Journée mondiale du thon : de l’importance de l’étude des thonidés en Océanie

Nouméa

En 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 2 mai Journée mondiale du thon. Les parties à l’Accord de Nauru plaidaient depuis 2011 en faveur de l’instauration de cette journée mondiale, afin que l’importance du thon pour les populations du monde entier soit enfin reconnue et célébrée à l’échelle internationale.

On n’insistera jamais assez sur l’importance des ressources thonières pour les communautés océaniennes. L’océan Pacifique représente à lui seul 48 % de la surface maritime de la planète, et les thonidés constituent une ressource vitale pour la région.

En 2014, quelque 2,8 millions de tonnes de thon jaune, de bonite, de thon obèse et de germon du Sud (les principales espèces thonières ciblées) ont été capturées dans le Pacifique occidental et central, et 60 % des captures ont été réalisées dans les zones économiques exclusives (ZEE) des États et Territoires insulaires océaniens, ce qui fait du thon le principal produit d’exportation de la région.

Le nombre d’Océaniens employés dans la filière pêche continue d’augmenter régulièrement ; il est ainsi passé d’environ 13 500 en 2011 à plus de 22 000 en 2015. La pêche thonière est également une source de revenus indispensable pour les pays de la région : les recettes tirées des permis de pêche délivrés aux flottilles thonières étrangères s’élevaient en 2015 à quelque 450 millions de dollars.

Voilà 70 ans que la Communauté du Pacifique (CPS) fournit de services scientifiques et techniques essentiels aux pays insulaires océaniens. Depuis plus de 60 ans, la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins mobilise ses compétences scientifiques à l’appui de la gestion des ressources halieutiques de la région.

Si la CPS a pour mission première de servir les pays océaniens qui en sont membres, elle fournit aussi, à titre officiel, des services scientifiques à la Commission des pêches du Pacifique occidental et central (WCPFC).

Moses Amos, Directeur de la Division pêche, aquaculture écosystèmes marins, a récemment livré son analyse de la place prépondérante qu’occupe l’étude des thonidés dans l’action de la CPS en faveur de la région et a fait part de ses réflexions sur le rôle des données halieutiques dans la prise des décisions relatives à la gestion des ressources de la région.

« Le thon est très important pour les communautés océaniennes : la pêche thonière est à la fois source d’emplois, de sécurité alimentaire et d’avantages économiques. Pour la CPS, principal organisme d’assistance scientifique de la région, c’est tous les jours la Journée mondiale du thon. Rien que la semaine dernière, nous avons organisé deux manifestations majeures dans le but de contribuer à l’amélioration des données scientifiques et des informations essentielles à la gestion des ressources thonières, si précieuses pour la région », a expliqué M. Amos.

En effet, du 24 au 28 avril 2018, s’est tenue à Nouméa la onzième édition de l’atelier sur les données relatives à la pêche thonière, qui a rassemblé 41 participants venus de 21 pays.

Cet atelier d’une semaine a lieu chaque année au mois d’avril, en amont de la date limite de communication à la WCPFC des données scientifiques recueillies par les pays.

Le principe de l’atelier est le suivant : les équipes de la CPS, assistées des agents de la FFA et de la WCPFC, aident les pays océaniens membres à mettre en forme leurs données afin que chaque pays puisse s’acquitter de ses obligations envers la WCPFC. Cette année, la CPS a également accueilli des participants d’Indonésie, des Philippines et du Viet Nam, trois pays membres de la WCFPC.

Les données transmises à la WCPFC sont aussi un outil indispensable aux évaluations régionales des stocks réalisées par la CPS. Ces évaluations jouent un rôle clé dans la conservation et la gestion des ressources thonières du Pacifique occidental et central.

En prévision des évaluations de stocks de cette année, la CPS a aussi organisé à Nouméa un atelier préliminaire sur les évaluations des stocks. Cette réunion rassemble chaque année des experts internationaux de l’évaluation des stocks.

L’atelier préliminaire contribue de manière déterminante à la formulation des conseils scientifiques que la CPS soumet au Comité scientifique de la WCPFC, en offrant aux participants la possibilité de donner leur avis technique sur les nouvelles méthodes de modélisation et les séries de données que la CPS propose d’intégrer aux évaluations des stocks à venir.

Cette année, l’atelier préliminaire a réuni 15 experts représentant divers organismes d’Australie, de Chine, de l’Union européenne (Espagne), du Japon, de Corée, de Nouvelle-Zélande, de Taïwan et des États-Unis, ainsi que les représentants d’organismes régionaux partenaires : Agence des pêches du Forum (FFA), Bureau des parties à l’Accord de Nauru et WCPFC. Les conclusions de l’atelier seront prises en compte dans les prochaines évaluations des stocks de thon obèse, de thon jaune et d’espadon du Pacifique Sud-Ouest que réalisera la CPS.

Contact médias :

Jean-Noël Royer, Chargé de communication à la CPS, [email protected] ou (+ 687) 26 01 71

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