Renforcement des interventions en santé publique dans le Pacifique

Nouméa

Depuis sa création il y a 25 ans, le Réseau océanien de surveillance de la santé publique (ROSSP) a fait du renforcement des capacités et des compétences de base en santé publique sa priorité.

Au fil des ans, la Communauté du Pacifique (CPS) et les partenaires du ROSSP ont conçu et mis en place plusieurs cours de formation en épidémiologie de terrain et surveillance de la santé publique au profit de la région.   

 

En 2013, ils ont procédé à une refonte du programme de formation sur l’utilisation des données pour la prise de décision (DDM), rebaptisé Diplôme d’études supérieures en épidémiologie de terrain (PGCFE), afin de mieux répondre aux besoins de formation mis en avant par les ministres de la Santé des pays océaniens.

Le PGCFE fait partie du Programme de renforcement des interventions en santé publique dans le Pacifique (SHIP), qui est l’un des six services proposés par le ROSSP.

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Ce programme unique de renforcement des capacités est accrédité par l’Université nationale des Fidji.

Il repose sur le principe d’apprentissage 'en cours d’emploi, au service de l’emploi.'

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Aujourd’hui, 120 professionnels de santé de 10 États et Territoires insulaires océaniens ont achevé le module PGCFE du programme SHIP et ont mis en place des projets pertinents pour améliorer leur travail au quotidien et renforcer les services de santé de leur pays. Parmi ces 120 professionnels diplômés, on trouve Florita Toa Sitobata, formatrice en soins infirmiers de santé publique à l’institut de formation en soins infirmiers de Vanuatu.

J’ai tout d’abord entrepris des études supérieures en épidémiologie de terrain, dont les cours étaient assurés par des formateurs de la CPS, et j’ai obtenu mon diplôme en décembre 2019. J’ai ensuite suivi avec succès le programme d’études supérieures de l’Université nationale des Fidji, après quoi je me suis inscrite en master d’épidémiologie appliquée, que j’ai achevé en novembre 2021.

Après ma formation, j’ai pu élaborer un plan de réponse à la COVID-19 pour l’institut de formation en soins infirmiers de Vanuatu (VCNE), en prévision d’éventuels de cas de transmission communautaire à Vanuatu.

Sur quel projet d’amélioration avez-vous travaillé et en quoi a-t-il permis de compléter ou de renforcer votre activité ou programme actuel ?

J’ai procédé à l’examen du plan de cours utilisé pour l’enseignement de la santé publique à l’institut de formation en soins infirmiers de Vanuatu. J’ai élargi le programme d’enseignement sur la base de ce que j’avais appris dans le cadre du PGCFE et j’ai rédigé un guide de l’enseignant pour uniformiser l’enseignement de cette matière. L’un de mes objectifs est d’intégrer la surveillance de la santé publique dans les modules de santé publique.

Selon vous, pourquoi le PGCFE est-il important ?

Ce programme est très important, car les connaissances et les compétences que j’ai acquises m’ont aidée dans le cadre de la préparation et de la réponse à la pandémie de COVID-19. J’étais membre de l’équipe qui a formé les professionnels de la santé publique aux méthodes de recherche de contacts en prévision de l’arrivée de la COVID-19 à Vanuatu et je participe à la recherche de contacts et à l’investigation des cas dans le cadre de l’épidémie locale de variant Omicron.

Le cours m’a aussi permis de former efficacement les étudiants infirmiers à la surveillance de la santé publique, à l’épidémiologie, aux systèmes d’information sanitaire et à la prise en charge des maladies infectieuses, ainsi que d’acquérir les compétences requises pour exercer des fonctions en santé publique avec compétence après l’obtention de mon diplôme et travailler dans différents domaines.   

Créer un vivier d’intervenants nationaux pour le PGCFE

L’un des autres grands objectifs du programme PGCFE-SHIP est de créer un vivier d’intervenants et de mentors nationaux pour le PGCFE. Florita, à l’instar d’autres diplômés dans la région, a appuyé l’organisation de nouveaux cours PGCFE dans son pays.  

« Ce cours m’a également permis de rejoindre l’équipe de Vanuatu chargée d’animer les formations DDM au profit d’une deuxième promotion de professionnels de la santé, issus de différents services sanitaires, qui commencent le module 3 des études supérieures en épidémiologie de terrain en janvier de cette année. »

Partenariats

Ce programme de formation à grande échelle doit son succès à l’engagement et à la collaboration des nombreux membres et partenaires du ROSSP, dont les ministères de la Santé des États et Territoires insulaires océaniens, l’Association océanienne des fonctionnaires des services de santé, l’Université nationale des Fidji, les Centres de lutte contre la maladie des États-Unis, le Hunter New England Local Health District d’Australie, l’Organisation mondiale de la Santé, l’Université de Guam et la CPS.

Il est mis en œuvre grâce au soutien financier de partenaires clés du ROSSP, notamment l’Agence française de développement (AFD), le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT), l’Union européenne, la Banque allemande de développement (KfW), le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce (MFAT) et les Centres de lutte contre la maladie des États-Unis (CDC).

Généralités

Le ROSSP a été créé il y a 25 ans, en décembre 1996, sous l’égide commune de la Communauté du Pacifique (CPS) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en étroite concertation avec les 22 États et Territoires insulaires océaniens et plusieurs partenaires régionaux.

Il travaille prioritairement sur les maladies transmissibles, notamment les maladies à potentiel épidémique telles que la dengue et la COVID-19.

Le ROSSP propose six services clés pour accompagner les États et Territoires insulaires océaniens dans la surveillance et la lutte contre les épidémies :

 

  • PacNet (alerte et communication) ;
  • Système océanien de surveillance syndromique (détection des épidémies) ;
  • LabNet (identification et confirmation des maladies) ;
  • EpiNet (préparation et riposte) ;
  • PICNet (lutte anti-infectieuse) ; et
  • SHIP-DDM (développement et renforcement des capacités).

Le ROSSP en quelques repères historiques

1998–2001 : organisation par la CPS d’une série de formations sous-régionales sur la surveillance de la santé publique et l’utilisation d’Epi Info 6.
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1999 : mise en place d’un programme de formation diplômant sur la pratique en santé publique à l’École de médecine des Fidji (FSMed), suivie une année plus tard de la création d’un master en santé publique.
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2002 : nouvelle série de cours de formation sur l’épidémiologie et l’investigation des flambées épidémiques.
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2005 : lancement de la formation à l’utilisation des données pour la prise de décision (DDM).
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