Journée mondiale de l'environnement 2022 : renforcer les solutions fondées sur la nature afin de protéger la biodiversité dans le Pacifique

Nouméa

À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement 2022, dont le thème est " Une seule Terre", la Communauté du Pacifique (CPS) réaffirme son engagement en faveur de la résilience et de l’action climatique dans le Pacifique. Cette année, la CPS met l’accent sur le développement de solutions basées sur la nature (SfN) afin d’accompagner les Océaniens vers un développement plus durable.

Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), 75 % de l'environnement terrestre et environ 66 % de l'environnement marin ont été considérablement modifiés par les actions humaines et les tendances naturelles. Cette situation a ainsi affecté 33 % des coraux présents dans la région du Pacifique et plus de 40 % des espèces d'amphibiens sont actuellement menacées.

Face à ce constat, la Communauté du Pacifique (CPS) soutient la sensibilisation et l'action pour la protection de l'environnement. En mettant en œuvre des programmes intégrant des solutions fondées sur la nature (SfN), la CPS favorise la transition vers un monde à faible émission de carbone, tout garantissant des perspectives de développement durable pour ses États membres et ses territoires.

Les SfN sont des solutions inspirées par la nature pour réduire les risques de catastrophes naturelles et ceux liés à une activité humaine non durable, tout en offrant des avantages environnementaux, sociaux et économiques. À l'échelle mondiale, ces solutions peuvent permettre de réduire et d'éliminer les émissions d'au moins 5 gigatonnes de CO2 par an d'ici 2030, et d'au moins 10 gigatonnes d'ici 2050.

« À ce jour, seuls 16 % des forêts d'Océanie se situent au sein des zones protégées selon L'Union internationale pour la conservation de la nature). En travaillant avec la nature, en protégeant et en restaurant les écosystèmes naturels, nous pouvons renforcer son rôle pour relever les défis de l'adaptation au climat et l'atténuation de ses effets. », explique Cameron Diver, directeur général adjoint de la CPS.

Depuis 2018, le projet PROTEGE présente un fort potentiel de sauvegarde de la biodiversité à travers la protection des habitats existant. En Nouvelle-Calédonie, la CPS soutient la transition agroécologique du pays vers une agriculture adaptée au climat. Plusieurs parcelles agroforestières ont été mises en place sur la commune de Houaïlou pour restaurer et reboiser des espaces naturels. Pour ce projet, visant à initier une opération de restauration en amont des captages du Bâ sur le ruisseau Mindaï, 12 000 plants seront plantés sur 2 parcelles de 10 et 4 ha, respectivement.

Si les solutions fondées sur la nature constituent un outil essentiel pour préserver la biodiversité, renforcer la résilience des clients et contribuer aux stratégies nationales d'atténuation et d'adaptation, leur déploiement est limité par un manque de financement aux niveaux mondial et régional. Au cours des vingt dernières années, moins de 15 % des fonds mondiaux dédiés à l'atténuation et à l'adaptation au changement climatique ont été consacrés aux SfN.

« Investir dans une relance favorable à la nature sera rentable à long terme. Dans la région, peu d'initiatives sont mises en œuvre pour améliorer l'accès au financement vert. Nous devons tirer parti des réunions internationales pour plaider en faveur d'un accès facilité des pays insulaires du Pacifique au financement du climat et au financement des solutions fondées sur la nature pour les terres et les océans. », affirme Cameron Diver.

Pour améliorer l'accès aux fonds SfN, l'Initiative Kiwa a été lancée en mars 2020. Ce programme multi-donateurs est conçu pour rendre les écosystèmes, les économies et les communautés des îles du Pacifique plus résilientes au changement climatique grâce à un accès simplifié aux financements (subventions nationales et régionales). En 2021, l'Agence française de développement a signé une convention de financement avec la CPS pour mettre en place le réseau de fermes biologiques pédagogiques du Pacifique au service de la résilience au changement climatique et de la sécurité alimentaire. Le réseau sera mis en place à Fidji, Nauru, les îles Salomon et Tonga. Il contribuera également à favoriser l'intégration régionale avec les territoires français du Pacifique en échangeant des bonnes pratiques à Wallis-et-Futuna, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

Au cours de la dernière décennie, la préservation de l’environnement s’est imposée comme une priorité internationale. Dans ce contexte, les SfN jouent un rôle clé dans le développement durable à l'échelle régionale. Elles doivent être soigneusement adaptées à chaque contexte spécifique, en s'appuyant sur les meilleures connaissances scientifiques, locales et indigènes possibles, afin de garantir une action climatique efficace et l'engagement des communautés pour un impact à long terme.

Contact(s) media :
Maëva Tesan, Responsable ICKM, Communauté du Pacifique (CPS) | [email protected]

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