Journée mondiale de l’océan 2023 : tenir compte du changement climatique dans la gestion de l’océan pour un Pacifique bleu résilient

Le changement climatique et l’activité humaine exercent d’énormes pressions sur l’océan. Le réchauffement et la désoxygénation de l’océan ainsi que la montée du niveau de la mer ont une incidence sur les conditions physiques et biologiques du milieu océanique, modifiant la composition, la structure spatiale et le fonctionnement d’écosystèmes tout entiers. Les États et Territoires insulaires océaniens, loin de rester les bras croisés face à ces défis, ont notamment mis en place des stratégies de gestion intégrée de l’océan. Ces stratégies abordent l’océan dans sa globalité, en tenant compte de l’interconnexion de tous les aspects de l’écosystème océanique.

 

L’océan est un facteur clé du climat de la Terre. Il recouvre 71 % de la surface de la planète, il absorbe 90 % de l’excédent de chaleur et 30 % du CO2 anthropique, et il offre des moyens de subsistance à des millions de personnes à travers le monde. Mais l’océan est menacé. Certains phénomènes liés au changement climatique, tels que le réchauffement et la désoxygénation de l’océan, ou encore la montée du niveau de la mer, ont une incidence sur les conditions physiques et biologiques du milieu océanique et modifient la composition d’écosystèmes tout entiers.

 

Les États et Territoires insulaires océaniens sont directement concernés par ces défis climatiques. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), c’est dans le Pacifique occidental que le niveau de la mer est monté le plus rapidement entre 1993 et 2015. En outre, les littoraux océaniens pourraient reculer de 40 mètres d’ici à 2050, ce qui mettrait en péril les communautés côtières et leurs moyens de subsistance.

 

 

Pour faire face à ce nouveau paysage océanique et adapter les services liés à l’océan (production vivrière, protection des côtes, séquestration de carbone, tourisme et loisirs) sur lesquels le changement climatique a des répercussions, les États et Territoires insulaires océaniens privilégient des conceptions et une gestion de l’océan adaptées au climat. Dans le cadre de stratégies de gestion intégrée de l’océan, ils appliquent une méthode globale axée sur les écosystèmes et fondée sur les connaissances pour la planification et la gestion de l’utilisation de l’espace océanique aux échelons national et régional.

« Comme il n’est pas possible de sectoriser l’adaptation au changement climatique, il est essentiel que les États et Territoires insulaires océaniens s’emploient à recenser les risques climatiques et développent les sciences océaniques, afin de pouvoir mieux prévoir l’évolution du climat. À titre d’exemple, l’objectif de l’initiative “Solutions océaniennes pour sauver notre océan – Programme de gestion intégrée de l’océan” est que les sciences océaniques puissent être utilisées dans le processus décisionnel et pour anticiper les défis de l’adaptation au changement climatique », explique Hans Wendt, Conseiller en gestion intégrée de l’océan à la Communauté du Pacifique (CPS).

Cette initiative, lancée en 2023, devrait permettre d’élaborer des cadres juridiques et de gouvernance solides pour la mise en œuvre de politiques nationales de gestion de l’océan. Elle devrait également favoriser l’utilisation des sciences océaniques dans la prise de décisions, notamment au travers de l’utilisation de modèles climatiques à plus haute résolution et de la collaboration avec les détenteurs de savoirs traditionnels, dans une démarche visant à recenser les savoirs traditionnels non confidentiels pertinents sur le changement climatique et à les intégrer dans des cadres juridiques ainsi que dans des systèmes et outils d’aide à la décision. Les pays pourront par ailleurs être conseillés quant aux stratégies d’adaptation à adopter pour faire face à la montée du niveau de la mer et mettre en place des infrastructures côtières résilientes, et ils bénéficieront des réflexions menées sur les mesures visant à décarboner le transport maritime et à réduire la pollution causée par ce secteur. Enfin, d’importants outils seront mis à leur disposition pour l’évaluation et l’amélioration de la biodiversité marine.

« Une gestion intégrée des écosystèmes marins exige de disposer de données fiables. La gestion intégrée de l’océan permet également de favoriser l’utilisation des sciences océaniques dans la prise de décision en Océanie. Pour l’instant, l’investissement dans les sciences océaniques pour prévoir l’évolution du climat ne constitue pas une priorité, alors que dans une démarche de gestion intégrée de l’océan, les sciences océaniques sont essentielles pour mieux comprendre et préserver l’océan », explique Pierre-Yves Charpentier, Conseiller en gestion de projet au sein du Centre de la Communauté du Pacifique pour les sciences océaniques (PCCOS).

Depuis 2019, la CPS coordonne les travaux du PCCOS, dont l’objectif est d’aider les autorités et les communautés des pays insulaires océaniens à accéder aux sciences océaniques et à l’expertise dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées et, partant, pour protéger et gérer durablement les ressources de l’océan. Le PCCOS propose des services scientifiques intégrés, à l’interface entre la gestion, la gouvernance et l’observation de l’océan.