Lancement d'un guichet unique pour les données océaniennes : blog de Jonathan Kings et Stuart Minchin

Nouméa

Il n’est pas facile de trouver des données et des statistiques sur le Pacifique, à moins de savoir où chercher ou à condition que ces données soient les vôtres. Souvent, ces informations peuvent être morcelées, et il n’est pas aisé de comparer les résultats concrets issus de recherches, de projets ou d’actions liées au développement menés par d’autres personnes. Cette problématique existe depuis déjà longtemps et beaucoup d’entre nous se sont employés à y trouver une solution.

La Nouvelle-Zélande réfléchit à des projets de plateforme de données depuis déjà un certain temps, et lorsque l’idée de la Plateforme de données océaniennes a commencé à se concrétiser, ce pays a apporté son soutien financier à la Communauté du Pacifique (CPS) pour que le projet devienne réalité. La CPS était déjà dépositaire d’une grande partie des données rassemblées dans la région. Désormais, la Plateforme de données océaniennes rend ces informations accessibles et transparentes.

Un accès facile aux données et aux statistiques n’est pas seulement l’ambition d’un petit groupe de grandes nations de la région, mais plutôt une réalité pour de nombreux pays océaniens, indépendamment de leur taille. La Plateforme de données océaniennes est conçue de manière à permettre aux pays de la région de détenir les données et d’y accéder comme si elles leur appartenaient. Cette plateforme numérique permet à n’importe quel gouvernement, bailleur de fonds, université ou acteur de la communauté de stocker des données fiables et de qualité, ainsi que d’y avoir accès. Elle garantit et encourage l’accès aux données, facilitant ainsi une prise de décisions davantage fondée sur des données factuelles, et, en définitive, améliorant les effets obtenus à long terme.

La Plateforme de données océaniennes se décline en cinq éléments, conçus dans un souci de fonctionnalité et de facilité de consultation : le catalogue de données contient le plus grand référentiel central de données et de publications de la région ; le tableau de bord des ODD renferme les données propres à chaque pays sur les 132 indicateurs régionaux de développement durable sélectionnés par la région ; PDH.stat est un explorateur de données portant sur les indicateurs nationaux de développement et les statistiques officielles. Cela comprend également le suivi de l'impact de la COVID-19 sur les principaux indicateurs économiques issus des données des gouvernements océaniens ; la bibliothèque de microdonnées est une passerelle d’accès aux enquêtes et recensements de la région ainsi qu’aux documents et microdonnées émanant des administrations du Pacifique ; et, enfin, PacificMap est un explorateur de données spatiales permettant de visualiser les données géographiques de 22 États et Territoires océaniens, qui a déjà fait ses preuves au cours des deux grandes crises que la région vient de traverser, à savoir le cyclone tropical Harold et la pandémie de COVID-19.

En temps de crise, l’accès aux données spatiales peut favoriser une riposte rapide en déterminant l’endroit où les équipes de secours et d’intervention doivent être envoyées. Suite au passage du cyclone tropical Harold et au déclenchement de la pandémie de COVID-19, la carte de la Plateforme de données océaniennes a été utilisée afin de visualiser les contributions apportées par différentes divisions techniques de la CPS. Ces données leur ont permis d’orienter efficacement l’acheminement de l’assistance internationale au développement en fournissant des informations précieuses sur les zones et les populations touchées. Ces cartes ont également aidé les pays océaniens dans leur prise de décision relative à la pandémie en fournissant des données sur la densité de population. Les grilles de population sont présentées par hectare et se basent sur les données de recensement les plus récentes extrapolées, dans la mesure du possible, jusqu’en 2020.

Avec le lancement de la Plateforme de données océaniennes, nous espérons désormais que d’autres se joindront à nous pour alimenter cette base de données. Nous désirons y ajouter des travaux de recherche, des statistiques, des rapports et conclusions de projets pour développer nos connaissances collectives et contribuer ensemble à lutter contre les inégalités dans les domaines socio-économique et sanitaire, les problèmes d’infrastructure, le dépérissement de nos océans, et, bien entendu, le changement climatique.

La Plateforme de données océaniennes a l’ambition d’être un catalyseur du changement quant à la manière dont nous gérons et tirons profit des données ouvertes dans le Pacifique et pour la région. La plateforme données océaniennes compte d’ores et déjà plus de 5000 ensembles de données et 11 000 publications et elle évolue constamment. Elle fournit une infrastructure de données pérenne et sécurisée qui permettra aux pays de protéger leurs ensembles de données, elle garantit le stockage sécurisé des données issues des projets d’aide et, surtout, elle fournit aux décideurs de la région ainsi qu’à leurs principaux partenaires un accès à ces informations.

Aujourd’hui, les données sont plus importantes que jamais. La crise de la COVID-19 oblige les pouvoirs publics et les partenaires du développement de la région à prendre des décisions difficiles. Cette pandémie impose des restrictions budgétaires pour la mise en place de changements efficaces dans l’ensemble des secteurs. Des systèmes solides de partage de données seront essentiels pour aider les pays à mieux collaborer les uns avec les autres, ils permettront de rationaliser la collecte de données, ce qui peut mettre à rude épreuve les moyens dont disposent les gouvernements de la région, et ils aideront les bailleurs de fonds à travailler aux côtés des organisations multilatérales dans leur réponse aux besoins prioritaires du Pacifique. La Plateforme de données océaniennes est certes un formidable projet, mais c’est surtout une infrastructure vitale pour l’avenir.

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Statistiques pour le développement

Auteur(s)

Jonathan Kings

Deputy Secretary Pacific and Development Group, New Zealand Ministry for Foreign Affairs and Trade (MFAT)

Jonathan Kings is the Deputy Secretary of the Pacific and Development Group which leads an integrated approach to New Zealand’s diplomatic and development engagement with Pacific countries, and manages New Zealand’s development cooperation globally. 

Stuart Minchin

Directeur général (Nouméa)

Avant de rejoindre la Communauté du Pacifique (CPS) le 23 janvier 2020 au poste de Directeur général, M. Stuart Minchin dirigeait la Division géosciences de l’environnement de Geoscience Australia, centre d’expertise du Gouvernement australien pour les sciences de la Terre et de l’environnement, où sont également conservées les données, informations et connaissances nationales dans ce domaine. Il a représenté l’Australie lors de grandes réunions internationales, et a en outre assuré les fonctions de délégué principal auprès du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UNGGIM) et du Groupe intergouvernemental sur l’observation de la Terre (GEO).