« Ça a commencé au lycée... »

Suva

Le harcèlement sexuel : des femmes racontent

image « Ça a commencé au lycée... »

Je suis une femme de 21 ans, étudiante en troisième année à l’université. Pour moi, le harcèlement sexuel a commencé au lycée. Oui, je sais que « Les garçons seront toujours des garçons » et qu’ils font des commentaires stupides. Ça, je peux le gérer, même si je n’apprécie pas. Mais je ne savais pas comment faire face à l’attention non désirée de l’un des enseignants.

Vous comprenez, que pouvais-je vraiment y faire ? Me plaindre auprès du directeur et me retrouver en cours face au même professeur ? Son comportement me portait vraiment sur les nerfs, mais je me sentais impuissante et j’ai décidé d’en prendre mon parti. Bien obligée si je voulais terminer mes études. Une amie d’une autre classe avait abandonné à cause de lui et je ne voulais pas qu’il m’arrive la même chose.

Les choses ne se sont pas vraiment améliorées depuis que je suis à l’université. Les cours sont suffisamment difficiles sans avoir à faire face à des commentaires dégoûtants de la part des étudiants. Leurs mères et les sœurs de ces garçons seraient choquées si elles pouvaient entendre ce que ces gars nous disent, à moi et aux autres filles. C’est comme si nous n’étions pas des personnes, ni même leurs égales intellectuellement. Ils nous traitent comme des objets sexuels. Et ces garçons ne montrent aucun remords, comme s’ils ne faisaient rien de mal.

J’ai aussi eu des problèmes avec un de mes professeurs, et je ne suis pas la seule. Une étudiante de quatrième année nous avait prévenues qu’il fallait se méfier de ce professeur. Une étudiante qui s’était plainte l’année dernière, mais elle a été dénoncée comme fautrice de troubles. Et le fait est que l’université ne fait rien, bien qu’un certain nombre d’étudiantes n’assistent plus à son cours, pourtant obligatoire. Je veux dire que ces professeurs se comportent comme si la loi ne les concernait pas, et ils restent impunis.

J’ai aussi été confrontée à d’autres problèmes de harcèlement sur le campus. Tout ça m’a vraiment déprimée et a eu un impact sur mes notes. J’ai toujours été très performante, mais je n’ai pas aussi bien réussi lors des derniers examens. J’ai même pensé à quitter l’université si ce comportement empirait, mais c’est bien la dernière chose que je veux faire. J’ai des projets d’avenir, des choses que je veux réaliser, mais, honnêtement, c’est trop dur parfois.

Je veux que les gens sachent que le harcèlement sexuel n’est pas une blague. Chaque jour, les femmes et les filles doivent composer avec un comportement que beaucoup de gens trouvent normal, voire acceptable. Mais ça ne l’est pas. Et il faut que ça cesse.

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