Lutte contre l’appauvrissement de la biodiversité en Océanie : un combat reconnu

Nandi

biodervesityLes consultations régionales récemment menées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont mis en exergue les efforts déployés par le Réseau océanien des ressources phytogénétiques agricoles (PAPGREN) et la Communauté du Pacifique (CPS) en vue de conserver les ressources génétiques du Pacifique et de mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité.

Tenues à Nadi (Fidji), en présence des représentants de dix pays, ces consultations visaient à dresser un bilan de la biodiversité en Océanie et de faire toute la lumière sur les priorités nationales et régionales en matière de biodiversité.

Il en ressort que l’urbanisation, le développement rural, la dégradation des forêts et les espèces envahissantes contribuent à la perte d’agrobiodiversité et de savoir-faire traditionnels précieux, et que ce phénomène atteint des proportions alarmantes dans de nombreuses régions d’Océanie.

« Au cours des dix à quinze années qui ont suivi la mise en place du réseau PAPGREN et la création du Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique de la CPS (CePaCT), nous avons travaillé d’arrache-pied pour assurer la conservation et l’exploitation durable de nos ressources génétiques », rappelle William Wigmore, Vice-président de la 16e session de la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture de la FAO (région Pacifique).

« Compte tenu des catastrophes et des nombreux dérèglements climatiques récemment survenus et de leurs effets sur la biodiversité, il est vital que nous puissions conserver et exploiter durablement la biodiversité du Pacifique », ajoute-t-il.

Des exposés ont été présentés au sujet de la « crise » des maladies non transmissibles qui secoue actuellement le Pacifique, où les aliments traditionnels sont aujourd’hui remplacés par des produits alimentaires importés à haute teneur en lipides.

Les États et Territoires insulaires océaniens abritent une biodiversité riche et préservée, associée à un taux d’endémisme important, autant de facteurs qui peuvent les aider à garantir leur sécurité alimentaire et à promouvoir une alimentation saine.

Comme l’ont reconnu les participants, le CePACT joue un rôle de premier plan dans ce dossier en aidant les États et Territoires insulaires océaniens à conserver leurs ressources génétiques et en leur offrant un accès à la diversité, notamment pour ce qui est des denrées de base comme le taro, l'igname, la patate douce, la banane, le manioc et le fruit de l’arbre à pain.

« Il est essentiel d’organiser des consultations pour prendre la mesure de l’importance de toutes les composantes de la biodiversité en rapport avec l’alimentation et l’agriculture, y compris les ressources génétiques forestières et aquatiques et la biodiversité associée (micro-organismes contenus dans le sol, pollinisateurs, insectes et végétaux) », conclut M. Wigmore.

S’agissant de la collecte de données de référence, du suivi et de l’évaluation, les débats ont également été l’occasion de souligner les difficultés particulières liées à l’adoption d’une approche plurisectorielle de l’exploitation et de la conservation de la biodiversité.

Viliami Fakava, Spécialiste de la production végétale et de la protection des plantes au Bureau sous-régional de la FAO pour le Pacifique, s’est par ailleurs félicité de la participation et de la contribution des pays océaniens au rapport sur l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde.

Contacts médias :
Salome Tukuafu, Chargée de la gestion de l’information et de la communication, CPS, [email protected] ou +679 337 0733
William Wigmore, Directeur Recherche et développement, Îles Cook, et représentant du Pacifique Sud au sein de la Commission des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture de la FAO, [email protected]
Valérie S. Tuia, Coordonnatrice des ressources génétiques de la CPS, [email protected]

À propos du CePaCT :
Le Centre d'étude des cultures et des arbres du Pacifique (CePACT) est une banque génétique mondialement reconnue, dont la mission est d’aider les États et Territoires insulaires océaniens à conserver les ressources génétiques de la région et de mettre à leur disposition la diversité dont ils ont besoin. Le CePACT concentre ses activités sur la conservation des ressources, en priorité les denrées de base pour la région, à savoir le taro, l'igname, la patate douce, la banane, le manioc et le fruit de l’arbre à pain. Installé à Suva (Fidji), il abrite plus de 2 000 obtentions. Ainsi, la collection de taros, unique en son genre, constitue la plus grande collection de taros au monde. Le CePACT travaille en collaboration avec les États et Territoires insulaires océaniens et bénéficie du généreux soutien de plusieurs partenaires du développement : le gouvernement australien, Union européenne, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Fonds de coopération économique, sociale et culturelle pour le Pacifique, Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, Programme d'aide néo-zélandais et Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

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