La Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française ainsi que Wallis et Futuna s’engagent vers les systèmes alimentaires durables et résilients

Nouméa

photo : Marama Production

Les Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM) du Pacifique doivent faire face à de nombreux défis environnementaux, économiques ou sanitaires – on pense à la pandémie de COVID-19 – qui remettent en question la durabilité et la résilience des systèmes alimentaires qui plus est dans le contexte global du changement climatique.

Dans ces conditions, la nécessité de prendre davantage en compte les impacts environnementaux des modes de production et les évolutions des modes de consommation ont conduit les PTOM à s’engager sur l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de renforcement de la durabilité des systèmes alimentaires.

Les autorités de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et de Wallis et Futuna ont donc saisi l’opportunité qui leur a été offerte dans le cadre du projet PROTEGE, mis en œuvre par la Communauté du Pacifique (CPS) et financé par l’Union européenne, d’être accompagnées dans l’élaboration de plans opérationnels et stratégiques pour renforcer la durabilité de leur système alimentaire.

L’enjeu de cet accompagnement est d’assurer un système alimentaire plus résilient qui valorise - tout en les préservant - les ressources naturelles des territoires. 

Dans un premier temps, des diagnostics de la durabilité du système alimentaire de ces trois PTOM ont été réalisés. Ils ont notamment consisté à identifier et à cartographier les acteurs moteurs du changement dans le secteur de la production et de la consommation alimentaire, et à identifier les initiatives portées par les acteurs publics, privés et associatifs qui s’inscrivent dans la construction d’un système alimentaire durable et résilient.

Les enseignements issus de ces diagnostics ont pour objectif de permettre aux PTOM de se doter de plan d’action territorial à déployer à court, moyen et long terme. Par ailleurs, PROTEGE fournira également un appui technique et des recommandations pour le financement d’actions structurantes.

À terme, ces plans d’action devraient déboucher sur une agriculture, une aquaculture et une pêche côtière plus résilientes aux effets du changement climatique, ainsi que sur de nouvelles opportunités pour la valorisation de cette production durable, via de nouveaux circuits d’écoulement et des modes de consommation différents.

Témoignage de Philippe Couraud, directeur de la Direction de l’agriculture de Polynésie française

Le diagnostic réalisé dans le cadre du projet PROTEGE en Polynésie française est suffisamment proche de la réalité pour mettre en évidence les faiblesses du système vis à vis des différents axes retenus pour l'analyse. Il constitue une bonne base pour interpeller les acteurs concernés et met en évidence les points essentiels sur lesquels il faudrait agir - on voit bien toutefois les difficultés que cela représente, et c'est donc un programme bien structuré et bien conçu, mené sur le long terme et appuyé par une volonté politique forte, qui est nécessaire. Des partenariats forts et nouveaux entre les différents maillons des systèmes alimentaires demeurent indispensables si nous souhaitons que notre système alimentaire évolue, notamment dans ses effets en termes de santé - et tout le monde s’accorde aujourd’hui pour dire qu’il est absolument nécessaire qu’il évolue.

Ceci suppose que tous les sujets participant des systèmes alimentaires, puissent être abordés et discutés, comme des facteurs possibles et/ou nécessaires du changement, notamment les points suivants :

  • qualité nutritionnelle de l’alimentation et santé,
  • coût pour un ménage et accessibilité réelle à une alimentation saine, effets induits pour la collectivité
  • usages et habitudes alimentaires (éducation vers des modèles culturels vertueux)
  • durabilité environnementale
  • gouvernance du système.

Début octobre, un atelier « Transition alimentaire » sera proposé, conduit dans le cadre du projet PROTEGE et fortement soutenu par les autorités polynésiennes. Ces tables rondes qui réuniront l’ensemble des acteurs polynésiens permettront d’engager les discussions pour l’élaboration d’une charte de l’alimentation et une planification des actions et réformes à engager.

 

A Wallis et Futuna, bien manger est devenu une nécessité sanitaire et un apprentissage qui débute dès le plus jeune âge. Au lycée agricole de Vaimoana, les étudiants sèment et récoltent les légumes et aromates afin d’apprendre à choisir l’alimentation qui correspond à leur génétique polynésienne. L’Agence de Santé de Wallis prépare quant à elle des menus précis selon les règles de l’équilibre alimentaire. Le partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie, des métiers et d’agriculture (CCIMA) permet une meilleure utilisation des produits locaux, notamment des féculents, qui sont par exemple adaptés aux personnes diabétiques.

Clip vidéo réalisé par la Direction du service de l’agriculture, de la forêt et de la pêche (DSA) de Wallis et Futuna, financé dans le cadre du projet PROTEGE par l’Union européenne.

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Durabilité environnementale et changement climatique
Headquarters
Bureau régional pour la Polynésie

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