Le multilatéralisme en action : le Sommet France-Océanie

Nouméa

La France et le Pacifique se sont réunis le 19 juillet 2021 à l’occasion du 5e Sommet France-Océanie. Organisé par visioconférence en raison de la pandémie de COVID-19 qui sévit actuellement, et coprésidé par Emmanuel Macron, Président de la République française, et Kausea Natano, Premier ministre de Tuvalu (en qualité de Président du Forum des Îles du Pacifique), cet événement portait sur l’exploitation et la gestion durables de l’océan, le changement climatique et la biodiversité, mais aussi la réponse à la pandémie et le relèvement de celle-ci, ainsi que le renforcement de la connectivité, des infrastructures et de la résilience.

On pourrait se demander en quoi un tel sommet est important, ou ce qu’une énième conférence peut bien apporter à un programme international déjà bien chargé.

La réponse est toutefois très claire : le Sommet France-Océanie est un événement unique, car il rassemble des dirigeants de tous les pays insulaires océaniens, avec ceux de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et des collectivités françaises du Pacifique, aux côtés du Président français. C’est la seule réunion de haut niveau organisée régulièrement entre le dernier État membre de l’UE présent en Océanie et les pays du « Pacifique bleu ».

Sa valeur réside dans sa capacité à stimuler un dialogue de fond sur des questions fondamentales non seulement pour la région, mais aussi pour la planète tout entière. Il constitue en outre une plateforme cruciale pour élaborer des positions et une direction communes en vue de grands événements tels que les futures Conférences des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB, COP 15) ou à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC, COP 26), ou encore, si l’on jette un regard en arrière, la préparation et l’organisation de la COP 21, au cours de laquelle l’Accord de Paris a été adopté.

Ce sommet a en outre permis aux participants de réaffirmer leur engagement envers la solidarité, la coopération et le multilatéralisme à l’échelle régionale, afin de relever les défis complexes liés au développement, à la sécurité et à d’autres enjeux dans le Pacifique.

On ne saurait exagérer l’importance d’un tel engagement, à l’heure où, dans le monde comme en Océanie, les bases mêmes du multilatéralisme sont ébranlées, où le régionalisme dans le Pacifique est remis en question, et où l’action collective est plus nécessaire que jamais pour mettre un terme à la dégradation des océans, endiguer la perte de biodiversité, garantir l’exploitation et la gestion durables des ressources naturelles, contenir le réchauffement de la planète à moins de 1,5 °C, faciliter un accès équitable aux vaccins, encourager un relèvement de la pandémie de COVID-19 dans le respect de l’Accord de Paris et renforcer la résilience et la sécurité dans la région (et la liste est encore longue).

Dans ce contexte, les propos de M. Macron, qui a clairement affirmé que la France avait « toujours été aux côtés du Pacifique » pour surmonter les difficultés essentielles en matière de sécurité et de développement, de même que les annonces (de la France, de la Nouvelle-Zélande et d’autres pays) d’une aide supplémentaire pour renforcer la surveillance maritime et accroître le financement de l’action climatique, des solutions fondées sur la nature et de la coopération régionale, se font l’écho des appels formulés par les dirigeants de la région en faveur de la conclusion de partenariats authentiques et d’une plus grande coordination entre les partenaires du développement.

Le Sommet France-Océanie n’est donc pas qu’une conférence de plus. C’est l’illustration du multilatéralisme en action, et un exemple parfait de partenariats réussis pour contribuer à traiter les enjeux régionaux (et mondiaux), mais aussi mieux faire entendre la voix du Pacifique sur les grandes questions de portée internationale.

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Auteur(s)

Cameron Diver

Directeur général adjoint – Opérations et intégration (Nouméa)

M. Cameron Diver a été nommé Directeur général adjoint – opérations et intégration de la Communauté du Pacifique (CPS), à Nouméa.

Cameron Diver a été Directeur général adjoint (Nouméa) de la CPS pendant sept ans. À ce poste, il était responsable des opérations et des divisions de l’Organisation hébergées au siège de la CPS, en Nouvelle-Calédonie, ainsi que du Bureau régional pour la Micronésie et du bureau de liaison européen. Licencié en lettres et en droit de l’Université d’Auckland, il a également obtenu une maîtrise en droit et un diplôme d’études approfondies en droit public et relations internationales à l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Possédant la double nationalité française et néo-zélandaise, M. Diver maîtrise parfaitement les deux langues officielles de la CPS, l’anglais et le français.