Les émotions, moteur de changement de comportement dans la lutte contre les MNT

Nouméa

La Division santé publique de la Communauté du pacifique (CPS), en collaboration avec l’Agence de santé de Wallis et Futuna a récemment organisé une session de formation à Wallis dans l’objectif de renforcer les compétences des agents de promotion de la santé de Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Vanuatu concernant l’élaboration et la mise en œuvre d’interventions auprès des communautés.

Cette formation s’inscrit dans la continuité des deux sessions organisées en 2017. Lors de la 1ère rencontre (Nouméa, juin 2017) les participants ont appris à élaborer et administrer un questionnaire pour étudier les modes de vie des populations auprès desquelles ils travaillent au quotidien. En octobre 2017, une 2ème session s’est déroulée à Papeete concernant l’analyse des données récoltées et leur diffusion.

La 3ème session, organisée du 22 au 24 octobre 2018 à Wallis avait pour objectif d’aider les agents à mettre en place des interventions efficaces auprès de la population. En effet, une fois le diagnostic établi, il est temps de passer à l’action et d’accompagner le changement de comportement. Les échanges ainsi que les discussions entre les participants ont démontré une similitude des comportements à risque au sein des populations océaniennes : les légumes sont absents des assiettes et la sédentarité prédominante. Sylvana Tiatoa responsable de la cellule de promotion de la santé des Îles Sous-le-Vent (Polynésie), précise : « en croisant les résultats du questionnaire avec les données recueillies sur la corpulence, je constate que 60% des femmes en surpoids n’aiment pas les légumes et ne pratiquent aucune activité physique. »

Les émotions, moteur de changement

« Les émotions doivent être au cœur des actions menées auprès de la population si l’on veut susciter le changement de comportement » déclare Gwendal Boursicot, formatrice en intelligence émotionnelle et compétences psychosociales. Elle propose d’utiliser des techniques d’animation innovantes basées sur les émotions pour renforcer l’impact des interventions en promotion de la santé. « Au cours de ces 3 jours de formation les participants ont appris à mieux se connaître eux-mêmes pour pouvoir mieux aider et accompagner les autres sur le chemin d’une vie en bonne santé.  Nous avons également longuement parlé de la posture que doit adopter le professionnel de santé: comment mettre en place une écoute active et faire preuve d’empathie. Et enfin, nous avons testé quelques techniques d’animation que les participants pourront ajouter dans leur boite à outils et utiliser au quotidien » précise Solène Bertrand-Protat, conseillère en maladies non transmissibles à la Communauté du Pacifique. Certains exercices ont mis en difficulté le groupe et mis en lumière des maladresses dans les pratiques professionnelles. « Ce n’est pas facile d’écouter sans donner de conseils, j’ai toujours tendance à donner la solution au lieu d’accompagner la communauté à trouver une solution adaptée à sa situation » déclare Aniseta LEILEIVAI, basée à Futuna, soutenue par l’ensemble des participants.

La 4ème et dernière session, prévue au Vanuatu permettra de partager les expériences des participants suite à la mise en place de ces nouvelles méthodes d’intervention ; et d’aborder la thématique de l’évaluation.

Contacts média :
Solène Bertrand-Protat, Conseillère en maladies non transmissibles CPS: [email protected]
Frédéric Ballenegger, Cellule Communication de la CPS, [email protected] +687 87 82 00

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