La diversité, moteur de l’innovation : il est essentiel de combler les inégalités de genre pour parvenir à un développement durable

 

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Mme Katy Soapi, qui défend l’égalité de genre, aborde la question de la sous-représentation des Océaniennes comme des Océaniens dans le domaine des sciences océaniques.

« Les femmes de notre région sont sous-représentées dans de nombreux domaines touchant aux sciences océaniques, à la technologie, au développement et à l’observation de l’océan », a déclaré Katy Soapi, Coordonnatrice – Partenariats et engagement du Centre de la Communauté du Pacifique pour les sciences océaniques (PCCOS).

 

« Si nous voulons de l’innovation, nous avons besoin de diversité et de nouvelles idées. C’est pourquoi nous avons besoin de femmes dans ce secteur », a expliqué Mme Soapi, ajoutant que les sciences océaniques étaient un domaine dans lequel les Océaniens et les Océaniennes étaient déjà mal représentés, et que ce retard était un frein à l’innovation.

 

« L’égalité de genre est essentielle pour parvenir à un développement durable : la diversité est source d’innovation. »

Mme Soapi plaide en faveur de l’égalité de genre et défend l’idée que les femmes doivent avoir accès aux mêmes chances et à la même représentation que les hommes dans son domaine de travail. Première femme des Îles Salomon à avoir décroché un doctorat en sciences naturelles, elle a été témoin des difficultés rencontrées par les femmes dans le domaine des sciences océaniques, et y a elle-même été confrontée.

« En tant qu’Océaniens et Océaniennes, nous assumons un rôle de gardiens chargés de veiller sur le plus vaste océan du monde. Il constitue notre plus grand atout, notre région étant composée à 98 % de l’océan. Pourtant, d’après le Rapport mondial sur les sciences océaniques 2020, nos capacités en sciences océaniques, autant chez les hommes que chez les femmes, sont parmi les plus faibles du monde. »

Mme Soapi a fait part de ces observations lors d’une séance consacrée au Programme d’insertion des professionnels de l’océan en début de carrière de PCCOS, qui était organisée dans le cadre de l’atelier régional sur la gestion intégrée de l’océan et de la deuxième réunion du Comité directeur pour des solutions océaniennes. L’événement s’est déroulé fin 2024, à l’occasion du 30e anniversaire du Programme d’action océanien en faveur de l’égalité des sexes et des droits fondamentaux des femmes (PPA) et en amont de la soixante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies, tenue en mars 2025.

Améliorer l’égalité de genre dans tous les secteurs, dont les sciences océaniques, et à tous les niveaux de la société est au cœur des objectifs du PPA (approuvé pour la première fois en 1994 et mis à jour depuis). Trente ans plus tard, le PPA continue de servir de guide dans le Pacifique lorsqu’il s’agit de rendre compte des progrès accomplis au regard des engagements pris en faveur de l’égalité de genre. Ce fut le cas notamment lors de la Conférence triennale des femmes du Pacifique, ainsi que lors de la soixante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies, pendant laquelle le Programme d’action de Beijing de 1995 a fait l’objet d’un examen mondial, à l’occasion de son 30e anniversaire.

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Katy Soapi s’exprime dans le cadre d’une séance sur le Programme d’insertion des professionnels de l’océan en début de carrière de PCCOS, lors de l’atelier régional sur la gestion intégrée de l’océan et de la deuxième réunion du Comité directeur pour des solutions océaniennes. 

 

Les préparatifs de la soixante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme des Nations unies et l’évaluation des progrès accomplis dans le Pacifique au regard des objectifs du Programme d’action de Beijing sont également un bon moment pour examiner les difficultés auxquelles les femmes continuent de se heurter, particulièrement dans le secteur de l’océan et de la science.

Les femmes ont un rôle vital à jouer dans les activités liées à l’océan, notamment la pêche, la navigation, la natation, la plongée, la conservation, la recherche scientifique et de nombreuses autres activités scientifiques en lien avec l’océan. Pourtant, souvent, elles ne sont pas associées sur un pied d’égalité à la prise de décision et leurs éclairages et avis sur l’avenir de l’océan ne sont pas recueillis.

« Les rôles traditionnels, qui délimitent ce que les femmes peuvent ou ne peuvent pas faire, et dans quel espace, constituent un obstacle majeur pour les femmes », a expliqué Mme Soapi.

« Par exemple, dans le secteur des pêches, les femmes sont souvent associées aux pêcheries côtières, tandis que les espaces situés au-delà sont généralement considérés comme réservés aux hommes. »

L’égalité de genre et la préservation de l’océan Pacifique sont essentielles pour atteindre les objectifs de développement régionaux et internationaux, tels que ceux définis dans la nouvelle version de la Déclaration des dirigeants du Pacifique pour l’égalité hommes-femmes, la Stratégie pour le Pacifique bleu à l’horizon 2050 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Alors, comment changer les mentalités pour faire en sorte que les femmes bénéficient des mêmes chances que les hommes ?

« Lorsque les femmes ont des moyens d’agir, tout le monde y trouve son compte », a affirmé Mme Soapi.

Selon elle, « nous avons besoin de cadres permettant de favoriser et d’appliquer des méthodes innovantes pour garantir une participation égale et veiller à ce que les systèmes que nous élaborons et co-concevons tiennent compte des difficultés que rencontrent les femmes, aussi bien au travail qu’à la maison ».

« Mener des interventions ciblées (par exemple l’octroi de bourses d’études, des programmes de mentorat ou la création de réseaux de femmes) et lever les obstacles institutionnels et culturels nous aideront également à faire progresser le leadership des femmes dans ces secteurs, à différents niveaux et à différentes échelles », a ajouté Mme Soapi.

Nous sommes à mi-parcours de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable, qui préconise une participation et un accès pleins et égaux des femmes et des filles aux sciences océaniques, afin de lutter contre le déclin de la santé des océans dû aux effets de multiples agressions, comme l’acidification et le blanchissement des coraux.

« Nous avons un besoin urgent de stratégies d’adaptation et de réponses politiques fondées sur la science pour faire face à ces changements. Nous avons besoin de la participation de tous, y compris des femmes, afin de trouver des solutions innovantes et transformatrices à cette crise environnementale », a déclaré Mme Soapi.

« Dans cet esprit, identifions et éliminons les obstacles à l’égalité et à l’équilibre entre les genres, afin que personne ne soit laissé de côté. »

Pour garantir un océan en bonne santé à l’avenir, il est essentiel de prendre en compte des idées et des actions diverses, tant de la part des femmes que des hommes, afin d’élaborer des stratégies futures et d’autonomiser les femmes dans la protection des océans.

 

En savoir plus sur :

  • Pacific Platform for Action (PPA) and its links to regional commitments and partners
  • Le Pacifique, sa PPA et le Programme d’action de Beijing à la CSW69, mars 2025 [page en construction]
     
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Géosciences, énergie et services maritimes
Pacific Community Centre for Ocean Science (PCCOS)

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