle précisé.

« Les Océaniennes peuvent contribuer à un avenir meilleur pour la région, et je suis très fière de participer à ces évolutions », a-t-elle ajouté.

À propos de la CPS:

La CPS est la principale organisation technique et scientifique du Pacifique, soutenant fièrement le développement durable de la région depuis 1947. Organisation intergouvernementale d’aide au développement, elle fait figure de maison commune pour ses 26 États et Territoires membres, qui en assurent la gouvernance.

À propos du programme AWARD:

Le programme African Women in Agricultural Research and Development (AWARD) s’engage en faveur d’une croissance inclusive et axée sur l’agriculture du continent africain, en encourageant la mise en œuvre et la diffusion de projets de recherche et d’innovations agricoles plus sensibles aux questions de genre. Pour AWARD, une « recherche agricole sensible aux questions de genre » doit répondre aux besoins et aux priorités des divers hommes et femmes qui participent à la chaîne de valorisation des produits agricoles à travers l’Afrique. Les données montrent qu’une recherche présentant ces caractéristiques est plus efficace et conduit à des innovations plus inclusives, mieux ciblées, plus pertinentes et au taux d’adoption plus élevé. L’organisation souhaite créer un système d’innovation agricole solide, résilient et sensible aux questions de genre qui favorisera la croissance ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique. Pour atteindre cet objectif, AWARD investit dans la formation de chercheurs africains ainsi que dans les institutions de recherche et les entreprises agroalimentaires à même de proposer des études et des innovations agricoles audacieuses, durables et sensibles aux questions de genre.

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