Les pêcheurs s’adaptent aux effets du changement climatique sur les thonidés

Nouméa

Tarawa, Kiribati. (image: Johann Bell)

Les abondantes ressources thonières du Pacifique occidental et central fournissent 60 % des thonidés pêchés dans le monde. Près de la moitié des captures proviennent des zones économiques exclusives (ZEE) des 22 pays membres de la CPS, qui recouvrent une bonne part de cette grande région océanique.

La gestion de ces ressources par la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC), qui constitue l’organisation régionale de gestion des pêches (ORGP), dépend d’estimations de niveaux de capture permettant d’optimiser les retombées économiques et sociales de la pêche thonière pour les États côtiers et les pays pratiquant la pêche en eaux lointaines, ainsi que de maintenir des limites durables pour l’exploitation des ressources. La bonne nouvelle est que les stocks du Pacifique occidental et central sont en bonne santé.

Cependant, l’étude de l’historique des prises et des épisodes EI Niño et La Niña montre que ces stocks évoluent en fonction de la variation de la température de l’eau.

Les derniers modèles écosystémiques des populations prévoient une baisse importante du nombre de thonidés disponibles (biomasse des thonidés) dans le Pacifique occidental, en raison d’une migration des thons tropicaux vers l’est et d’une certaine baisse de la biomasse globale.

Le changement climatique a des conséquences à l’échelle nationale pour les États côtiers d’Océanie. Le principal facteur est le réchauffement des océans, tandis que leur acidification devrait avoir une incidence plus faible.

En 2017, la CPS a fourni un avis scientifique faisant état d’un changement radical de l’état des populations de thon obèse dans la région. Les nouvelles données résultant d’une évaluation de ces populations ont en effet révélé que les stocks étaient bien plus abondants qu’on ne le pensait.

En 2018, la CPS a modélisé l’écosystème des espèces de thonidés selon différents scénarios climatiques avec, pour la première fois, la prise en compte simultanée des quatre espèces de thonidés. Cette analyse contenait en outre des données intégrant plusieurs disciplines scientifiques, et faisait appel aux techniques de modélisation du changement climatique recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), appliquant ainsi des normes internationales à la région.

Par ailleurs, des conseils sur la modification du format des produits ont été apportés, afin que les membres puissent mieux en comprendre les conséquences. Ce nouvel avis a d’abord été présenté au Comité scientifique de la Commission thonière au mois de juin, puis à l’occasion de plusieurs réunions régionales et infrarégionales, notamment lors du 49e  Sommet du Forum des Îles du Pacifique, et a montré de nouvelles modalités pour peser sur l’évolution de la situation.

Par conséquent, en 2018, les pays ont discuté pour la première fois des conclusions et avis scientifiques de la CPS concernant les effets du changement climatique sur la pêche thonière, y ont réagi et les ont pris en compte. Les pays membres étudient des stratégies d’adaptation et de planification, et se préparent à l’avenir.

Les Fidji et les Tonga ont fait part de leur intention d’utiliser les informations scientifiques fournies pour prendre des décisions concernant le renforcement de la résilience au changement climatique. L’échange entre les pêcheries d’Islande et d’Océanie, organisé au mois d’octobre avec Conservation International, a donné lieu à des débats sur de nouveaux dispositifs de gouvernance de la haute mer dans le Pacifique occidental et central, avec comme point de départ les impacts du changement climatique et les mesures d’adaptation à celui-ci dans l’Arctique. Les Îles Salomon ont d’ores et déjà pris la tête de ce mouvement. Tokelau a rejoint les discussions, en particulier dans le domaine de la viabilité économique.

« La pêche thonière, à l’instar des autres secteurs, n’a pas été épargnée par les effets du changement climatique. Les stocks de thonidés ont déjà été affectés par le changement climatique, et cette incidence ne devrait faire que s’aggraver au cours des décennies à venir. Le changement le plus probable et le plus important pour les pays membres du Forum des Îles du Pacifique est un net décalage vers l’est de la répartition et de l’abondance de la bonite et du thon jaune et, partant, une diminution globale des populations dans le Pacifique occidental et central. Bien entendu, les conséquences ne seront pas les mêmes pour la ZEE de tous les pays membres du Forum et des Territoires océaniens.  » – Feleti Teo, Officier de l’ordre de l’Empire britannique, Directeur exécutif de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC).

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Pêches, Aquaculture et écosystèmes marins
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