Isabelle Tyuienon

Isabelle

Isabelle Tyuienon, Enseignante, Militante pour les droits de la femme, Nouvelle-Calédonie

« Etre une Femme à part entière, c’est être une femme capable de se fonder sur ses coutumes et ses croyances et de s’ouvrir au monde moderne pour construire sa vie et son Pays dans la stabilité et dans la paix. »

Originaire de la tribu de Nighou à Canala, Isabelle, mère de 7 enfants, est aujourd’hui âgée de 57 ans. Elle habite à la tribu de Haut-Gélima à Canala.

Enseignante de profession de 1982 à 1995, Isabelle a aussi fait de la défense et de la promotion des droits des femmes de Nouvelle-Calédonie, sa vocation en impliquant les femmes de sa commune dans cette lutte.

A côté de ses responsabilités d’enseignante, Isabelle a participé à plusieurs mouvements, notamment la marche contre l’abus d’alcool, ou encore celle contre les violences sexuelles. C’est d’ailleurs suite à cette marche que fût créée, en 1993, l’association « SOS violences sexuelles » en Nouvelle-Calédonie.

En 1993, sous son impulsion, les femmes du mouvement des femmes chrétiennes de sa tribu (Nighou), ainsi que celles du projet « souriant village mélanésien », créent la première fédération des femmes de la commune « Nawitoa ». Dans la foulée, elle va porter, avec la fédération, aux côtés de Léonie Varnier, le projet de création de l’association Batéfo pour la promotion des savoir-faire artisanaux traditionnels des femmes Kanak.

Ses actions sur le terrain lui donnent une certaine forme de notoriété auprès des femmes de sa commune. C’est le cas par exemple en 2003, où elle appelle à la mobilisation des femmes de Canala pour participer aux actions du collectif visant la promotion des femmes dans les postes à responsabilité au sein des institutions. Ainsi, elle contribue à diminuer le taux d’abstentionnismes aux votes (du moins au sein de sa commune), car il était important dans les provinces Nord et Iles à ce moment-là. Dans son élan, elle tire les femmes de Canala vers le collectif des femmes des trois provinces de la  Nouvelle-Calédonie dont la requête concerne la création d’un ministère pour les droits des femmes et d’un observatoire sur la parité au Gouvernement.

En 2013, elle initie dans sa commune d’origine le projet « pandanus », et se charge de faire une tournée de sensibilisation, dans toutes les tribus de la commune, sur la nécessité de planter des plans de pandanus dans toutes les maisons, de tresser la natte en quantité, mais aussi de transmettre ce savoir-faire aux jeunes filles, dans une période où les échanges coutumiers se réalisent désormais avec la natte de bonjour et de coutume.

En 2014, elle décide de porter désormais la voix des femmes du Pays en acceptant de présider l’association Femmes Entraide, Economique et Solidaire (FEES), association fondée sur les principes du don contre-don et de l’économie solidaire et durable. Cette forme d’économie vise la promotion de la solidarité, la protection des savoir-faire et la création de liens sociaux, au détriment de l’enrichissement individuel. Par la même occasion, elle se porte volontaire pour proposer un projet pilote qui sert de phase observatoire pour la création de la Banque de l’Economie Solidaire des Femmes de Nouvelle-Calédonie. Elle se lance dans un projet de création d’une table d’hôte à Haut-Gélima dans sa tribu afin de permettre aux membres fondateurs de l’association, d’illustrer et d’évaluer la capacité de financement de cette banque, destinée aux femmes rurales ayant un projet d’intérêt collectif et d’utilité sociale à développer.

Son message pour les femmes : « Etre une Femme à part entière, c’est être une femme capable de se fonder sur ses coutumes et ses croyances et de s’ouvrir au monde moderne pour construire sa vie et son Pays dans la stabilité et dans la paix. »

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