L’ACIAR s’engage à verser deux millions de dollars australiens en faveur de la lutte contre le rhinocéros du cocotier

Suva

La Communauté du Pacifique (CPS) a organisé un important atelier international sur les ravages causés par une nouvelle souche de rhinocéros du cocotier apparue dans la région. Le coléoptère, appelé « Palm Killer » (tueur de palmiers), provoque des dégâts considérables sur les cocotiers, et toutes les méthodes de lutte traditionnelles utilisées à ce jour s’avèrent inefficaces. Conscients du danger que le ravageur fait planer sur la région, le Centre australien pour la recherche agricole internationale (ACIAR) a annoncé il y a quelques jours son intention de verser 2 millions de dollars australiens en faveur d’interventions coordonnées visant à enrayer sa progression.
Le « tueur de palmiers » est un nouveau biotype de rhinocéros du cocotier baptisé « souche Guam », car c’est à Guam qu’il a été découvert pour la première fois en 2007. Ce biotype particulièrement envahissant représente une menace imminente pour les moyens d’existence des populations océaniennes et les économies des pays de la région, qui sont fortement dépendants du cocotier, du palmier à huile et d’autres espèces de palmier.

L’atelier, organisé par la Division ressources terrestres de la CPS, a été l’occasion d’examiner les moyens de prévenir toute nouvelle invasion, de contenir l’avancée du coléoptère et, à terme, de l’éradiquer. Les participants ont débattu des ressources à investir à cette fin, de l’importance de la communication, de la sensibilisation, de la mobilisation et de la recherche scientifique, de l’impact du ravageur sur la biosécurité dans la région et des mesures à prendre en matière de politiques publiques.

Outre l’ACIAR, l’atelier a réuni : l’Institut Landcare Research (Nouvelle-Zélande) ; des partenaires techniques de la CPS bénéficiant du soutien du Programme d’aide australien, du Programme d’aide néo-zélandais et du ministère de l’Agriculture des États-Unis ; des opérateurs privés de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon ; des établissements universitaires ; et les services nationaux de lutte contre le rhinocéros du cocotier des pays membres de la CPS.

S’adressant aux participants, Jan Helsen, Directeur de la Division ressources terrestres, a insisté sur la nécessité, pour les partenaires concernés, de faire front commun et de privilégier la mise en œuvre d’interventions durables. « Nous avons tous à cœur d’agir vite, mais nous devons impérativement penser notre action dans le long terme et réfléchir ensemble à des solutions pérennes », a-t-il souligné.

« Les ravageurs du cocotier sévissent dans la région depuis longtemps, mais la situation a évolué, et l’élaboration de ripostes adaptées n’en est que plus complexe. La protection, la reconstitution et la sauvegarde du matériel génétique et la question des mesures sanitaires à prendre sont d’autres considérations majeures. Il est donc primordial de mettre en place un partenariat réunissant des acteurs conscients de leurs compétences respectives et de leurs complémentarités », a ajouté Jan Helsen.

Le représentant de l’ACIAR, Richard Markham, a dit souscrire à cette analyse. « Nous ne pourrons pas mener ce combat chacun de notre côté », a-t-il rappelé. « La CPS joue un rôle central en la matière, car elle intervient dans plusieurs des domaines d’action concernés ».

À l’issue de l’atelier, les participants ont adopté un projet de déclaration qui définit des orientations en matière d’engagement stratégique, de biosécurité et de contrôle sanitaire, de recherche et de développement, de vulgarisation, de collaboration et de communication, aux fins de la lutte contre la souche Guam.

La CPS pilotera l’élaboration d’un plan stratégique sur la coordination de la riposte régionale.

Contexte

La souche Guam a conquis cinq États et Territoires insulaires océaniens en à peine huit ans, alors qu’aucune expansion géographique de la souche Pacifique n’a été observée depuis son introduction dans la région, il y a quarante ans.

Lorsque rien n’est fait pour les combattre, les infestations de rhinocéros du cocotier du biotype Guam peuvent décimer des peuplements entiers de palmiers et de cocotiers en un an. Compte tenu de son caractère particulièrement envahissant, la souche Guam pourrait devenir une urgence majeure si elle ne fait pas l’objet de mesures de lutte efficaces et si les interventions tardent à venir.

Contact médias

Salome Tukuafu, Chargée de la gestion de l’information et de la communication à la Division ressources terrestres de la CPS, [email protected] ou (+679) 3379 487

Sonal Aujla, Assistant chargé de la communication à la CPS, [email protected] ou (+679) 3370 0733

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