Mise en œuvre de l'Accord de Paris : le Conseil des organisations régionales du Pacifique prêt à épauler les pays membres

Marrakech

Il y a un mois, l'ensemble des pays océaniens ont salué la ratification rapide de l'Accord de Paris et, aujourd'hui, alors que cet accord entre en vigueur, le Conseil des organisations régionales du Pacifique (CORP) se tient prêt à soutenir sa mise en œuvre.

Selon Dame Meg Taylor, Secrétaire générale du Forum des Îles du Pacifique, « l'élan international en faveur du changement a été galvanisant. Le défi, à présent, est de faire en sorte que cet élan ne retombe pas. Il faut maintenant que des mesures concrètes soient prises à travers le monde afin d'appuyer l'Accord de Paris ».

Depuis qu'il a été annoncé que plus de 55 États représentant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre avaient ratifié l'Accord de Paris, des progrès considérables ont été accomplis dans d'autres domaines importants ayant une incidence sur le climat. Les Parties au Protocole de Montréal sont ainsi convenues d'un plan ambitieux de réduction progressive des hydrofluorocarbures, tandis que l'Organisation de l'aviation civile internationale a décidé d'établir un dispositif pilote d'échange des droits d'émission dans le transport aérien.

La mise en œuvre de l'Accord de Paris constitue un point clé à l'ordre du jour de la vingt-deuxième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 22) qui débute aujourd'hui à Marrakech (Maroc).

Le Pacifique y sera bien représenté, avec 13 délégations océaniennes et des représentants de quatre organisations membres du CORP, à savoir le Programme régional océanien de l'environnement (PROE), le Secrétariat général du Forum des Îles du Pacifique (FIP), l'Université du Pacifique Sud (USP) et la Communauté du Pacifique (CPS).

« Maintenant que l'Accord de Paris est entré en vigueur, nous devons avant tout veiller à sa mise en place et à son exécution à l'échelon national, afin que nos îles océaniennes ressentent les effets positifs de ce traité international. Nous travaillerons tous main dans la main afin d'épauler nos îles dans cette entreprise », a déclaré Kosi Latu, Directeur général du PROE.

Les trois piliers, ou domaines d'intervention clés, de l'Accord de Paris sont les suivants : 1) atténuation (articles 3 à 6), 2) adaptation (article 7) et 3) pertes et préjudices (article 8). Si l'on veut que des mesures concrètes puissent être prises à cet égard, les modalités de soutien et de facilitation ci-après joueront un rôle crucial dans la mise en œuvre de l'Accord : 1) financement climatique (article 9), 2) transfert de technologies (article 10), renforcement des capacités (article 11) et éducation (article 12).

« L'éducation et le renforcement des capacités étant au cœur des missions de l'Université du Pacifique Sud, c'est dans ces domaines que nous pouvons directement aider les pays océaniens Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) », a déclaré Morgan Wairiu, Directeur adjoint du Centre océanien pour l’environnement et le développement durable (PaCE-SD) de l’USP.

Pour Colin Tukuitonga, Directeur de la Communauté du Pacifique, il ne faut pas oublier que la ratification de l'Accord de Paris n'est que le début d'un chemin long et difficile sur la voie de la réduction des émissions polluantes de gaz à effet de serre.

« Les pays océaniens doivent continuer de s'impliquer de manière prioritaire dans ces dossiers afin de limiter les effets négatifs du changement climatique. Ils devront notamment s'employer à rendre la région nettement moins dépendante des énergies fossiles, en s'acquittant, par exemple, des obligations qui leur incombent en vertu de la Déclaration de Majuro sur les énergies renouvelables », a précisé M. Tukuitonga.

Les dirigeants océaniens ont renouvelé leur appel en faveur d'une simplification de l'accès aux mécanismes internationaux de financement des activités d'atténuation et d'adaptation menées dans leurs pays, ce que les organisations du CORP soutiennent énergiquement.

Dame Meg Taylor estime, par ailleurs, que la récente adoption du Cadre en faveur d’un développement résilient dans le Pacifique permettra de soutenir l'application de l'Accord. « Ce nouveau cadre comprend des mesures phares qui orienteront les activités conduites par les organisations du CORP afin d'aider les pays insulaires océaniens à faire face aux risques et aux difficultés engendrés par le changement climatique. »

Le Centre océanien sur le changement climatique constituera, pour tous les pays de la région, un pôle d'information et de lutte contre le changement climatique qui facilitera une collaboration inclusive visant à répondre aux priorités des États et Territoires insulaires océaniens en matière d'adaptation et d'atténuation. Il s'agira de l'un des moyens envisageables pour appuyer la mise en œuvre de l'Accord de Paris au cours des années à venir.

Financé par le Japon, en partenariat avec le Samoa et le PROE, ce nouveau centre régional sera situé au Samoa. Il sera construit et opérationnel d'ici le milieu de l'année 2018.

Contacts médias :
PROE : Nanette
FIP
CPS : Jean-Noël Royer, Chargé de communication, [email protected] ou +687 87 70 63

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