La science au cœur de la lutte contre le changement climatique

Nouméa

La science, tout comme l’évaluation et l’examen rigoureux des données, constitue le fondement même de la société moderne. Électricité, exploration spatiale, éradication du virus de la polio, essor d’Internet : le recours à la science et à une démarche scientifique nous a toujours permis de repousser les limites en matière de progrès humain.

Pour relever le défi actuel du changement climatique, nous devons plus que jamais pouvoir compter sur des données et des connaissances scientifiques solides. Malgré les voix discordantes des climatosceptiques, peu nombreux mais bien trop audibles, qui refusent toujours de voir la réalité en face, le constat des chercheurs est sans appel et les données irréfutables : la planète connaît une crise climatique sans précédent. Pour sortir de cette crise, nous devrons nous concerter afin d’investir dans la production et l’utilisation de données, et de tirer pleinement profit de nos communautés scientifiques pour élaborer des politiques d’adaptation et de résilience fondées, non pas sur ce que nous voulons croire, mais sur ce que nous disent les faits.

En juin dernier, j’ai assisté à ma dernière Conférence de la Communauté du Pacifique (CPS) en tant que Directeur général de cette organisation. Si, depuis plus de 70 ans, la CPS effectue un travail technique et scientifique de premier plan dans la région, l’importance de l’Organisation n’a cessé de croître ces dernières années. Le thème très à propos choisi pour cette édition portait sur les sciences océaniques et sur le rôle fondamental qu’elles joueront dans la construction d’un avenir durable.

Pleinement conscients de cette crise, les membres de la CPS ont approuvé, à l’occasion de la Conférence, l’élaboration d’une stratégie régionale de collecte de données et d’informations techniques et scientifiques relatives à l’océan, dans le but de transposer la trame narrative du Pacifique bleu en mesures prises aux échelons local, national et régional, à l’appui d’une gestion durable de l’océan Pacifique. Les ministres ont également accepté que la CPS soit l’organisme responsable du recueil, de la gestion et de l’interprétation des ensembles de données régionaux qui étayeront ces travaux.

Plus important encore, la Conférence a apporté son soutien à deux projets majeurs qui, selon moi, seront essentiels pour notre région : le Centre de la Communauté du Pacifique pour les sciences océaniques (CCPSO) et la Plateforme de données océaniennes.

Le CCPSO rassemble toutes les informations scientifiques produites par la CPS, notamment par la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins et la Division géosciences, énergie et services maritimes. Pour la première fois, nous disposerons d’un service et d’une ressource centralisés consacrés à l’océan Pacifique, qui permettront à nos 26 États et Territoires membres de mieux coordonner leurs efforts dans le domaine des sciences océaniques, en s’appuyant sur l’expérience et les connaissances disponibles dans toute la région.

Quant à la Plateforme de données océaniennes, elle regroupe l’ensemble des données et des informations scientifiques du Pacifique, fournies non seulement par la CPS, mais aussi par des partenaires de l’Organisation et d’autres chercheurs intervenant dans la région. En permettant une consultation simplifiée des données océaniennes, ce point d’accès unique permettra aux scientifiques et aux chercheurs du Pacifique et du monde entier de mieux comprendre notre région, ainsi que son importance dans l’action menée à l’échelle mondiale pour lutter contre le changement climatique. Caractérisées par leur fragmentation, les données sur l’Océanie ont longtemps fait défaut dans les rapports internationaux, une lacune que comblera enfin la Plateforme de données océaniennes.

Le choix de la CPS pour ces projets s’est imposé tout naturellement. En effet, la science est la mission première de l’Organisation ; elle est inscrite dans son ADN. La CPS doit rester un fer de lance régional dans le domaine scientifique, en relayant l’important travail fourni par ses membres, dont elle se fait la porte-parole au niveau mondial, et en fournissant des données fiables et exhaustives pour l’élaboration de politiques concrètes.

Mon mandat à la CPS s’achèvera en fin d’année, mais je ne cesserai pas pour autant de promouvoir l’importance des données scientifiques dans la conception des politiques. J’ai l’insigne honneur d’intégrer prochainement le Conseil international des sciences, où j’aurai l’occasion de partager ma passion et de défendre l’activité scientifique sur la scène mondiale, tout en continuant de me battre pour la placer au cœur de la lutte contre le changement climatique.

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Division
Corporate
Pêches, Aquaculture et écosystèmes marins
Géosciences, énergie et services maritimes
Statistiques pour le développement

Auteur

Dr Colin Tukuitonga

Directeur Général (Nouméa)