Des données de qualité pour un Pacifique durable dans l’après-COVID

Nouméa

Les données et statistiques de qualité sont indispensables à la construction de sociétés démocratiques fortes et résilientes. Pour élaborer des politiques et des plans éclairés, il convient de prendre des décisions reposant sur des données empiriques plutôt que sur des opinions ou des éléments anecdotiques. La science et les données factuelles sont le fondement de l’action de la CPS depuis plus de 70 ans. Les données de qualité sont d’autant plus nécessaires que s’affine notre compréhension des complexités du monde toujours plus connecté dans lequel nous vivons.

Pour comprendre les effets positifs que de telles données peuvent avoir sur notre région, il suffit de se tourner vers le domaine de l’éducation. Malgré des besoins clairement identifiés, la région Pacifique n’a pas toujours disposé de données de qualité sur les systèmes éducatifs, ce qui a lourdement pesé sur le développement et le suivi de l’enseignement dans la région. Pour y remédier, le Programme pour l’évaluation et la qualité de l’enseignement (EQAP) de la CPS a concentré ses efforts sur la refonte et l’amélioration des systèmes d’information sur la gestion de l’enseignement.

La tâche a été considérable. La richesse des traditions et des cultures des nations océaniennes fait que chacune aborde l’éducation sous un angle légèrement différent. Néanmoins, pour que les données soient pertinentes, elles doivent être cohérentes et comparables au regard de références communes.

L’une des principales stratégies de l’EQAP a donc été d’aider les États et Territoires insulaires océaniens en appuyant la coordination et la définition d’objectifs uniques de dimension nationale, tout en s’assurant que les bases de données nationales sur l’éducation puissent intégrer des données sur des thématiques communes, en vue de dresser un tableau régional plus complet des tendances, des défis et des perspectives dans ce domaine.

La CPS accorde une grande importance aux partenariats, et cet outil ne fait pas exception à la tradition. L’équipe EQAP a collaboré avec des acteurs de toute la région pour rassembler et trier les informations essentielles qu’il renferme. Cependant, même les meilleures données régionales ne peuvent être pleinement exploitées si elles ne sont pas largement utilisées et partagées, non seulement dans le Pacifique, mais aussi dans le contexte global des connaissances mondiales sur l’éducation. Fort du soutien du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce, le Programme s’est ainsi associé à l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) pour que les données relatives à l’éducation dans le Pacifique puissent être prises en compte dans le débat international sur le sujet.

Point d’orgue de tout ce travail, le rapport 2020 sur l’éducation dans le Pacifique, qui sera publié prochainement, permettra aux pays de la région de mesurer leurs progrès, de recenser des enjeux communs et de définir des solutions innovantes pour atteindre les objectifs ambitieux fixés à l’échelle nationale et régionale en matière d’éducation.

Les données ne se limitent pas à de simples chiffres ou statistiques. Leur collecte, leur organisation et leur analyse fournissent des informations et des éclairages précieux, et favorisent de surcroît la coopération et la communication. Le Pacifique ne pourra pas atteindre ses objectifs de développement durable sans de tels outils, que ce soit dans le domaine des géosciences, des sciences océaniques, des ressources terrestres, de la santé ou de l’éducation.

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Statistiques pour le développement

Auteur(s)

Stuart Minchin

Directeur général (Nouméa)

Avant de rejoindre la Communauté du Pacifique (CPS) le 23 janvier 2020 au poste de Directeur général, M. Stuart Minchin dirigeait la Division géosciences de l’environnement de Geoscience Australia, centre d’expertise du Gouvernement australien pour les sciences de la Terre et de l’environnement, où sont également conservées les données, informations et connaissances nationales dans ce domaine. Il a représenté l’Australie lors de grandes réunions internationales, et a en outre assuré les fonctions de délégué principal auprès du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UNGGIM) et du Groupe intergouvernemental sur l’observation de la Terre (GEO).