Notre avenir dépend de la bonne santé de l’océan

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L’édition 2021 de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) a offert aux dirigeants mondiaux l’occasion de donner suite aux engagements significatifs et urgents pris dans le but de réduire les émissions et de limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels à l’horizon 2050. Les technologies numériques et l’innovation jouent un rôle capital dans le respect de ces engagements.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) met l’accent sur la nécessité d’assurer le transfert de capacités novatrices des pays développés aux pays en développement, dans le but de faire progresser les technologies climatiques. Cet objectif est

particulièrement important en Océanie : en effet, les États et Territoires insulaires océaniens sont situés dans des zones reculées et sont dispersés sur le plan géographique, ce qui complique la mise en œuvre d’activités et d’actions globales de lutte contre le changement climatique.

Malgré ces difficultés, les États et Territoires insulaires océaniens, avec le soutien d’institutions régionales, se transforment en véritables pôles d’innovation pour le déploiement d’outils de pointe au service de l’action climatique. Grâce à un meilleur accès aux financements, aux conseils d’experts et à un appui technique, ces pays peuvent davantage tirer parti des possibilités qui leur sont offertes de bâtir des infrastructures à l’épreuve du changement climatique et résilientes face aux nombreux aléas naturels.

Dans le Pacifique, 45 % des habitants n’ont pas accès à de l’eau salubre et la situation devrait empirer en raison du changement climatique. Afin d’aider certains de ses membres à relever ce défi, la Communauté du Pacifique (CPS) utilise la géophysique aéroportée pour localiser de nouvelles ressources d’eau en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Tuvalu. Cette technique consiste à effectuer des levés de résistivité électromagnétiques sur le terrain ou en hélicoptère pour trouver des ressources d’eau souterraine. La géophysique aéroportée permet également de localiser l’eau salée grâce à des représentations en 2D et en 3D du sol et du sous-sol. À Tuvalu, les résultats ainsi obtenus ont confirmé les connaissances traditionnelles relatives aux sources d’eau douce souterraine. 

Des systèmes de surveillance par satellite se sont également avérés essentiels pour mesurer les changements touchant l’environnement. Depuis quelques décennies, la température de l’eau de mer augmente en Océanie, et la région est de plus en plus souvent le théâtre de tempêtes et d’inondations dévastatrices. Pour aider les communautés à mieux s’adapter à ces difficultés, la CPS a mis en place le portail sur l’océan Pacifique, une plateforme conviviale qui permet de visualiser instantanément des données historiques, en temps réel et prédictives sur l’océan. Quinze États et Territoires insulaires océaniens utilisent la plateforme quotidiennement et ce nombre devrait augmenter à mesure que la technologie se développe.

Digital Earth Pacific est également une infrastructure numérique fondamentale pour la mise en place d’un système opérationnel d’observation de la Terre rassemblant plusieurs décennies de données librement accessibles. Cet outil, en cours de développement, s’appuiera sur l’intelligence artificielle et une immense capacité de traitement dans le cloud pour accéder à des données issues de sources variées, les analyser et les modéliser. L’objectif est que chaque nation du Pacifique ait accès à des données exactes pour pouvoir mieux comprendre les changements qui touchent l’environnement et les populations en Océanie.

Dans le secteur agricole, des plans pour la promotion d’une agriculture intelligente face au climat ont été mis en œuvre à l’échelle régionale. À titre d’exemple, le plan de Nauru en faveur de l’agriculture climato-intelligente 2021–2025 a été élaboré récemment pour privilégier une production alimentaire résiliente sur l’île. Le territoire de ce pays, qui est exploité pour ses réserves de phosphate depuis des années, est aujourd’hui à 80 % inhabitable. Le gouvernement a hissé au rang de priorité la mise en place d’une agriculture durable en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Nauru a entrepris de perfectionner ses techniques de gestion, de diversifier ses systèmes de production agricole, d’introduire des ressources génétiques résilientes (dont certaines sont fournies par le Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique [CePaCT] de la CPS), d’adopter de nouvelles techniques de gestion des sols et de l’eau et de mettre en place un élevage résilient, ouvrant ainsi la voie à une hausse importante de sa productivité agricole à l’horizon 2025.

Il ne s’agit là que de quelques exemples parmi les nombreuses innovations auxquelles travaille actuellement la CPS pour aider la région à faire face au changement climatique. La CPS, en collaboration avec ses partenaires, continuera de soutenir les institutions qui supervisent ces innovations, en veillant à ce que ces dernières soient inclusives et gérées dans le respect des normes de gouvernance les plus strictes.

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Stuart Minchin

Directeur général (Nouméa)

Avant de rejoindre la Communauté du Pacifique (CPS) le 23 janvier 2020 au poste de Directeur général, M. Stuart Minchin dirigeait la Division géosciences de l’environnement de Geoscience Australia, centre d’expertise du Gouvernement australien pour les sciences de la Terre et de l’environnement, où sont également conservées les données, informations et connaissances nationales dans ce domaine. Il a représenté l’Australie lors de grandes réunions internationales, et a en outre assuré les fonctions de délégué principal auprès du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UNGGIM) et du Groupe intergouvernemental sur l’observation de la Terre (GEO).