La Communauté du Pacifique accueille un ministre de la Polynésie française

Suva

La Communauté du Pacifique (CPS) a eu l’honneur d’accueillir M. Tearii O Te Moana Alpha, ministre du Développement des ressources primaires de la Polynésie française, à son Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique (CePaCT), à Narere, en début de semaine.

Le CePaCT est la seule banque de gènes du Pacifique reconnue à l’échelle internationale. Y sont actuellement conservés plus de 2 000 spécimens de culture tissulaire, dont la plus importante collection de taro du monde.

Au cours des 12 dernières années, le Centre a distribué plus de 70 000 plantules issues de la culture tissulaire à 51 pays, dont les 22 États et Territoires insulaires océaniens membres de la CPS. Suite au passage des cyclones tropicaux Winston et Pam, respectivement en 2016 et en 2015, la CPS, par le biais du CePaCT, a apporté son soutien au secteur agricole des Fidji et de Vanuatu. Ces distributions de cultures tissulaires suite à une catastrophe naturelle, permettent aux agriculteurs d’avoir accès à des variétés culturales testées, et de reconstruire leurs exploitations souvent détruites par ces phénomènes climatiques néfastes. De même, le CePaCT œuvrera à mettre sur pied un réseau de distribution de semences en renforçant les capacités dont disposent les pays et les partenaires régionaux afin de faciliter l’accès aux semences, si nécessaire.

Pendant la visite du Centre, le ministre de la Polynésie française a eu la possibilité d’observer in situ la capacité qu’a le CePaCT à conserver le matériel génétique végétal, et de prendre conscience du potentiel qu’a le Centre à rétablir des cultures et variétés océaniennes de base qui sont constamment menacées par les nuisibles, les maladies et les effets du changement climatique.

La Polynésie française est actuellement un membre actif du Réseau océanien des ressources phytogénétiques agricoles (PAPGREN) depuis sa création en 2001. La CPS collabore de manière assidue avec la Polynésie française par le biais du PAPGREN. Récemment, cette collaboration a porté sur la conservation des bananes par le renforcement du réseau de collections permettant d’améliorer l’accès à une plus grande diversité et sauvegarder des cultivars de bananes menacés. Cette collaboration est appuyée par Biodiversity International et The Crop Trust.

Le CePaCT contribue à la vaste collection de variétés culturales en rassemblant 16 variétés de bananes et 5 obtentions de taro de la Polynésie française dans sa collection régionale. Précédemment, le CePaCT de la CPS a distribué des bananes à la banque de gènes régionale de terrain (bananes) hébergée par la Polynésie française.

« La CPS a eu l’immense plaisir d’accueillir M. Tearii Alpha et de lui présenter ce centre de ressources génétiques qui est synonyme de mécanisme océanien pour le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le contexte des effets imminents du changement climatique », a précisé Jan Helsen, Directeur de la Division ressources terrestres de la CPS.

Et d’ajouter : « Cette visite a donné l’occasion à la CPS et au ministre d’aborder la question de partenariats régionaux plus solides qui pourraient voir le jour par le biais de l’échange et du développement de matériel végétal. Le centre de ressources génétiques de la CPS pourrait être utilisé à des fins de multiplication de certains matériels végétaux en Polynésie française ».

« J’espère que le partenariat noué entre la Polynésie française et la CPS sera renforcé », a-t-il précisé.

Le ministre s’est fait l’écho des propos de M. Helsen et a appuyé le besoin de renforcer les relations établies entre la Polynésie française, membre de la CPS, et le Centre d’étude des cultures et des arbres du Pacifique.

« En Polynésie française, nous avons entendu parler des activités menées par le CePaCT sur la conservation de variétés culturales essentielles comme l’igname, le fruit à pain, le taro et la banane. Pour nous, ce laboratoire est très important pour la conservation de variétés d’aliments de base », a indiqué M. Alpha.

« Une structure de la CPS est déjà présente en Polynésie française et nous souhaitons signer une convention pour pouvoir partager ces connaissances et cette expérience ».

« La conservation de cultures locales profitera davantage à la sécurité des variétés culturales, notamment si l’on pense à toutes les maladies qui touchent les cultures en Océanie. À l’avenir, nous devrons conserver nos variétés spécifiques », a ajouté le ministre.

Contact médias :

Salome Tukuafu, Chargé de la gestion de l’information et de la communication à la Division ressources terrestres de la CPS, [email protected] +679 3379287.

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